Le fourre-tout de Geouf

CineGeouf

juillet 11th, 2012 at 20:47

Critiques en vrac 65: American Pie 4 – La Proie – The Pact – Casa de mi Padre

American Pie 4 (American Reunion)

Résumé: Treize ans après leur départ du lycée, Jim (Jason Biggs), Oz (Chris Klein), Kevin (Thomas Ian Nicholas), Finch (Eddie Kaye Thomas) et Stifler (Seann William Scott) se retrouvent à l’occasion d’une réunion des anciens élèves. L’occasion de retrouver un peu de leur passé et de se confronter aux jeunes générations…

Après avoir sombré dans les tréfonds de l’enfer des DTV, la franchise fondatrice du teen movie moderne profite de l’engouement actuel des studios pour les suites tardives pour revenir au cinéma devant la caméra de Jon Hurwitz et Hayden Schlossberg (les Harold et Kumar). L’occasion rêvée de réunir la quasi intégralité du casting du premier film, et de mesurer le chemin parcouru.

Dès l’hilarante scène d’introduction, montrant les déboires de jeunes parents frustrés sexuellement de Jim (Jason Biggs) et Michelle (Alyson Hannigan), on se retrouve en terrain connu, avec l’impression de n’avoir quitté ces personnages attachants il y a seulement quelques jours. Tout le film jouera sur cette nostalgie en multipliant les clins d’œil aux fans (les cameos des acteurs du premier film sont légion) et les gags pas toujours très fins mais bien dans le ton du reste de la série, mais sans non plus oublier le chemin parcouru. C’est d’ailleurs l’une des caractéristiques étonnantes de ce quatrième American Pie « officiel » que de s’aventurer sur les rives de la chronique douce-amère. Les personnages ont beau tenter pour un weekend d’agir comme s’ils étaient encore au lycée, le vernis tombent bien vite, soit parce qu’ils se sentent dépassés par la génération suivante (les déboires de Jim avec la jeune fille qu’il babysittait lorsqu’il était ado), soit parce qu’ils ont évolué et ont laissé tomber leurs rêves d’ado. Un sentiment doux amer renforcé par le retour des acteurs originaux, dont on se demande ce que certains sont devenus (mis à part Alyson Hannigan, Seann William Scott, et dans une moindre mesure Jason Biggs, tous ont peu ou prou disparu des écrans).

Et au final, ce ne sont pas les scènes de comédie que l’on retiendra le plus dans American Pie 4, mais bien ces petites scènes intimistes, comme lorsque Jim tente d’aider son père à faire son deuil, ou lorsque Stifler réalise qu’il n’est qu’un loser que personne n’a jamais vraiment apprécié. Pas forcément une mauvaise idée pour conclure une saga qui aura malgré tout laissé une petite marque dans l’histoire du cinéma.

Note : 6/10

USA, 2012
Réalisation : Jon Hurwitz, Hayden Schlossberg
Scénario : Jon Hurwitz, Hayden Schlossberg
Avec : Jason Biggs, Alyson Hannigan, Seann William Scott, Chris Klein, Thomas Ian Nicholas, Eddie Kaye Thomas, Tara Reid, Jennifer Coolidge, Mena Suvari, Eugene Levy, John Cho


La Proie

Résumé: Incarcéré après un braquage de banque, Franck Adrien (Albert Dupontel) a comme principe de ne faire confiance à personne, d’autant plus qu’il est le seul à connaître l’emplacement de l’argent dérobé. Il déroge néanmoins à sa règle en demandant à son voisin de cellule, Jean-Louis Maurel (Stéphane Debac) de faire passer un message à sa femme lorsque celui-ci est libéré après avoir été innocenté. Bien mal lui en prend puisque Maurel est un redoutable tueur en série qui va utiliser Franck et lui faire porter le chapeau de ses crimes. Pour sauver sa fille, enlevée par Maurel, Franck n’a plus le choix : il va devoir s’évader et arrêter le tueur lui-même…

 

Momentanément expatrié aux Etats-Unis pour mettre en boîte un énième remake de film d’horreur asiatique (One missed Call) et une histoire de voiture hantée unanimement conspuée (Hybrid), Eric Valette a fini par revenir sur le plancher des vaches. Après s’être frotté au thriller politique (Une Affaire d’Etat), c’est cette fois à un pur thriller d’action à l’ancienne qu’il s’attèle.

Porté par un toujours génial Albert Dupontel, La Proie s’inscrit parfaitement dans la nouvelle vague du polar à la française, à la fois respectueuse du passé (Peur sur la Ville, Le Professionnel),  tout en revendiquant ses influences américaines, avec son intrigue simple et carrée et son rythme soutenu. A bien des égards, La Proie rappelle le A Bout Portant de Fred Cavayé, même si Valette n’a pas forcément le sens du rythme hallucinant de Cavayé. Cela ne l’empêche pas d’emballer quelques très bonnes scènes, dont une épatante poursuite pédestre au milieu d’une autoroute, ou une excellente scène très giallesque dans l’âme au cours de laquelle une pauvre ado est poursuivie dans les bois par le tueur.

Un tueur qui est d’ailleurs assurément le point faible du film, tant l’acteur Stéphane Debac manque de charisme et peine à tenir tête à l’immense Dupontel. Un Dupontel totalement impliqué qui se donne à fond tout du long, tant physiquement (l’acteur a assuré la plupart de ses cascades, et ça se voit) qu’émotionnellement (la très jolie relation de Franck avec sa fille, ou la très belle conforontation finale avec Alice Taglioni). Entre les deux acteurs, Alice Taglioni (Ca$h) s’en sort avec les honneurs dans le rôle classique de la flic tenace mais intelligente. Enfin, on a plaisir à retrouver l’excellent Sergi Lopez dans un rôle certes secondaire mais très marquant.

Si La Proie s’essouffle parfois un peu sur la longueur, il n’en reste pas moins un bon polar prouvant que la France est elle aussi capable de produire des thrillers de qualité ne ressemblant pas à des téléfilms arthritiques.

Note : 6.5/10

 

France, 2011
Réalisation : Eric Valette
Scénario : Laurent Turner, Loc Bossi
Avec : Albert Dupontel, Stéphane Dubac, Alice Taglioni, Sergi Lopez,  Natacha Régnier, Serge Hazanavicius

The Pact

Résumé : Alors qu’elle avait juré de ne plus jamais y revenir, une jeune femme est forcée de retourner dans la maison de son enfance pour tenter de retrouver sa sœur, mystérieusement disparue. Il semblerait que la mort de leur mère ait réveillé une sombre présence en ces lieux…

 

Après des années de visionnage intensifs, rares sont les films d’horreur parvenant encore à effrayer votre serviteur, particulièrement dans le domaine balisé du film de maison hanté. Et à première vue, The Pact ne semblait pas être un candidat valide au rang film de trouille ultime, vu sa bande-annonce remplie à ras bord de clichés en tous genres. Pourtant, ce serait une erreur de passer à côté de ce film, tant celui-ci a beaucoup plus à offrir qu’il ne le laisse paraître.

Première réalisation de Nicholas McCarthy (qui signe aussi le scénario), The Pact est un film de maison hantée classique : une jeune femme à l’enfance difficile qui revient de mauvaise grâce dans la maison familiale, une maison hantée par une force obscure, et un lourd secret qu’il faudra éclaircir pour espérer s’en sortir. Sauf que dès le début de son film, McCarthy a la bonne idée de s’éloigner de ce cadre classique en plantant son décor dans une banale maison d’une banlieue américaine un peu crasseuse. On est très loin des maisons de banlieue proprettes à la Halloween, et encore plus des grandes demeures gothiques habituelles dans ce genre de film. Ici, le décor se résumant à deux chambres, une cuisine, un séjour et un placard. Mais malgré le sentiment de familiarité dégagé par ce lieu, McCarthy réussit à le rendre réellement inquiétant, jouant à merveille sur la petitesse étouffante de la maison pour créer la tension. Sans tomber sur la surenchère d’effets gratuits, il crée un climat de peur insidieux et prégnant, à tel point que dès qu’un personnage pénètre dans la maison, on ne peut s’empêcher de ressentir une bouffée d’angoisse à l’idée de ce qui risque de lui arriver. Les artifices dont il use sont peu novateurs (la photo révélant un détail flippant, la séance de oui-ja, la médium piquant une crise…) mais plutôt bien maîtrisés et font leur petit effet. Et si la tension retombe parfois quelque peu, elle finit toujours par remonter de bien belle façon, notamment dans un filma des plus angoissants.

L’autre bon point du film, qui lui permet de ne pas laisser totalement retomber la tension, c’est la qualité d’écriture de son scénario. Nicholas McCarthy arrive avec adresse à multiplier les fausses pistes et à maintenir le spectateur au même niveau que son héroïne. On découvre les mêmes choses qu’elle aux mêmes moments, sans pour une fois avoir trois coups d’avance sur celle-ci, ce qui est assez rare pour mériter d’être souligné. L’interprétation est aussi plutôt bonne, et on s’attache très rapidement à l’héroïne interprétée par Caity Lotz (la série horrifique Death Valley), efficacement secondée par le revenant Casper van Dien, méconnaissable dans son rôle de flic charitable.

Au final, The Pact n’est pas sans défauts, mais pour un premier film il s’avère réellement impressionnant, parvenant sans peine à générer de nombreux frissons. On attend du coup de pied ferme la suite de la carrière de Nicholas McCarthy pour voir s’il va confirmer ce premier essai prometteur.

Note : 7/10

 

USA, 2012
Réalisation : Nicholas McCarthy
Scénario : Nicholas McCarthy
Avec: Caity Lotz, Casper van Dien, Agnes Bruckner, Kathleen Rose Perkins

Casa de mi Padre

Résumé: Armando Alvarez (Will Ferrell) a toujours vecu et travaille dans le ranch de son père. Mais alors que celui-ci rencontre des difficultés financières, le frère cadet d’Armando, Raul (Diego Luna) revient au ranch accompagné de sa fiancée Sonia (Genesis Rodriguez) après avoir fait fortune. Malheureusement pour la famille Alvarez, c’est dans le trafic de drogue que Raul a fait fortune, et il va attirer sur le ranch les foudres du caïd local, Onza (Gael Garcia Bernal).

 

Produit par Will Ferrell et Adam McKay (réalisateur des meilleurs films de l’acteur, dont Ricky Bobby, Roi du Circuit), le premier film de Matt Piedmont (pilier du Saturday Night Live et de la série Funny or Die Presents) est un bien curieux long métrage. Surfant en partie sur la vague grindhouse initiée par Tarantino et Rodriguez, Casa de mi Padre est en effet une parodie de western mexicain, entièrement tournée en espagnol !

Mais plutôt que de bâtir son histoire autour de ses gags, Casa de mi Padre prend le parti de jouer sur le décalage et les clichés inhérents à ce genre de production. Le film est donc tourné de façon très sérieuse, et le comique repose en grande partie sur le supposé manque de moyens du long métrage : faux raccords en pagaille (la géniale scène dans laquelle les personnages ne tiennent plus les mêmes verres entre deux plans), décors en carton pâte, effets spéciaux cheap (mention spéciale au puma blanc créé par le studio Jim Henson), acteurs qui surjouent, stockshots utilisés plusieurs fois, etc. Casa de mi Padre se moque aussi gentiment des clichés de ce genre de films, des personnages fumant comme des pompiers (géniale scène du bar dans laquelle Gabrielle Garca Bernal se retrouve avec deux cigarillos à la fois), triangle amoureux niais, intermède musical avec une bande de mariachi, drame familial, trauma du héros…

Le film peut du coup pas mal décontenancer au premier abord, et ne sera certainement pas du goût de tout le monde (avouons-le, certains gags sont parfois un peu répétitifs), mais pour peu que l’on se laisse prendre au jeu, le tout devient vite hilarant. De plus, au-delà de la moquerie on sent de la part de l’équipe un vrai respect pour ce cinéma populaire mais souvent fauché (ne serait-ce que par le fait que Will Ferrell parle espagnol tout du long), et Casa de mi Padre n’est pas exempt d’une certaine poésie naïve.

On ne conseillera pas le film à tout le monde, mais les fans de Will Ferrell et les spectateurs s’intéressant aux films sortant des sentiers battus devraient apprécier le voyage et fredonner longtemps la chanson titre interprétée par Christina Aguilera.

Note : 7/10

USA,  2012
Réalisation : Matt Piedmont
Scénario : Andrew Steele
Avec : Will Ferrell, Gael Garcia Bernal, Genesis Rodriguez, Diego Luna

 

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