Le fourre-tout de Geouf

CineGeouf

juin 2nd, 2012 at 18:26

Critiques en vrac 64: Silent House – Piranha 3DD – Men in Black 3 – Le Dictateur

Silent House

Résumé: Sarah (Elizabeth Olsen) est en tain d’aider son père à vider la maison de son enfance, lorsque celui-ci est attaqué par un mystérieux agresseur. Piégée à l’intérieur de la bâtisse, dont les fenêtres ont été recouvertes de panneaux de bois, la jeune femme va passer 90 minutes de pure terreur…

Nouveau film étranger à passer à la moulinette hollywoodienne, l’uruguayen The Silent House se voit ici remaké. Pas forcément un mal à la base, vu les critiques mitigées reçues par le film original. Seulement, à la barre du projet, on retrouve  Chris Kentis et Laura Lau, le duo à l’origine du soporifique Open Water. Et autant dire que huit ans après ce premier film, leur « talent » n’a pas vraiment évolué…

Silent House version américaine reprend donc la même histoire que le film original, qui mettait une jeune femme aux prises avec un mystérieux agresseur dans une maison abandonnée. Et il reprend bien entendu le gimmick de celui-ci, à savoir le temps réel. Le seul problème, c’est que Kentis et Lau sont loin d’avoir la maîtrise suffisante pour hisser vers le haut un film déjà bancal à la base. Le temps réel n’a pas vraiment d’intérêt autre que de tenter de se démarquer du tout venant de la production horrifique, et s’avère même plusieurs fois sacrément handicapant, notamment lorsqu’il s’agit de caractériser des personnages très peu intéressants. Le résultat est donc un film de couloirs qui ressemble furieusement à un found foutage dans sa réalisation : caméra qui colle aux basques de l’héroïne quitte à rendre les chougnements de celle-ci ridicules, et réalisation qui vire à l’hystérie lorsqu’une scène de trouille survient (alors que rien ne justifie l’utilisation de la shakycam).

La prestation correcte d’Elizabeth Olsen sauve parfois le film de l’ennui total, la jeune actrice faisant preuve d’une belle énergie malgré un rôle se limitant à courir en tous sens en se cachant sous les tables et en hurlant de terreur. Quant au twist final, bien qu’il soit facile à griller au bout de quelques minutes pour n’importe quel spectateur attentif, il comporte néanmoins une bonne dose de perversité relevant légèrement (mais alors vraiment très légèrement) le niveau du film.

Note : 3/10

USA, 2012
Réalisation : Chris Kentis, Laura Lau
Scénario: Laura Lau
Avec : Elizabeth Olsen, Adam Trese, Eric Sheffer Stevens, Julia Taylor Ross, Adam Barnett, Haley Murphy

Piranha 3DD

Résumé: Alors que le parc aquatique rénové Big Wet doit ouvrir ses portes en grande pompe, Maddy (Danielle Panabaker), la belle-fille du gérant (David Koechner) et copropriétaire du parc, s’aperçoit que le lac proche est rempli de piranhas voraces. La catastrophe est imminente et les morts s’accumulent, mais son beau-père refuse de retarder l’ouverture du parc…

Le Piranha 3D d’Alexandre Aja avait beau avoir de nombreux défauts, il avait au moins le mérite d’offrir au spectateur ce que celui-ci était venu voir : des filles en tenues légères et du gore à outrance. Pour cette suite tentant de capitaliser sur le succès d’estime du premier opus, les frères Weinstein ont fait appel au nouveau spécialiste des films gores à petit budget, John Gulager. Un choix plutôt judicieux à première vue, lorsqu’on étudie la filmographie du bonhomme. On lui doit en effet notamment la trilogie Feast, qui mêlait déjà gore et humour avec plus (Feast 1) ou moins (Feast 2 Sloppy Seconds) de bonheur.

Et pour cette suite, Gulager promet beaucoup : plus de seins, plus de sang, plus d’humour débile, bref plus de tout. Et malheureusement, on ne retrouve rien de tout cela à l’écran. Malgré un début prometteur dans lequel Gary Busey se fait manger tout cru, et un concept intriguant de parc aquatique dans lequel les maitres nageuses sont des strip teaseuses, le film s’avère au final très prude et très sage. A vrai dire, rarement un film aura aussi mal porte son titre : les piranhas sont très peu présents à l’écran, et les seins aussi. Gulager préfère suivre une bande de personnages totalement inintéressants et d’une connerie abyssale (la fille qui précipite son van dans le lac et laisse son copain enfermé dedans) et se concentrer sur un humour en dessous de la ceinture d’une lourdeur rare, avec une étrange obsession pour les insertions (une fille se retrouve avec un bébé piranha dans le vagin, tandis qu’un autre personnage en chope un dans l’anus…). On sent de plus clairement que le budget a été revu à la baisse, le fameux parc aquatique se résumant à deux pauvres piscines avec trois figurants qui se font bouffer en deux minutes. La scène la plus spectaculaire est au final le flashback de début de film rappelant le massacre du premier opus !

On sauvera tout de même un sympathique cameo de David Hasselhoff qui joue avec bonheur de l’image qui lui colle à la peau depuis Alerte à Malibu, une amusante parodie d’une des scènes cultes des Dents de la Mer, et une mort finale assez surprenante et osée. Oui, c’est très peu, et non, cela ne suffit pas à justifier le prix d’une place de ciné, surtout en 3D…

Note : 3/10

 

USA, 2012
Réalisation : John Gulager
Scénario : Patrick Melton, Marcus Dunstan, Joel Soisson
Avec : Danielle Panabaker, Matt Bush, David Koechner, David Hasselhoff, Ving Rhames, Christoper Lloyd

Men in Black 3

Résumé : Le terrible criminel Boris the Animal (Jemaine Clement) s’échappe de la prison de haute sécurité de la Lune dans laquelle il était enfermé depuis près de 40 ans. Son but : se venger de l’agent K (Tommy Lee Jones) qui l’a arrêté en 1969, empêchant du même coup la destruction de la Terre. Boris retourne dans le temps et élimine K, effaçant du coup la mémoire de ses collègues dans le futur. Seul J (Will Smith) s’aperçoit qu’il y a un problème, et repart à son tour en 1969 pour tenter de sauver son ami…

Bien étrange idée que de mettre en chantier un nouveau Men in Black 10 ans après la débâcle du second opus. Difficile en effet de savoir s’il fallait se réjouir ou au contraire craindre une telle initiative, malgré le retour du trio Sonnenfeld-Smith-Jones derrière et devant la camera.

Néanmoins, l’idée du voyage dans le temps paraissait alléchante sur le papier, histoire de changer un peu de cadre et de découvrir les débuts de K en tant qu’agent des MIB. Et puis il faut bien avouer que confier le rôle du jeune K à Josh Brolin est tout simplement géniale, l’acteur collant parfaitement au rôle. Malheureusement, à l’instar du second opus, Men in Black 3 peine à soutenir la comparaison avec son sympathique modèle. On sent clairement que Tommy Lee Jones est là juste pour cachetonner (il est présent à l’écran à peine 10 minutes) et que Will Smith lui-même ne croit pas au film, assurant le minimum syndical, voire même cabotinant à outrance.

L’humour du film fait parfois sourire, mais mis à part quelques bonnes idées (Andy Warhol est un agent infiltré des MIB !), on se retrouve le plus souvent devant des gags faciles repompés des épisodes précédents (la course en monocycle, Lady Gaga est un alien à la place de Michael Jackson…), voire parfois embarrassants (le speech en langue alien d’Emma Thompson). Niveau action, c’est peu ou prou la même chose. Le film ne propose rien de spécialement mémorable ou excitant, malgré un final à Cap Carnaveral durant le lancement de la fusée pour la lune. Et malgré une excellente scène d’introduction, le méchant s’avèrera au final assez fadasse. Beaucoup plus gênant, Men in Black 3 souffre grandement des multiples réécritures de son script : les pistes intéressantes sont totalement éludées, le décalage induit par le voyage dans les années 60 n’est quasiment pas exploité, et le film se contredit lui-même (un des personnages insiste sur le racisme des années 60, mais dans le final le général en charge du programme spatial est tout ce qu’il y a de plus noir !).

Là où Men in Black 3 se rattrape néanmoins de façon assez surprenante, c’est au niveau de l’émotion. On notera tout particulièrement le personnage très attachant de Griffin (Michael Stuhlbarg), un alien pouvant voir tous les futurs possibles et qui guidera les deux héros dans leur quête. Le film est aussi rattrapé de justesse par un joli final assez émouvant explicitant le mutisme légendaire de K et les liens qui l’unissent à J. Men in Black 3 n’est pas spécialement honteux et se laisse regarder sans déplaisir ni agacement, mais il est au final tellement banal et balisé qu’il peine à s’imposer durablement à l’esprit. Encore un film qui ira grossir les rangs des blockbusters vite vus, encore plus vite oubliés.

Note : 6/10

 

USA, 2012
Réalisation : Barry Sonnenfeld
Scénario : Etan Cohen, Lowell Cunningham
Avec : Will Smith, Tommy Lee Jones, Josh Brolin, Emma Thompson, Jemaine Clement

Le Dictateur (The Dictator)

Résumé : Dictateur tout puissant du Wadiya, Haffaz Alladeen (Sacha Baron Cohen) est un enfant gâté qui n’en fait qu’à sa tête. Trahi par son conseiller le plus proche (Ben Kingsley) alors qu’il s’apprête à faire un discours aux Nations Unies à propos de son programme nucléaire, il se retrouve perdu dans les rues de New York, seul et sans soutien. Il va devoir compter sur l’aide d’un de ses anciens collaborateurs, qu’il croyait avoir éliminé, et d’une jeune femme propriétaire d’un magasin bio (Anna Faris), pour pouvoir remonter sur le trône…

Après avoir fait se gondoler le monde entier tout en choquant les bien pensant et faisant réfléchir sur la bêtise humaine avec Borat et Brüno, Sacha Baron Cohen et Larry Charles continuent leur mission de provocation en s’attaquant à un nouveau sujet brûlant, la peur occidentale du Moyen-Orient. Pour ce faire, ils délaissent le format du pseudo-documentaire / camera cachée pour mettre en scène un « vrai » film. On aurait pu craindre que ce passage à la fiction n’affaiblisse le propos, mais au final il n’en est rien.

Comme à son habitude, Cohen incarne avec bonheur un personnage complètement taré et exubérant, en décalage constant avec le monde réel, ce qui lui permet d’ausculter avec acidité les comportements des gens « normaux ». L’abattage de l’acteur est impressionnant et il porte sans problème le film sur ses épaules, solidement secondé par la lunaire Anna Faris. L’acteur de Borat repousse une fois de plus les limites du bon goût, quitte à parfois tomber à plat (la scène de l’accouchement, filmée de l’intérieur d’un vagin), mais réussit la plupart du temps à générer des éclats de rires incontrôlables dans le public (mention spéciale au carton d’ouverture dédicaçant le film à Kim Jong Il, ou encore à la découverte de la masturbation par le personnage principal).

Et puis surtout, sous couvert d’une comédie lourdingue, Sacha Baron Cohen et Larry Charles en profitent pour balancer quelques vérités bien senties et taper sur tout le monde (on pense d’ailleurs assez souvent à l’excellent Rien que pour vos Cheveux): le racisme et l’ignorance américains (au cours d’un dialogue avec le toujours génial John C. Reilly et d’une excursion en hélicoptère plutôt mouvementée), l’extrémisme religieux et idéologique, la peur de l’émergence de la Chine, et même les dérives totalitaires des Etats-Unis au travers d’un discours final bien grinçant.

On pardonnera donc sans problème le côté parfois un peu morcelé du long métrage et le manque de liant entre certaines scènes, pour apprécier pleinement ce nouvel éclat de rire osant repousser les limites de la bienséance tout en appuyant là ou ça fait mal…

Note : 7.5/10

USA, 2012
Réalisation : Larry Charles
Scénario: Sacha Baron Cohen, Alec Berg, David Mandel, Jeff Schaffer
Avec: Sacha Baron Cohen, Anna Faris, Sayed Badreya, Ben Kingsley, John C. Reilly, Megan Fox

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    Comme tu l’as sans doute vu je suis bien moins enthousiaste que toi concernant The dictator car contrairement à ce que tu dis je pense que la forme de pur fiction amoindrit totalement (pour ne pas dire plus) le sens de la provocation et la force subversive de Sacha Baron Coen.
    The dictator reste pour moi une grosse déception dans laquelle Sacha Baron Coen se la joue trop facile.

    Freddy K on juillet 19th, 2012

 

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