Le fourre-tout de Geouf

CineGeouf

mai 14th, 2012 at 22:33

Dark Shadows de Tim Burton

Résumé: A la fin du XVIIIe siècle, la famille Collins émigre vers le Nouveau Monde pour faire fortune. Ils rencontrent très vite le succès en se lançant dans l’industrie de la pèche. Les Collins s’installent définitivement en Amérique, faisant construire un immense manoir, et donnant leur nom à la ville qu’ils ont contribué à créer. Malheureusement, le fils de la famille, Barnabas (Johnny Depp) se met à dos l’une des servantes du manoir, Angélique (Eva Green) lorsqu’il rejette l’amour de celle-ci. La jeune femme, qui est en fait une sorcière, se venge en assassinant les parents de Barnabas et l’élue de son cœur, et en transformant celui-ci en vampire. Enterré vivant par les villageois effrayé, Barnabas n’est libéré que 200 ans plus tard, pour découvrir que sa descendance a bien du mal à maintenir à flot le business familial…

L’annonce de la mise en chantier de Dark Shadows, adapté de la série télé éponyme ayant bercé l’enfance de Tim Burton, n’a franchement éveillé qu’un intérêt poli de la part de votre serviteur, qui avait depuis bien longtemps perdu tout espoir de retrouver le génie derrière Beetlejuice ou Batman le Défi. En effet, depuis une dizaine d’années, Tim Burton n’est plus que l’ombre du réalisateur de génie qu’il a autrefois été. L’ardent défenseur des freaks s’est en effet transformé en chantre de la normalité, gagnant en visibilité et en succès public ce qu’il perdait en âme. Un constat amer pour les fans de la première heure, et qui a culminé avec le lamentable Alice au Pays des Merveilles, bouillie kitsch indigeste d’une laideur hallucinante et au message gerbant.

Adaptation d’un soap opera des années 60-70, Dark Shadows tente un pari audacieux en résumant en deux heures la trame des quelques 1200 épisodes du show. En résulte un film très rythmé (on ne s’ennuie pas une seconde), mais qui souffre parfois d’un certain trop-plein scénaristique. Les différents arcs scénaristiques sont nombreux, voire très nombreux, ce qui fait que certains sont tout bonnement zappés au bout d’un moment, sans trouver de résolution correcte (le fantôme de la bien aimée de Barnabas en est un exemple frappant). On imagine que la suite annoncée par le dernier plan du film devrait partiellement remédier à cet état de fait, mais en l’état, le film est assez frustrant. Le constat est identique au niveau des personnages, puisqu’en dehors de Johnny Depp et Eva Green, ceux-ci sont souvent tout juste esquissés, et certains ne font réellement que passer (Johnny Lee Miller, d’une inutilité hallucinante), ce qui ruine quelque peu l’implication du spectateur. Dommage, car certains personnages auraient mérité un traitement plus approfondi, comme celui du petit David (Gulliver McGrath), gamin traumatisé par la mort de sa mère, et qui affirme converser avec le fantôme de celle-ci.

Au niveau de l’ambiance, il semblerait que Tim Burton tente de faire amende honorable auprès de ses fans de la première heure, en proposant ce qui s’apparente assez vite à un best of de sa filmographie : héros tragique et monstrueux rejeté par les gens normaux (Edward aux Mains d’Argent), consumé par un désir de vengeance suite à la mort de sa bien aimée (Sweeney Todd), adolescente troublée et gamin qui voit des fantômes amicaux (Beetlejuice), femme fatale mortelle (Batman le Défi), décor gothique (Sleepy Hollow), personnages qui sont quasiment tous des freaks, etc. On retrouve même un combat final décalqué sur celui de Beetlejuice, serpent géant compris (et aussi un peu repompé sur le final de Stardust il faut bien l’avouer). En résulte un curieux mélange, qui oscille entre le très réussi (le magnifique décor du manoir Collins) avec des scènes dans lesquelles Burton retrouve son génie (le réveil de Barnabas et le massacre qui s’ensuit) et le franchement douteux quand le film joue sur le kitsch assumé (les costumes et l’esthétique 70’s qui piquent les yeux). Heureusement, Burton et son scénariste Seth Grahame-Smith (Abraham Lincoln, Vampire Hunter) ont décidé d’injecter au film une bonne dose d’humour, notamment en jouant sur la découverte des années 70 par le vampire Barnabas. Un humour qui fonctionne plutôt correctement, même s’il joue souvent sur le registre unique du décalage entre Barnabas et l’époque qu’il découvre (Dark Shadows reprend d’ailleurs quasi à l’identique le gag de la découverte de la route goudronnée et de la voiture tel que vu dans Les Visiteurs de Jean-Marie Poiré !) et que certains gags tombent sérieusement à plat.

Mais la vraie réussite du film réside dans son casting absolument parfait. Johnny Depp réussit à rendre son personnage de vampire tragique à la fois hilarant et attachant, malgré un maquillage assez ridicule. C’est un vrai bonheur de retrouver la toujours sublime Michelle Pfeiffer en mère de famille combattive, même si elle est un peu sous-exploitée, ainsi que Jackie Earle Haley et Helena Bonham Carter. Même la jeune génération s’en tire plutôt bien, notamment Chloe Grace Moretz (Kick-Ass) en adolescente rebelle, et Gulliver McGrath en jeune garçon troublé. Mais la vraie « révélation » du film reste Eva Green, juste démentielle en sorcière amoureuse éconduite par l’homme qu’elle désire. La comédienne bouffe l’écran à chacune de ses apparitions, sensuelle et vénéneuse, sexy et hilarante. Une vraie surprise pour une actrice qu’on a plus l’habitude de voir dans des rôles « sages ». Et enfin, au rang des cameos réjouissants, on notera la présence de l’immortel Christopher Lee et du rocker légendaire Alice Cooper.

Au final, le pari de Dark Shadows de réconcilier Burton avec ses fans de la première heure est presque réussi. Certes le film fait tout pour brosser ceux-ci dans le sens du poil, mais il manque ce supplément d’âme qui faisait des premiers films du réalisateur des œuvres mémorables. La faute à un trop plein de personnages et de sous-intrigues qui empêche de réellement se sentir impliqué. Un retour par la petite porte donc, mais qui laisse espérer que Burton va enfin se rappeler son génie passé et revenir sérieusement aux affaires…

Note : 6/10

USA, 2012
Réalisation : Tim Burton
Scénario : Seth Grahame-Smith
Avec : Johnny Depp, Eva Green, Michelle Pfeiffer, Chloe Grace Moretz, Helena Bonham Carter, Jcakie Earle Haley, Johnny Lee Miller, Christopher Lee, Alice Cooper

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  • 1

    Je suis plutot d’accord avec ton analyse. L’introduction de l’histoire en debut de film va a 1000km/h, on sent qu’il condense sec un certain nombre d’episodes. En fait je m’attendais a un film plus marrant, avec justement plus de decalage pour Barnabas 200ans plus tard. Mais c’est surtout base sur les dialogues, finalement il s’adapte plutot vite et bien au monde qui l’entoure (la vanne facon Visiteurs fait un peu tache du coup). J’ai ete scotche par M Pfeiffer, encore sacrement sensuelle malgre son role de matriarche. Vraiment dommage que le role de la jeune de Kick Ass soit aussi limite, alors qu’il commencait de facon interessante, et je ne parle meme pas de la surprise finale la concernant, navrante…
    Au final, je m’attendais a la famille Adams facon Burton, j’ai vu un film qui hesite entre la comedie et le frisson, dommage qu’il n’ait pas choisi…

    fred57 on mai 15th, 2012
  • 2

    Salut!

    J’ai été le voir ce weekend, je suis un poil plus enthousiaste, en accordant un 7/10.
    Je reviens à ton premier paragraphe sur la déchéance de Tim Burton. Je pense qu’il essaie difficilement de s’adapter à la vie hollywoodienne, et que ce n’est pas entièrement de sa faute. Sweeney Todd est là pour prouver qu’il peut encore faire mal. Alice au pays des merveilles, j’ai presque l’impression que c’est sa revanche sur Disney, il confirme un peu avec Frankenweenie. Non pas qu’il voulait faire un film inoubliable, ce qu’il n’est en rien, mais c’est tout de même pas mal de retravailler et se faire payer grassement par une boîte qui t’a viré parce que tu n’étais pas assez mainstream…

    Maintenant, pour parler de Dark Shadows, c’est exactement le ton que je désirais, un mélange de la famille Addams avec un peu d’horreur. Les dialogues m’ont vraiment fait marrer (« A woman doctor!?! What a age this is… » Ah la tête d’Helena Bonham Carter!!), et Johnny Depp trouve ici un de ses meilleurs rôles comiques (il me fait bien plus marrer ici qu’en Jack Sparrow!). Eva Green est assez sensationnelle, je ne l’appréciait pas plus que ça, mais ici, elle dépote. C’est marrant, dans le Studio Ciné-Live, elle disait que les critiques diraient surement qu’elle en faisait des tonnes, qu’elle cabotinait, et j’avoue que j’ai eu un peu peur en lisant ça avant de voir le film. Et bé, elle est sacrément modeste, parce que j’ai vraiment eu l’impression que son jeu tenait de la fine horlogerie suisse!! Jackie E.H. est assez épatant aussi. Je n’ai connu cet acteur qu’à partir de Watchmen alors qu’il est monté sur le circuit en même temps que Tom Cruise dans American Teenagers que j’ai vu il y a un mois ou deux (où il démontrait déjà un bon talent comique en 1983!).
    Franchement, j’ai passé un bon moment. La suite! ^^

    Soundwave on mai 15th, 2012
  • 3

    je viens de terminer ma propre critique et tout comme Soundwave mon enthousiasme se situe un point et demi au dessus du tien puisque pour moi c’est un bon 7,5/10. J’ai vraiment passé un très bon moment et retrouvé en grande partie le Burton que j’aime.
    Je n’ai jamais cru en la véritable déchéance de Burton que certains critiques continuent de proclamer avec Dark Shadows démontrant à la fois leur entêtement et partiellement leur mauvaise foi.

    Freddy K on mai 15th, 2012
  • 4

    Oui, enfin je vous trouve bien gentils quand meme. Personnellement, je ne trouve pas que Dark Shadows demontre « l’entetement et la mauvaise foi » des critiques proclamant la decheance de Burton, un peu au contraire meme.
    Je ne nie pas que le film est sympathique, mais on est tres loin de ses fulgurances passees ou d’un retour en force.
    Franchement, ca fait presque 10 ans que Tim Burton n’a pas fait un bon film original (mis a part Big Fish, que j’aime bien):
    -- Les Noces Funebres c’etait L’Etrange Noel de Monsieur Jack en mou et consensuel (putain, le heros prefere retourner vers la femme qu’on le force a epouser et dont il n’est pas amoureux, plutot que de rester avec sa mariee fantome, si ca c’est pas du reniement !)
    -- Charlie et la Chocolaterie c’etait moche et rempli de chansons gonflantes (avec encore une fois un message assez puant sur le fait de devoir rentrer dans le rang)
    -- Sweeney Todd possedait quelques fulgurances, mais noyees dans un film mou aux numeros musicaux imbitables (j’ai lutte pour ne pas m’endormir) et encore une fois Burton se renie en se faisant le chantre de la normalite (le couple propre sur lui survit alors que les freaks sont impitoyablement elimines)
    -- et je ne prefere pas commencer sur Alice, parce que la je vais vraiment etre mechant

    Donc desole FreddyK, mais pour moi la decheance de Burton est bien reelle, meme si Dark Shadows redresse un chouia la barre.

    Quant a la revanche sur Disney avec Frankenweenie, j’ai plutot l’impression que comme pour Dark Shadows il begaye en se rememorant ses bons films et tente de raviver maladroitement la flamme…

    Geouf on mai 16th, 2012
  • 5

    Ben oui, on est gentil! ^^
    Méchant Geouf, méchant!! ;-)

    Disons que c’est un peu le syndrôme Argento, il ne faut pas non plus tout le temps espérer du Suspiria. Pour Tim Burton, effectivement, à part Big Fish (que finalement, je n’ai toujours pas acheté en Blu-ray, donc, c’est un film dispensable ^^) et pour moi Sweeny Todd (OK pour les chansons, mais la dernière partie m’a tout de même mis sur le cul. Je ne sais pas si la fin proprette vient de la pièce ou pas). Ce qui fait que pour moi Sweeny Todd a été une bonne surprise. Tout comme Dark Shadows! Qu’on ait un film comme ce dernier après Alice, c’est tout de même un fameux bond en avant! Et franchement, c’est peut-être triste à dire, mais la plupart des artistes donnent tout ce qu’ils ont au début de leur carrière, rare sont ceux qui parviennent à garder le même niveau tout le temps (pareil en musique). Des Beetlejuice, je pense pas que tu en verras encore. Mais je peux parfaitement me contenter d’un Dark Shadows. Si tu oublies que c’est un Tim Burton, c’est tout de même un sacré bon film. Si ça avait été un film de Soderbergh, tu te serais dis « Wah, la vache, il a bien progressé, il a enfin fait un film qui n’est pas chiant! » ^^

    Soundwave on mai 16th, 2012
  • 6

    lol, oui mais c’est pas Sorderbergh justement !
    Et soyons bien clair, ce n’est pas Argento non plus, parce que de ce cote-la, il n’y a vraiment plus d’espoir (tu as vu les images de son Dracula?!).
    Et puis je ne veux pas forcement voir des Beetlejuice a tous les coups (les discussions autour d’une possible suite me font d’ailleurs bien peur), mais bon, un petit Sleepy Hollow ou un Mars Attacks, ca me suffirait, voire meme un petit Batman…

    Mais a vrai dire, ce qui me gene le plus, c’est le revirement au niveau des thematiques de ses recents films, avec cette apologie de la normalite (a part Dark Shadows justement, ou quasiment tous les personnages sont des freaks).

    Geouf on mai 16th, 2012
  • 7

    C’est vrai que Dracula 3D, je serais fort surpris si c’est un bon film ^^
    Maintenant, Argento, je sais vraiment pas ce qu’il a, je suis sûr que le bougre en a encore sous le capot. Je ne peux pas oublier ses segments de Masters of Horror, qui étaient de loin les plus réussis de la série, pour moi. Et j’ai bien aimé Do you like Hitchcock?, que je défendrais dans pas longtemps ici même… ^^

    Pour Tim Burton et son revirement, franchement, j’en sais trop rien. Est-il encore possible de faire gagner les freaks dans le cinéma américain de nos jours? Est-ce les frileux producteurs sont encore capable de financer un film où les bizarres gagnent à la fin? Je pense qu’il fait des compromis. Je serais curieux de le voir aux manettes d’un petit film indépendant, mais en est-il encore capable? S’il veut payer Johnny et Helena, c’est déjà plus un p’tit budget! ^^ Encore qu’il arrivait surement à convaincre sa femme et son meilleur pote de travailler gratis? J’aimerais vraiment voir ça…

    Soundwave on mai 16th, 2012
  • 8

    La on voit le fan indecrottable ! On dirait moi quand j’ai mis 7/10 a The Ward de Carpenter ;-)
    C’est vrai que les segments de Masters of Horror d’Argento etaient tres bon, mais c’est bien la seule chose potable qu’il ait fait depuis un certain nombre d’annees (encore que j’avais trouve Le Sang des Innocents plutot sympatoche).

    Pour ce qui est de Burton, ben je sais pas, il me semblait pourtant que les geeks regnaient sur Hollywood de nos jours, donc faire gagner les freaks ca ne devrait pas etre si bizarre, si?

    Geouf on mai 16th, 2012
  • 9

    Oui, on est des vrais gentils nous ;)

    Concernant Tim Burton je suis surtout consterné lorsque je traîne sur certains forums et que je vois des commentaires disant que Dark shadows serait le pire film de Burton en le comparant à Jean Marie poiré pour deux gags (What the fuck !!). Là je commence à me dire que l’attaque devient un peu de l’acharnement stupide…

    Le revirement de Burton peut être ? Son reniement je ne crois pas. Il a fait des films différents, souvent pour ses enfants bien plus que pour lui avec des contraintes de studios. Je ne suis pas fans non plus de ses dernières œuvres mais je préfère « presque » le voir se planter sur des choses différentes que radoter pour satisfaire trois fans intégristes.Et surtout il ne faut pas après l’avoir enterré sous trois tonnes de mépris oublier qu’on a le droit de rouvrir le cercueil pour célébrer son retour tel Barnabas (comme tu le fais du bout du clavier :)). D’ailleurs j’ai lu une analyse plutôt inintéressante de Dark Shadows dans laquelle le film est mis en parallèle avec la carrière et les choix de Burton. Tout comme Barnabas, Burton peut succomber aux sorcières du commerce pour assurer sa fortune ou lutter au coté des freaks pour retrouver son âme.

    Plus globalement j’ai l’impression que l’on aime bien brûler ses anciennes idoles et que ce soit au cinéma comme en musique on en revient souvent à ce couplet que pourtant tu ne chante pas très souvent à savoir le « c’était bien mieux avant ». On oublie aussi souvent que en tant que spectateur nous sommes les premiers à changer tout comme notre regard.

    Concernant Dark Shadows j’ai pris tellement de plaisir que je n’ai pas envie de faire le pointilleux à savoir si Burton brosse ses fans dans le sens du poil ou si il cherche à se faire pardonner de quoi que ce soit. Il livre juste un très bon film, sombre, drôle et ouvertement orienté sur l’amour des personnes différents. Voilà pourquoi, gentil et mignon comme je suis, j’ai juste envie de célébrer cette bonne nouvelle.

    Freddy K on mai 16th, 2012
  • 10

    Bah oui, mais faut bien avouer que quelques gags font penser aux Visiteurs. Apres, c’est sur que niveau realisation, c’est une autre question.

    Et clairement, c’est loin d’etre le pire Burton, mais de la a dire que c’est un tres bon film… C’est juste frustrant de voir ce film qui se rapproche enfin de ses anciennes oeuvres, mais qui n’arrive pas a leur niveau, loin de la. Oui, il est oriente vers des personnages differents, mais pour la plupart ils sont totalement sous-exploites. Oui, il est sombre, mais gentiment sombre. Au final, mis a part la soif de sang de Barnabas (et encore, elle est tres edulcoree), il n’y a rien qui depasse vraiment dans le film. Ce sont des « freaks parfaits »: monstrueux, mais pas trop: le gamin est presente comme tare, mais il est juste triste de ne plus avoir sa moman, l’ado rebelle a un secret, mais elle le controle tellement bien que personne n’est au courant, l’oncle est juste un voleur, la mere est normale, meme si elle conclut un pacte avec le diable (encore que personne ne s’etonne ni ne s’effraye quand ils decouvrent le secret de Barnabas), la sorciere est vilaine mais au final presque moins dangereuse que le heros.

    Je ne nie pas que j’ai pris du plaisir devant le film, mais je n’ai pas pris un pied monstrueux. Ce n’est clairement pas un film que je me precipiterai pour revoir, et que j’aurai certainement a moitie oublie dans un mois.

    Geouf on mai 16th, 2012
  • 11

    Gentiment sombre certes mais comme la plupart des films de Burton, faut arrêter de croire que Jack, Edward et Beetlejuice sont des monstres psychopathes et que les films touchent les abimes de la noirceur. Ce qui est touchant dans le cinéma des films de Burton ce sont les êtres différents qui deviennent des monstres sous le regard des autres.
    Pour moi Dark shadows s’inscrit dans la veine des films les plus noirs de Burton car c’est je crois son premier film dont le héros est un assassin capable de massacrer des innocents (Les hippies, les ouvriers). On voit aussi dans le film un père abandonné son fils pour du pognon (pas simplement un gentil voleur), d’autres parents livrer leur fille aux traitements de choc. Alors ce n’est peut être pas totalement noir car la comédie enrobe le tout mais Burton ne livre pas non plus une vision très rose de ses personnages et des événements.
    « la sorcière est vilaine mais au final presque moins dangereuse que le héros ». Je suis assez d’accord et ça montre que le film est bien plus ambigu que l’immense majorité des productions actuelles qui divise leurs personnages entre les bons et les méchants. Et comme je le dis dans ma critique, le fait de réserver la plus belle scène du film à la mort de la sorcière montre que Burton a toujours autant d’empathie et d’amour pour les monstres.

    Freddy K on mai 16th, 2012
  • 12

    Oui, c’est sur que le film est sombre au niveau des thematiques, mais vu que le tout est enrobe de comedie et que les personnages secondaires sont totalement sous-developpes, ben on ne ressent absolument aucune empathie pour eux… Franchement, on a un gamin dont la mere est morte et que son pere abandonne pour du pognon comme tu dis, et au final on a l’impression qu’il s’en fiche totalement et qu’il n’a absolument aucun probleme a accepter ca. La scene du depart du pere aurait pu etre emouvante, au final c’est juste une peripetie de plus dans le film, avant de passer a la suivante.
    Idem pour l’histoire de la gouvernante. On a l’impression au debut qu’elle va etre au centre de l’histoire, que le film va etre vu a travers ses yeux, alors que non, elle devient tres vite totalement secondaire… Et la revelation sur son passe n’a finalement aucun impact non plus. C’est sombre, mais ca n’apporte rien a l’histoire.
    Bref, mon reproche, c’est qu’il y avait matiere a faire un film oscillant entre le drame et la comedie, mais au final c’est la comedie qui l’emporte, et l’emotion est rarement presente (meme la transformation finale, qui aurait du etre supra romantique est juste ridicule a cause du maquillage).

    Geouf on mai 17th, 2012
  • 13

    « Bref, mon reproche, c’est qu’il y avait matière a faire un film oscillant entre le drame et la comédie ». Je suis d’accord sur le fait que l’émotion ne perce que très rarement dans le film, encore que la fin de Angelique, la gamine livrée à l’hôpital psychiatrique sont des moments ou pour moi ça le fait quand même un peu. Après le film a toujours été dès le départ très orienté vers la comédie et le fantastique plus que vers le drame. C’est tout de même l’adaptation d’un soap vieillot et plutôt humoristique…. Mais je comprend ton point de vu ;)
    Pour le maquillage final je le trouve raccord avec la tonalité du film, son ambiance gothique à l’ancienne et surtout l’image même de Barnabas, donc ça ne me choque absolument pas bien au contraire (Je suis même pressé de revoir le film en Blu-ray et en noir et blanc juste pour voir ce que ça donne). Pour moi l’intensité dramatique du final est surtout plombé par le plan gag sur Helena Bonham Carter.

    Freddy K on mai 18th, 2012
  • 14

    Oui, le maquillage final est raccord avec le reste du film, mais ce n’est pas pour ca que ca fonctionne dramatiquement parlant ;-)
    Quant au dernier plan sur Helena Bonham Carter, je ne l’ai pas pris comme un « plan gag », mais plutot un plan dramatique annoncant une suite et un nouveau mechant…

    Geouf on mai 18th, 2012
  • 15

    J’ai adoré le film :) je l’ai trouvé super même si Barnabas ne sais pas trop trop rapprocher de Victoria sauf sur le balcon quand il s’embrasse mais on n’a pas trop vue les différents approche… Certains personnages font tâches et non pas assez été exploiter. Les fin laisse penser qu’il y aura une suite et je l’espère :) !! Ce film je le regarde en boucle depuis plusieurs jours depuis que je l’ai vue au cinéma ;D<3 Johnny Depp est super beau :)).

    Charlotte B on mai 19th, 2012
  • 16

    Comme d’hab, j’arrive à la fin ^^
    Alors, en vrac:

    -- Mais The Ward mérite un 7/10!! ;-)

    -- Le sang des innocents est tout à fait regardable, en effet. Je me demande tout de même comment il a pu faire ces deux merveilleux segments de Masters of Horror, ça pulvérise tout ce qu’il a fait ses dernières années. Je suppose qu’il était motivé, mais pourquoi?

    -- Les geeks sont-ils vraiment au pouvoir? Ça reste tout de même des films très gentils dans l’ensemble. Maintenant, comme vous en avez BRILLAMMENT débattu (j’insiste sur brillamment ^^), les premiers films de Burton n’étaient pas si subversifs que cela. Ils dénonçaient plutôt le regard des gens conformistes (ce que ne font pas vraiment les films de geeks, car ces derniers s’en foutent complètement ^^). Et c’est vrai que sous ces airs de comédie, Dark Shadows est le premier film de Burton où son héros est un assassin (je cherche dans ses autres films, mais je trouve pas). Bon, ok, le pauvre a besoin de manger, mais j’avoue avoir été surpris avec la scène des hippies. Avantage à Frekky K, il a trouvé des arguments que me font encore plus apprécier le film. Il n’y a que le vilain, vilain Geouf pour ne pas aimer ^^

    Soundwave on mai 21st, 2012
  • 17

    Soundwave, je pense que tu as la memoire un peu courte. Et dans Sweeney Todd, il fait quoi Johnny Depp avec son rasoir ? ;-)

    Bon, sinon pour revenir a mon impression du film, j’ai entendu un commentaire sur un podcast l’autre jour ou le mec disait qu’en regardant Dark Shadows, il avait eu l’impression d’enfiler des pantoufles comfortables. Et je trouve que c’est exactement ca le visionnage de Dark Shadows: vous avez beau dire que le film est plus sombre que ce qu’il n’y parait, au final on est en terrain connu, il n’y a rien de surprenant, aucune prise de risque. C’est agreable a regarder, comfortable, mais aussi un peu vieux et elime. Bref, ca se laisse regarder, mais ca ne fait preuve d’aucun genie.

    Geouf on mai 22nd, 2012
  • 18

    Ah oui, Sweeney Todd :-)
    Hmmm, voilà que je ne sais plus s’il tue uniquement les personnes dont il veut se venger, où d’autres?

    Effectivement, l’image des pantoufles est très bien. Je trouve que c’est déjà pas mal de retrouver des pantoufles Burton après La planète des singes et Alice au pays des merveilles… Un film que je regarde en pantoufle, c’est d’office 6/10. Ici j’ajoute un humour efficace et une Eva Green au top, ça vaut bien un 7… ^^

    Soundwave on mai 22nd, 2012
  • 19

    Me rappelle plus, j’avoue que l’ennui m’avait fait decrocher assez rapidement de Sweeney Todd…

    Bon ben voila, on est d’accord: film en pantoufles = 6/10.
    C’est vrai que j’ai hesite a mettre 6.5 a un moment, pour Eva Green, mais 7, certainement pas…

    Geouf on mai 22nd, 2012
  • 20

    Un film en pantoufles c’est toujours mieux qu’un film à coté de ses pompes ;)
    Sinon pour pinailler un peu, le barbier de Sweeney todd tue dans le cadre d’une vengeance,il ne massacre pas des gentils hippies prônant la paix et l’amour.
    Bon allez on es tous d’accord pour le 07/10, histoire de clore le débat ?? Allez Geouf un petit effort 06,5 c’est comme sept et moins généreux :)

    Freddy K on mai 22nd, 2012
  • 21

    Ben non, justement, le 7 je peux pas…
    J’ai longtemps hesite, et le film a trop de defauts rhedibitoires a mes yeux pour que je lui mette 7. 7/10 pour moi c’est un film que je pourrais acheter en soldes en blu ray pour le revoir un jour, et la, ben bof. Je l’ai vu, mais je ne le reverrai pas…

    Geouf on mai 22nd, 2012
  • 22

    Djuuuu, on a faillit l’avoir!!! ;-)

    Soundwave on mai 23rd, 2012

 

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