Le fourre-tout de Geouf

CineGeouf

mars 27th, 2012 at 8:38

Critiques en vrac 61: Wanderlust – John Carter – L’Ombre du Mal – Twilight 4 (1ere Partie)

Wanderlust

Résumé: En galère suite à la perte de leur emploi, George (Paul Rudd) et Linda (Jennifer Aniston) sont forcés d’aller habiter chez le frère de celui-ci en attendant des jours meilleurs. Epuisés par la longue route, ils s’arrêtent en chemin à Elysium, un étrange bed and breakfast tenu par une communauté de hippies, et passent une excellente nuit. Quelques jours plus tard, alors que les relations entre George et son frère sont des plus tendues, il propose à Linda de retourner s’installer à Elysium.

Réalisateur du très sympathique Les Grands Frères (Role Models) en 2008, David Wain revient cette année avec une comédie loufoque sur une très sympathique communauté de hippies modernes. A cette occasion, il rejoint l’écurie du roi de la comédie US, le génial Judd Apatow, et surtout il débauche la toujours craquante Jennifer Aniston, que l’on a de prime abord bien du mal à imaginer dans l’univers d’Apatow.

Comme de très nombreuses comédies, Wanderlust repose tout entier sur un choc de cultures : la rencontre entre un couple de Manhattan et une communauté hippie. En résulte une comédie assez enlevée et rythmée, jouant sur la difficulté d’adaptation de George et Linda à ce nouveau mode de vie. On rit souvent de bon cœur, et quelques idées savoureuses sortent le film de la routine : l’absence de portes dans la communauté, prompte à l’apparition de personnages à des moments inopportuns (notamment lorsque le pauvre George siège sur le trône), le vigneron naturiste (Joe Lo Truglio, qui exhibe fièrement son pénis à tout bout de champ, on est bien dans une production Apatow), ou encore l’étrange façon d’applaudir des membres de la communauté. Paul Rudd et Jennifer Aniston sont parfaitement à l’aise, même quand la belle doit se montrer topless pour les besoins d’une scène de protestation (ne vous réjouissez pas trop vite cependant, la scène est montrée via un reportage télé qui évidemment brouille les objets du délit…). Le reste du cast est tout aussi excellent, notamment Justin Theroux (Votre Majesté) en leader sans aucune idée des réalités modernes, ou la jolie Lauren Ambrose (la Claire de Six Feet under) en jeune femme enceinte.

Malheureusement, tout ce bel édifice finit par s’effondrer très vite dans la seconde partie du film, celui-ci finissant par retomber dans les pires travers des productions américaines. Comédie populaire oblige, les héros seront très vite obligés de rentrer dans le moule du couple américain classique. Pour ce faire, Wanderlust empile les clichés dépassés sur les hippies (le végétalien qui mange de la viande en cachette, le non violent qui prône l’amour libre mais convoite la femme du héros, les pratiques « naturelles » mais crades…) afin de bien montrer au spectateur lambda que bon, les hippies sont sympa, mais ce sont pas des gens très normaux. On ressort donc du film très agacé par ce soudain revirement qui le fait retomber très lourdement dans les rails du politiquement correct à l’américaine…

Note : 5/10

Etats-Unis, 2012
Réalisation : David Wain
Scénario : David Wain, Ken Marino
Avec : Jennifer Aniston, Paul Rudd, Justin Theroux, Malin Akerman, Joe Lo Truglio, Lauren Ambrose, Alan Alda

John Carter

Résumé: Ancien héros de la Guerre de Sécession, John Carter (Taylor Kitsch) se retrouve transporté sur la planète Mars après avoir abattu un étrange personnage dans une caverne d’Arizona. Capturé par les Tharks, une des races extraterrestres de la planète, intrigués par son habilité à effectuer des sauts de plusieurs mètres de hauteur (rendus possible par la gravité différente de la planète). Voulant juste retourner sur Terre, John Carter se retrouve rapidement au centre d’un conflit pour la survie de Mars…

Après Brad Bird et son excellent Mission Impossible Protocole Fantôme, c’est au tour d’un autre poulain de l’écurie Pixar de s’attaquer à la mise en scène d’un film live, Andrew Stanton. Pour son baptême du feu, le réalisateur de Wall-E a choisi de s’attaquer à une des plus célèbres arlésiennes du cinéma, l’adaptation du Cycle de Mars de l’écrivain Edgar Rice Burroughs (le créateur de Tarzan). Près de 70 ans après la parution des livres et un certain nombre de tentatives avortées, John Carter a donc fini par être porté à l’écran sous l’égide de Disney, qui tente là de créer sa propre licence de science-fiction.

Le principal problème de John Carter, c’est que les écrits de Burroughs ont inspiré au fil des décennies un nombre énorme de réalisateurs. Le film de Stanton a donc souvent des allures de best of du space opera, puisqu’on retrouve des scènes et idées déjà vues par exemple dans Star Wars ou dans Avatar. Néanmoins, cette limitation certaine n’empêche pas John Carter de proposer un certain nombre de surprises, à commencer par un scénario étonnamment dense. Parfois même un peu trop d’ailleurs, puisque le spectateur inattentif risque de se retrouver rapidement perdu entre les différentes factions en présence et leurs intérêts divergents, d’autant que le film, pensé comme le premier d’une plus longue saga, se garde bien de livrer toutes ses clés. Il en ressort du coup un sentiment assez étrange, John Carter oscillant souvent entre le brillant (le combat dans l’arène contre des sortes de singes géants, la découverte des « pouvoirs » du héros) et le kitsch un peu ridicule (le costume de guerrier de Carter, très Flash Gordon dans l’esprit), le complexe (l’étrange race des Therns, qui complotent dans l’ombre et influent sur la destinée de la planète pour une raison obscure) et les raccourcis scénaristiques faciles (John Carter qui apprend à piloter une moto volante en trente secondes).

John Carter regorge néanmoins de bonnes surprises, dont la moindre n’est pas l’interprétation de Taylor Kitsch, beaucoup plus charismatique que ce que la bande-annonce laissait présager. Son John Carter rappelle souvent le fameux Lieutenant Dunbar de Dance avec les Loups, à la fois tête brûlée et profondément humain, hanté par la mort de sa famille. La belle Lynn Collins est elle aussi tout à fait convaincante en princesse rebelle, et tient la dragée haute au héros. Le casting est idéalement complété par quelques solides interprètes, du toujours excellent Mark Strong au très bon Dominic West (excellent en bad guy dévoré par l’ambition), en passant par Willem Dafoe et Thomas Haden Church doublant les principaux Tharks.

Loin d’être parfait, John Carter est cependant un film attachant, proposant de nombreux morceaux de bravoure, dans un univers riche que l’on a envie d’explorer plus avant. Nul doute que la suite d’ores et déjà prévue se chargera de gommer les quelques scories de ce premier épisode sympathique.

Note : 7/10

USA, 2012
Réalisation : Andrew Stanton
Scénario : Andrew Stanton, Mark Andrews, Michael Chabon
Avec : Taylor Kitsch, Lynn Collins, Mark Strong, Dominic West, Willem Dafoe, Thomas Haden Church, Samantha Morton, James Purefoy, Ciaran Hinds

 

L’Ombre du Mal (The Raven)

Résumé: Baltimore, 1849. Alors que l’écrivain Edgar Allan Poe (John Cusack) peine à joindre les deux bouts, il est appelé par la police pour les aider à appréhender un tueur en série s’inspirant de ses récits. Lorsque la femme dont il est amoureux est enlevée par le tueur, Poe doit rapidement trouver un moyen d’arrêter celui-ci…

Projet original et alléchant sur le papier, L’Ombre du Mal (dans le genre titre français obscur et sans lien avec le film, on a rarement vu pire !) propose au spectateur de lever le voile sur les derniers jours du célèbre écrivain Edgar Poe, retrouvé dans un état critique sur un banc de Baltimore, prononçant des paroles incohérentes. A priori, ce nouveau film avait de sérieux atouts dans sa manche : un acteur principal talentueux (le toujours excellent John Cusack), un réalisateur correct (James McTeigue, réalisateur de V pour Vendetta) et un sujet en or permettant de mettre en image la plupart des récits de Poe dans un seul et même film.

L’Ombre du Mal commence d’ailleurs plutôt bien, avec une introduction présentant le premier meurtre du tueur, inspiré de Double Assassinat dans la Rue Morgue. L’ambiance est sombre, glauque et, chose étonnante, s’ouvre sur le meurtre d’une gamine de douze ans. McTeigue met rapidement en place son intrigue, introduit son personnage principal, et enchaine avec une autre mise à mort spectaculaire, inspirée cette fois du Puits et le Pendule.

Malheureusement, les choses se gâtent assez vite à partir du moment où le film introduit une histoire d’amour entre Poe et la fille d’un notable de la ville. Cette relation, censée sous-tendre l’intrigue (la jeune femme est enlevée par le tueur pour pousser l’écrivain à jouer avec lui), sonne totalement faux dès le début. Le film devient dès lors assez routinier, et on commence rapidement à s’ennuyer ferme. Il est évident que James McTeigue voudrait faire son From Hell, insistant sur l’ambiance poisseuse, recréant le personnage de l’inspecteur Aberline au travers de Poe (pour le côté romantique et accro) et de l’inspecteur de police l’accompagnant (pour le côté analyste génial). Malheureusement pour lui, son film est plus souvent plus proche du Vidocq de Pitof que de l’excellent thriller des frères Hughes. Si John Cusack est impeccable dans le rôle de Poe, alcoolique impénitent, poète de génie et homme d’esprit, Luke Evans (Immortels, Le Choc des Titans) est quant à lui d’une nullité abyssale dans le rôle de l’inspecteur Fields, cabotinant à outrance et hurlant ses répliques alors qu’il n’y a pas lieu. On passera pudiquement sous silence la prestation ridicule de Sam Hazeldine dans le rôle du tueur, vu que l’acteur ne s’est définitivement pas amélioré depuis le désastreux Sulfures.

Malgré un bon début et la prestation correcte de John Cusack, L’Ombre du Mal peine malheureusement à tenir ses promesses et à ne pas endormir le spectateur. Mieux vaut se revoir l’excellent C’était Demain de Nicholas Meyer qui, sur le même genre de sujet, fait beaucoup mieux…

Note: 5/10

USA, 2012
Réalisation : James McTeigue
Scénario : Ben Livingston, Hannah Shakespeare
Avec: John Cusack, Luke Evans, Alice Eve, Brendan Gleeson, Sam Hazeldine

Twilight – Chapitre 4: Révélation 1ère Partie (The Twilight Saga – Breaking Dawn Part 1)

Résumé: Après leur mariage, Edward (Robert Pattinson) et Bella (Kristen Stewart) partent en lune de miel sur une île privée. Sur place, ils finissent enfin par consommer leur union. Seul problème : suite à ce rapport, Bella tombe enceinte d’un fœtus se développant à vitesse grand V.

Les gens lisant ce blog doivent certainement se demander pourquoi, après trois épisodes insupportables, je me suis une fois de plus forcé à regarder le nouvel opus de la saga Twilight. Certainement pas par masochisme, mais tout de même par curiosité, histoire de voir si dans sa dernière ligne droite le récit allait s’emballer un peu. Et puis, comme pour l’épisode 3, j’avoue avoir été séduit par le nom du réalisateur attaché au projet, Bill Condon, metteur en scène de l’acclamé Ni Dieux ni Démons. Bien évidemment, j’aurais dû une fois de plus flairer l’arnaque, surtout à l’annonce de la scission en deux épisodes du dernier volume, histoire de faire un peu plus de fric sur le dos des ados fans des bouquins.

La principale caractéristique de cet avant dernier épisode est donc sa lenteur lénifiante, vu que scénariste et réalisateur tentent tant bien que mal de meubler en déroulant une histoire qui aurait très bien pu être présentée en une heure. On assiste donc à tous les préparatifs du mariage, puis à la très longue lune de miel des tourtereaux (avec la fameuse scène de sexe tant attendue, qui bien entendu se révèle prude au possible) avant qu’il commence à se passer quelque chose. A ce moment-là, déjà une heure de film s’est écoulée, et le spectateur normalement constitué à déjà lâché l’affaire. On espère alors que le rythme va s’emballer un peu, mais il n’en est rien, la seconde moitié du film étant tout autant mollassonne. Les personnages papotent tranquillement en marmonnant (une des marques de fabrique de la série, tous les personnages parlent dans leur barbe) alors que Bella dépérit à petit feu en refusant d’avorter (forcément, dans une histoire écrite par une mormone, ça ferait tâche s’il y avait un message pro IVG). Ah, si, on a droit à un court affrontement de deux minutes entre les loups numériques et les vampires qui grimpent aux arbres, un summum de ridicule (mais tout de même moins que la scène dans laquelle les loups discutent avec des voix synthétiques, un monument de comique involontaire)…

Pattinson, toujours pas gâté par son maquillage ridicule, prend un air concerné, Taylor Lautner fronce des sourcils pour montrer qu’il n’est pas content, et Stewart fait ce qu’elle peut avec un rôle toujours aussi peu développé (réussissant tout de même à faire sourire dans les scènes de lune de miel, où la jeune femme tente de convaincre son mari de lui faire l’amour). Les personnages secondaires sont toujours aussi peu développés, notamment le père de Bella, rapidement évincé du récit, et les amis de lycée de celle-ci, totalement transparents. On retiendra tout de même une scène de cauchemar en début de film assez réussie, ainsi que la scène d’accouchement, dérangeante à souhait malgré son côté elliptique, qui rappelle parfois un certain type de cinéma déviant (Grace, Le Monstre est Vivant). Le maquillage de Bella à mesure que le bébé grossit et lui pompe son énergie est d’ailleurs lui aussi très réussi. C’est très peu, mais on ne peut pas franchement dire que ce soit une surprise, vu que c’est comme ça depuis le début de la série…

Encore plus que les précédents opus, ce quatrième épisode de Twilight peine à impliquer son audience dans une histoire toujours aussi lénifiante, ici diluée à outrance pour justifier la mise en chantier d’un cinquième film. Si vous n’êtes pas une ado de 13 ans, vous pouvez passer votre chemin…

Note : 3/10

USA, 2011
Réalisation : Bill Condon
Scénario : Melissa Rosenberg
Avec : Robert Pattinson, Kristen Stewart, Taylor Lautner, Billy Burke

 

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