Pour commencer l’année 2012 en force, j’avais envie de parler casseroles. J’ai donc réuni pour votre plus grand plaisir deux célèbres ratés du maestro italien
Mother of Tears (La terza madre – 2007)
Ca y est, j’ai enfin vu le tant redouté Mother of Tears, quatre années après sa sortie. Me voilà donc le cul entre deux chaises. D’un côté c’est un film d’Argento tout de même, qui est censé clore Suspiria & Inferno et qui en plus bénéficie de la présence de sa fille Asia. De l’autre, les critiques étant tellement épouvantables partout partout, je me dis que ça va être un dur moment à passer. Pas le simple fait de voir un mauvais film, mais de voir un mauvais film de Dario Argento, qui était censé être bien (The Card Player est mauvais, mais on en attendait rien, finalement). C’est là que ça devient très difficile de parler d’un tel film. J’en veux pour preuve un gaillard d’imdb, un américain qui n’avait vu qu’un seul film d’Argento auparavant, qui a mis un vaillant 9/10, tout content de voir des choses différentes du cinéma d’horreur ricain.
Et je ne peux pas lui donner tort, en soit Mother of Tears a clairement sa griffe européenne, même si quelques effets digitaux mal venus me contredisent un chouïa (la porte déformée par un démon digital, ben Dario mon cochon… L’inspiration est à sec?). Le générique de début est d’ailleurs prometteur, la musique du fidèle Simonetti est pas trop mal, et un nom attire particulièrement mon attention: Sergio Stivaletti. Ca veut dire que les effets spéciaux seront bien crapotteux et réussis (comme Démons, quoi…). Et c’est effectivement le cas, il ne faut pas attendre très longtemps pour voir un premier meurtre assez gratiné. Le personnage d’Asia en sera témoin, et ce sera le début d’une fuite jusqu’au finish. Jusque là, ca va encore. Asia assure le strict minimum (et puis, c’est Asia… A l’instar de Charlotte Gainsbourg dans Prête-moi ta main, « Elle pourrait chier sur la table qu’on dirait « Oh elle a bien mangé » ^^), et on ne s’ennuie pas vraiment.
Et puis viennent les premiers parasites. Les personnages masculins sont épouvantables de non-charisme. Ca arrive souvent dans un Argento, pour ne pas dire à chaque fois, mais d’ordinaire il n’y en a qu’un seul. Ici, c’est carrément deux, un flic et son amant (à Asia, pas le flic! ^^), et c’est franchement un de trop (sans oublier le passage avec Udo Kier, qui cabotine à un niveau rarement atteint). Ensuite, des sorcières du monde entier débarquent à Rome pour dire coucou à Mater Lachrymarum, la dernière des trois mères qui est de retour. Alors, de un, ces sorcières ressemblent à des vulgaires putes, où encore à des adolescentes attardées qui éructent des insanités en pleine rue (des ados normales, quoi…
). Et de deux, mais qu’est ce que Dario a été me chercher pour incarner la fameuse Mother? Un bête top model qui essaie vainement d’être effrayante. Pour un rôle aussi capital, c’est quand même bien dommage de se contenter de ça! Je crois que le plus gros défaut du film est clairement ce manque de motivation, qui donne constamment l’impression d’assister à un baclâge en bonne et due forme. De bonnes idées de départ, mais qui ne donnent rien au final (Asia en sorcière blanche. Super, excellent, mais à part se rendre invisible, et attraper une lance qui traînait par là comme par hasard, ben, c’est pas vraiment exploité). Au final, ce n’est pas si mauvais que ça dans ma grande bonté, mais il y a vraiment trop de défauts qui se greffent au film par ci par là. A part les effets de maquillage irréprochables (bravo Sergio!), le reste sombrera dans l’oubli bien assez vite. Snif.
Verdict: 4/10
Giallo (2009)
Visiblement, c’est très difficile de vieillir pour un artiste. A la manière d’un Ken Russell sur Le Repaire du Ver Blanc, on dirait que passé un certain âge, l’artiste a du mal à séparer le bon grain de l’ivraie, l’idée de génie du machin complétement ridicule. Si La terza madre montrait déjà des signes avant-coureurs, avec Giallo, c’est tellement prononcé que ça ne peut pas être un accident. Là, Argento crache carrément à la gueule de ses fans, c’est pas possible autrement. La trame principale n’est pas honteuse, même si guère originale: un tueur en série kidnappe de jolies femmes pour les enlaidir et les tuer. La dernière kidnappée est la soeur de l’héroïne (Emmanuelle Seigner), qui va se faire aider par un flic italo-américain (Adrien Brody), déjà sur l’affaire depuis pas mal de temps. Et dans l’ensemble, les scènes de torture, la traque, etc, ça passe encore. Par contre, et là, je vais être obligé de spoiler un petit peu jusqu’à la fin (non, je ne vais pas révéler l’identité du tueur, rassurez-vous), car c’est très difficile d’évoquer ce film sans parler de cette grossière manipulation dont le spectateur va faire les frais. Je ne fais que des suppositions, mais là, il me semble que papa Argento en a ras la patate, du giallo! Bon, d’un côté, je le comprends, les critiques de ces derniers films n’ont pas du lui faire plaisir:
- Bon, Dario, pas terrible, tes précédents films, là… Quand est-ce que tu nous refais un bon petit giallo de la bonne époque, là?
- Ma va fan culo, tou m’emmerdeux avec tes gialli dé merde, là!! Capisci?!? (Ajoutez à la scène d’immenses bras qui virevoltent dans l’air!)
Et là, papa Dario a une illumination… Dans sa tête, il se dit « Mais oui, je la tiens ma vengeance!! »
Alors, pour ceux qui l’ont oublié, Giallo, ca veut dire jaune. Pour ceux qui ont vraiment une mémoire de poisson rouge, c’est le titre du film. Evidemment, le fan naïf va croire qu’Argento veut nous pondre le giallo ultime, cela va sans dire. Mais non, pas du tout. Il nous jette plutôt à la face un retournement de situation à se rouler par terre: le tueur est… jaune… Il a la peau jaune, bordel de merde! D’où le titre…
Foutage de gueule intégral! Avec en prime le trauma du tueur où on entend des voix d’enfants: « Il est jauneuh, il est jauneuh, il est jauneuh… ». Sans compter que sa voix française est un pur régal, on dirait la marionnette des guignols de Sly! Je ne sais pas ce que ça donne en VO, à la limite, je ne veux même pas le savoir. A noter que ce film est le seul de Dario qui a du avoir l’honneur d’être cité dans le Ciné-Télé-Revue, mais c’était pas pour le film, c’était parce qu’Adrien Brody a du batailler ferme pendant des mois pour toucher son salaire! Rutger, te voilà prévenu pour Dracula 3D!
Verdict: 3/10 (au moins 2 points pour le « courage » de Dario: « Ah vous voulez du giallo? Hé bé vous allez en avoir!! » Giallo 2 sera surement une adaptation live des Simpsons…)
Soundwave
PS: mes anciennes bafouilles sont réunies sur http://soundwavebe.blogspot.com/. Rien de neuf, c’est plus de l’archivage. Bien remis à jour pour Dina Meyer, tout de même. ^^







Alors bon, je veux bien que tu sois fan de Dario et que du coup tu ais un regard un peu biaise, mais la il me semble que tu oublies un truc essentiel de Mother of Tears (pas encore ose regarder Giallo): le cote nanaresque de l’ensemble !
Parce que bon, entre le singe tueur, l’apocalypse ou trois peles un tondu se foutent sur la gueule, les sorcieres putes qui jettent une poupee dans la riviere (oui, je sais, c’est cense etre un bebe, mais l’effet est tellement rate qu’on voit bien que c’est une poupee cheap), ben on touche bien le fond. Et n’oublions pas Asia qui se rend invisible en arretant de bouger (genre elle joue a 1,2,3 soleil) et Udo Kier qui cabotine comme un gros sale. Moi j’etais perso entre le rire franc et les larmes de frustration tout du long…
Un peu biaisé? Complétement, tu veux dire… ^^
D’accord pour le côté nanaresque, qu’inconsciemment je n’ai pas pu parler. ^^ C’est vrai que la fameuse apocalypse à trois personnes est très très drôle. C’est là que tu te rends compte « Mais c’est un tout petit budget, ma parole!! ».
Par contre, et là, c’est un oubli majeur car en voyant le film, c’est un truc que je me disais « Ah oui, ça il faut que j’en parle sur le blog », et puis j’ai oublié, mais ça concerne le singe tueur. Crois-le ou non, mais cette saloperie ma filé deux trois frissons. Je trouvais cela nanaresque aussi la première seconde et puis paf, le petit frisson quand il cherche après Asia. Je me suis dit « saligaud de Dario, il arrive à m’effrayer avec un p’tit singe de merde, nom d’une pipe… ». Il faut dire que j’ai un lourd passif avec les singes, Link, Shakma, Incident de parcours, tout ça…
C’est tellement bon de commencer la nouvelle année avec des petits plaisirs coupables
Plus sérieusement il me semble impossible de regarder les deux films cités autrement qu’avec un regard détaché et moqueur. Le plaisir du navet l’emporte sur le reste et c’est même le seul et unique moyen de prendre du plaisir devant Mother of tears et Giallo. Tout autre regard donne au mieux envie de pleurer , au pire envie de se pendre devant le manque de respect de Dario Argento vis à vis de son œuvre et de ses fans.