Le fourre-tout de Geouf

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juin 6th, 2010 at 21:19

Lost – Saison 6

Le 23 mai dernier, ABC a diffusé l’ultime épisode de la série culte des années 2000. La fin de six ans de galères pour les rescapés du vol Oceanic 815, et l’occasion pour les fans d’obtenir enfin les réponses tant attendues à leurs multiples questions. Une saison cruciale pour prouver au monde que les créateurs de la série ne se sont pas amusés à balader le public au gré de leurs fantaisie, mais qu’ils savaient bien où ils allaient, comme ils l’affirmaient depuis le début. Alors, au final, pari tenu ?

Avant de commencer, un petit avertissement. Cet article tente autant que possible d’éviter les spoilers, mais il est tout de même conseillé aux personnes n’ayant pas encore vu la saison et désirant conserver la surprise intacte de passer leur chemin…

La saison 6 s’ouvre sous les meilleurs auspices, sur un double épisode haletant s’intéressant bien évidemment aux conséquences du coup de poker tenté par Jack dans le final de la saison précédente. Un épisode rythmé, extrêmement émouvant (on y assiste à la mort déchirante d’un personnage) et délivrant son lot de révélations (sur la nature du monstre de fumée noire notamment) et de mystères (les « flashs-sideways » montrant un univers alternatif dans lequel l’île aurait été détruite et par conséquent le vol Oceanic 815 ne se serait pas crashé). Les quelques épisodes suivants continuent sur le même rythme soutenu, et on commence enfin à comprendre un certain nombre de choses (notamment sur le rôle de Jacob et la mystérieuse résurrection de Locke), le suspense étant de plus largement entretenu par les fameux flashs-sideways. Une idée originale et puissante, surtout lorsque les personnages commencent à se reconnaitre dans la réalité alternative et à se souvenir de l’existence qu’ils n’ont a priori pas vécue. Un bon moyen aussi de maintenir la pression, surtout lorsque les aventures des héros sur l’ile commencent un peu à tourner en rond.

Car le léger défaut de cette saison, c’est finalement de simplifier à l’extrême une histoire qu’on espérait un chouia plus complexe qu’une « banale » histoire de lutte du Bien contre le Mal. Une orientation un peu décevante il faut avouer, qui fait que cette saison se résume assez vite à une scission entre deux groupes antagonistes tentant de parvenir à divers endroits de l’ile avant l’autre, ce qui peut vite lasser. Heureusement les scénaristes n’ont pas été totalement manichéens, et tout n’est pas seulement noir et blanc, comme le montrent certains épisodes sur le passé de Jacob. De plus, ils ont suffisamment de bouteille pour garder le spectateur accro jusqu’à la fin, grâce à de nombreuses trahisons et retournements de situation, de nouveaux éclairages sur certains protagonistes phares (le magnifique épisode Ab Aeterno dévoilant l’histoire tragique de Richard Alpert), voire des sacrifices déchirants (on versera plus d’une fois sa petite larme). Et puis comme dans toute ultime saison qui se respecte, cette saison 6 est l’occasion de faire revenir un certain nombres de protagonistes, qu’ils soient décédés ou non : Claire, Libby, Michael, Desmond, etc.

Maintenant, passons au final de la série, qui a fait tant couler d’encre parmi les fans et les a totalement divisés. Grosse arnaque pour les uns, parfaite conclusion au show pour les autres, une chose est sûre, cette fin fera encore parler d’elle pendant de longues années. Sans vouloir trop en dévoiler, il faut avouer que ce dernier épisode peut laisser perplexe. Pas forcément sur les points habituellement avancés, comme l’absence de réponse à tous les mystères du show (les créateurs avaient prévenu qu’il en serait ainsi), mais plutôt sur certains raccourcis venant remettre en question tout ce que la saison 6 avait tenté d’établir. On ne comprendra par exemple jamais vraiment pourquoi l’Homme en Noir devait absolument rester sur l’île, vu qu’il était présenté au début comme l’incarnation du Mal absolu, jusqu’à ce que l’épisode Across the Sea ne vienne infirmer cette hypothèse, et même donner une explication totalement différente sur le rôle de l’île. Un revirement un peu gênant, mais qui n’est pas le point d’achoppe principal qui divise les foules. Non, ce qui a fait le plus grincer des dents (et c’est compréhensible), c’est plutôt la résolution de l’énigme des fameux flashs-sideways. Sans trop vouloir en dévoiler, disons juste que le final de la série est entièrement centré sur ceux-ci, mais que malheureusement la solution n’est pas vraiment à la hauteur du mystère soulevé. Le plus dérangeant, c’est surtout qu’au final on s’aperçoit que ces flashs-sideways n’avaient absolument aucun lien avec la trame principale et les mystères de l’île, d’où un léger arrière-goût de duperie qui reste après visionnage de cet épisode. Cependant, on appréciera tout de même la tournure plus émotionnelle que réflexive prise par ce final, certes un peu facile, mais qui permet de dire adieu aux personnages de façon très émouvante.

Un final en demi-teinte, donc, mais qui heureusement ne viendra pas gâcher le plaisir ressenti au cours des années à suivre les aventures des rescapés du vol Oceanic 815. Lost restera donc malgré tout une grande série qui aura marqué durablement les années 2000 de son empreinte.

Note saison 6 : 7/10

Note globale série : 8/10

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4
  • 1

    Fan de la 1ere heure, je fais partie des (méga) déçu++

    Mais au-dela de çà et plutôt que de balancer des tonnes d’insultes aux auteurs (purée ceux-la…), J’ai surtout envie de gueuler après un système.

    Car j’ai beau tourner/virer je n’arrive pas à chasser l’idée que, comme beaucoup de séries et de films, LOST est tombé sous la loi du « so-called » marketing; Et comme souvent dans ce cas, pour vendre le plus de fois possible un truc qui plait on tombe très vite dans la facilité et encore plus vite dans l’arnaque.

    LOST est, selon moi, à ranger au Panthéon des séries géniales qui ont sombrés dans la facilité voire le foutage de gueule (remember X-FILES…)

    They come, they fight, they destroy, they corrupt…
    « Smockey » avait déjà tout compris !

    stef13013 on juin 10th, 2010
  • 2

    Je ne suis pas sur que ce soit le cas de Lost. A mon avis, les scenaristes sont sinceres quand ils disent que c’est la fin qu’ils avaient prevue. Certes, c’est une fin un peu decevante, mais pour moi, c’est le voyage qui etait important. C’est la meme chose avec X-Files: les deux dernieres saisons sont un foutoir pas possible (surtout la saison 9) et la fin est mollassonne, mais la serie est restee passionnante a suivre et possede des bijoux tout simplement exceptionnels.
    Donc oui, le gere deception, mais je me referai certainement l’integrale avec plaisir.

    Geouf on juin 11th, 2010
  • 3

    Enfin un avis qui abonde dans mon sens.
    Merci à toi Geouf.

    Certes, ce n’était pas parfait. Mes attentes n’ont pas été (toutes) comblées mais pas non plus ignorées. J’y ai trouvé mon compte, et moi aussi je me prévois une intégrale prochainement.

    De par beaucoup d’aspects, la narration entre autres, cette sérié est un must. Mieux, un culte.

    Shyrka on juin 21st, 2010
  • 4

    De rien, Shyrka, je suis aussi content de voir que je ne suis pas le seul a avoir tout de meme aime ce final. Dans le genre, je te conseille vivement le dossier de l’Ouvreuse sur le sujet:
    http://louvreuse.net/serie-tv/lost-1ere-partie.html

    Geouf on juin 23rd, 2010

 

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