Le fourre-tout de Geouf

CineGeouf

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décembre 21st, 2009 at 20:48

Avatar de James Cameron

L’un des problèmes dans le fait d’être cinéphile et de rédiger un blog de critiques, c’est que parfois on sur-analyse les films, quitte à oublier la première fonction du cinéma : faire s’évader le spectateur. Mais heureusement, il existe des cinéastes comme James Cameron qui vous rappellent de temps en temps pourquoi vous êtes fan de cinéma. Par exemple en vous balançant en pleine figure une aventure épique de 2h40 vous transportant dans un nouveau monde et vous faisant monter les larmes aux yeux 15 fois durant la séance. Alors par avance, désolé si cette critique n’est pas rigoureuse ou ne décortique pas le film en long en large et en travers. C’est juste qu’un film comme Avatar se vit plus qu’il ne se raconte ou s’analyse.

En soi, l’histoire racontée par James Cameron n’a rien d’extraordinaire ni de révolutionnaire, et c’est d’ailleurs là-dessus que ses détracteurs l’attaquent principalement. On est en effet devant une version science fictionnelle de Pocahontas mixée avec Danse avec les Loups. En clair, rien de bien novateur, d’autant que la plupart des péripéties du film sont prévisibles. Entre les mains d’un réalisateur lambda, cela aurait donné un blockbuster vu et oublié dans les cinq minutes. Sauf que James Cameron n’est pas un réalisateur lambda. Son but n’est pas seulement de raconter une histoire, mais bien de la faire vivre au spectateur. Et c’est là qu’Avatar révèle toute son ampleur, dans l’implication émotionnelle sans précédent du public dans les aventures de Jake Sully et dans la découverte de la planète Pandora. Rarement (voire même jamais) un film n’aura autant émerveillé. La performance technique est hallucinante, que ce soit au niveau de la faune et de la flore de Pandora, ou de la création du peuple Na’vi. Tout a l’air VRAI, on ne doute pas une seule seconde de l’existence des Na’vi, ni de celle de leur âme. L’image de synthèse s’est enfin affranchie de ses derniers défauts (notamment les regards vides et désincarnés)  pour proposer de vrais personnages auxquels on peut enfin s’attacher. Les Na’vi vivent et respirent sous nos yeux éblouis, on prend fait et cause pour eux sans hésiter, on a envie de les connaître plus, et comme Jake Sully, on tombe instantanément amoureux de la belle Neytiri. Du coup, comme le héros de l’histoire, on redevient un enfant s’émerveillant de la splendeur de Pandora, avide de découvrir toute la beauté qu’elle recèle. Et parfois, on en vient même à avoir la gorge serrée et les larmes aux yeux devant la beauté des images et leur portée spirituelle.

C’est là le second coup de maître de Cameron qui, sous couvert d’une histoire simple mais universelle (amour, guerre, trahison) et de belles images, parvient à toucher quelque chose de profondément enfoui en chacun de nous. Et c’est réellement une prouesse que peu de réalisateurs peuvent se targuer de réussir, s’approcher au plus près de l’âme et du cœur du public pour lui faire partager cette aventure inoubliable. On rit, on pleure, on s’émeut, on veut rejoindre Jake Sully sur cette planète et découvrir ce monde à ces côtés, on ressent physiquement la sensation de manque du personnage lorsqu’il quitte son avatar. Cameron touche à quelque chose de profond, un instinct enfoui en chacun de nous qui fait que l’on comprend et accepte instinctivement la culture des Na’vi.

Le scénario limpide (mais pas simpliste) du Maître brasse nombre de thèmes fondamentaux qui font d’Avatar un film bien plus riche qu’il n’y parait. On pense au cinéma de Miyazaki dans la peinture de ce peuple connecté à la nature, à l’anti militarisme d’un Starship Troopers (les personnes voyant dans le film une énième apologie de l’Amérique triomphante sont clairement à côté de la plaque), mais sans que ces références ne viennent parasiter l’histoire. L’alchimie du film est tout simplement parfaite, que ce soient les acteurs, les effets spéciaux, le scénario, la réalisation, tout est là. Et le visionnage en IMAX apporte une immersion telle que quand les lumières se rallument on n’a qu’une envie : retourner sur Pandora.

Cameron a définitivement réussi son pari : imprimer la rétine avec des scènes juste inoubliables, remplir la tête d’images sublimes et de thématiques essentielles, tout en proposant un grand spectacle populaire. On appelle ça un chef d’œuvre, et ça fait fichtrement du bien. Le seul problème, c’est que les autres films de l’année paraissent maintenant bien fades en comparaison…

Note : 10/10

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8
  • 1

    Héhé, suis allé le voir hier soir sur Lyon.
    Alors… tout à fait conquis par l’esthétisme du film qui est magnifique, les personnages Na’vi sont super expressifs, travail sensationnel à ce niveau là, le monde développé est magnifique aussi.
    En revanche, plusieurs choses m’ont un peu déplu, entre autre le personnage caricatural et énervant à souhait du colonel, un scénario pas forcément super original (dommage comparé à la splendeur esthétique développée dans ce film).
    Pour résumé, pour moi très grosse réussite visuelle, par contre petite déception au niveau de l’histoire, même si comme tu l’as souligné, pas mal de passages au niveau des réactions et sentiments de Sully sont bien développés.

    Pip on décembre 22nd, 2009
  • 2

    Oui, le scenario n’est pas tres original, mais cela ne l’empeche pas d’etre riche, meme si sa richesse ne passe pas par de longs dialogues. Cameron en envoit quand meme plein la gueule a l’espece humaine, et aux Americains en particulier avec ses references a la guerre en Irak, aux massacre des indiens d’Amerique, il developpe une mythologie et un univers riche (le fait que tout soit connecte sur Pandora), et des personnages forts (meme si les personnages secondaires seront surement mieux developpes dans la version longue de 3h10). Et puis perso, c’est la premiere fois que je vois un film dans lequel un personnage embrasse totalement les croyances d’une autre race, au point d’abandonner son enveloppe charnelle pour integrer celle de la race en question. C’est une idee assez extreme, mais qui pourtant ne choque pas du tout a l’ecran.

    Geouf on décembre 22nd, 2009
  • 3

    Avatar était mon p’tit cadeau de noël perso,un allez retour sur Paris plus le prix de la place….. Mais putain j’en ai eu pour mon argent.
    Effectivement le film est sans doute bourré de défauts comme des personnages trop caricaturaux (gentil sientifiques, méchants militaires), le récit est super basique même si Cameron y glisse de nombreux sous texte passionnant(d’un point de vu cinematographique le film parle aussi de la liberte des personnages de synthèse par rapport à la pesanteur des humains), la musique d’Horner flirte souvent avec celle de Titanic mais tout celà est balayé par la puissance majestueuse d’un spectacle absolulment FABULEUX.
    C’était ma toute première expérience de film en 3D et franchement je suis rester sur le cul. Cameron réussit (sans mauvais jeu de mots) à donner une dimension et une profondeur absolument fabuleuse à des plans qu’on a pourtant l’impression d’avoir déjà vu mille fois. J’avais juste les larmes aux yeux devant un tel spectacle, le plan avec les Na’vi quittant leur village détruit par le feu est superbe et celui du colonel s’ejectant du vaisseau qui explose à bord d’un robot est juste un moment de pur jouissance pour tout fan de Science fiction.
    Cameron vient juste pour moi de réinventer le plaisir du cinéma en salles et du coup toute analyse critique et objective devient vraiment difficile devant le pied monstrueux que l’on prend devant un tel spectacle.
    Niveau plaisir pour moi c’est du 15/10

    freddy k on décembre 28th, 2009
  • 4

    Je ne peux qu’être d’accord avec ton avis, FreddyK, ayant ressenti les mêmes choses que toi à la vision du film. J’ai eu aussi les larmes aux yeux à plusieurs reprises (notamment lors de la cérémonie d’acceptation de Jake Sully, ou de la tentative de résurrection du personnage de Sigourney Weaver) et j’ai pris un pied phénoménal devant ce film.

    Geouf on décembre 28th, 2009
  • 5

    A mon grand étonnement, Avatar est finalement un assez bon film.
    Malgré de gros défauts, des images par moment assez hideuses (à mes yeux) et des scènes très clichés et trop prévisibles, le film se laisse regarder tranquillement (passé les 30 premières minutes tréééés longues !) et nous tient en haleine grace à son rythme élevé dans sa dernière partie.
    Dommage que James Cameron ne soit pas adepte d’un cinéma plus subtil et moins tapageur (il va finir par ressembler au sieur Emmrich avec le temps ) ce qui aurait donné à son film une toute autre dimension…
    Seul véritable élément de surprise, Sigourney Weawer fumant (des cigarettes seulement faut pas exagérer non plus) dans de nombreuses scènes, pour un film avec un tel budget et destiné à un très large public, c’est très plaisant.
    Probablement dans mon top 30 de 2009.

    PS : côté émotion par-contre je n’ai pas ressenti grand chose.

    Celticxoan on janvier 29th, 2010
  • 6

    Celticxoan,as tu vu le film en 3D ??
    Je sais je reviens toujours à cette simple question mais je pense vraiment que celà change assez radicalement la vision du film et lui donne une toute autre dimension.
    La 3D ne change pas l’histoire ni la psychologie des personnages mais elle s’inscrit totalement dans le récit d’Avatar.
    Je pense par exemple que le début est assez tranquille pour vraiment faire décoller le film lorsque Jake retrouve ses jambes.
    Concernant les images hideuses peut être parle tu de Pandora (??) Là encore Cameron semble avoir choisit de contraster l’univers des hommes assez froid et monochrome avec celui de Pandora volontairement hyper coloré (Les lunettes 3D aténuant pas mal les couleurs).
    Concernant l’émotion elle est à mes yeux tellement lié encore une fois à la profondeur de champs de certaines scènes que je n’arrive pas à la dissocier de l’utilisation de la 3D qui te plonge vraiment au coeur de l’action et de l’émotion. Ce que l’on ressent venant pour beaucoup du plaisir totale à être immergé dans un tel univers…
    Après si j’avais vu le film plus à plat je serais peut être partiellement d’accord avec toi, je ne sais pas et bizarrement je ne suis pas pressé du tout de revoir Avatar de façon classique.

    Freddy K on janvier 29th, 2010
  • 7

    Des images hideuses? J’avoue que là j’ai du mal à être d’accord, tant pour moi ce film est d’une beauté hallucinante.
    Pour ce qui est des émotions, je rejoins FreddyK, la 3D y est pour beaucoup, elle permet d’être totalement impliqué dans le film.
    Enfin, concernant la subtilité, je pense qu’Avatar est beaucoup plus subtil qu’il n’y parait. Il possède de nombreux niveaux de lecture (tout comme les autres films de Cameron, mis à part True Lies) mais qui passent surtout par l’image. Et comparer Cameron à Emmerich c’est très mal ! Je te renvoie à une excellente analyse du film sur le site l’ouvreuse, qui donne un aperçu de quelques pistes sur le film.
    http://louvreuse.net/Analyse/avatar.html

    Personnellement, je suis en train de me tâter quant au fait d’y retourner une 3e fois…

    Geouf on janvier 29th, 2010
  • 8

    Un film révolutionnaire qui fera certainement date dans l’histoire du cinéma. Tout comme l’odysée de l’espace l’a fait, Avatar révolutionne la science-fiction mais marque également un nouveau départ pour la cinématographie. Sur ce, avatar est un petit bijoux qu’il faut savoir apprécier tel un voyageur qui découvre de nouveau paysage. Je conçois que ceux qui ne savent ( malheureusement ) pas se transporter, puissent trouver le film décevant, le scénario est certes classique. La morale est également un peu trop poussée. Seulement on ne peut qu’oublier ces 2 lacunes devant tant de beauté visuelle. Un moment féérique.

    Proverbe on janvier 30th, 2010

 

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