Le fourre-tout de Geouf

CineGeouf

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septembre 5th, 2009 at 20:39

Funny People de Judd Apatow

USA, 2009
Réalisation: Judd Apatow
Scenario: Judd Apatow
Avec: Adam Sandler, Seth Rogen, Leslie Mann, Eric Bana, Jonah Hill, Jason Schwartzman

Résumé: Comique renommé, George Simmons (Adam Sandler) mène apparemment une vie de rêve: il possède une gigantesque maison à Los Angeles, couche avec toutes les femmes qu’il désire, ses films cartonnent… Mais le jour où son médecin lui apprend qu’il est atteint d’une forme très rare de leucémie quasi incurable, George s’aperçoit qu’il n’a peut-être pas fait les meilleurs choix dans la vie. Il décide donc de recontacter son amour de jeunesse, Laura (Leslie Mann), tout en revenant aux spectacles d’improvisation qui ont fait sa renommée. C’est au cours d’une de ces improvisations qu’il rencontre Ira Wright (Seth Rogen), un jeune homme bien décidé à percer dans le métier. Convaincu du potentiel d’Ira, et afin de tromper sa solitude, George le prend comme assistant.

Roi de la nouvelle vague comique américaine, producteur et scénariste de génie, Judd Apatow est aussi un très bon réalisateur, comme il l’a déjà prouvé en livrant les excellents 40 Ans, toujours Puceau et En Cloque, Mode d’Emploi. Deux ans après son dernier essai, sort enfin son nouveau bébé en tant que réalisateur, Funny People. Avec ce troisième opus, Apatow continue sa dissection de la psyché masculine, sujet sur lequel il excelle. Apres les premiers émois sexuels dans 40 Ans toujours Puceau et le stress de la paternité dans En Cloque Mode d’Emploi, il s’attaque cette fois-ci logiquement à la crise de la quarantaine. Et comme toujours, il choisit d’aborder son sujet à travers un personnage d’ado attardé refusant de vieillir, personnifié cette fois par Adam Sandler. Tous deux s’étaient déjà croisés à de nombreuses reprises, notamment lorsqu’Apatow avait écrit l’excellent Rien que pour vos Cheveux pour Sandler, mais c’est la première fois que le réalisateur dirige le comédien. Et il lui offre un très beau rôle, peut-être le meilleur de sa carrière. Dans la peau de cette star solitaire et égoïste cherchant quelqu’un à qui se raccrocher alors qu’il a repoussé tous ses proches, Sandler est excellent et fait montre d’une très grande justesse de jeu. De quoi faire taire tous ses détracteurs ne voyant en lui qu’un comique lourdingue star de comédies américaines débiles. A ce propos, le film se permet une hilarante mise en abime de la carrière de Sandler, son alter ego George Simmons s’étant comme lui fourvoyé dans quelques gros navets bien puants (on appréciera au passage les cameos d’Owen Wilson ou Justin Long, dans les extraits ou sur les affiches des films en question). Aux côtés de Sandler, on retrouve l’acteur fétiche d’Apatow, le génial Seth Rogen, dans son rôle habituel de bon copain pas finaud mais avec un cœur d’or. Mais encore une fois, le réalisateur a la bonne idée de jouer de cette image (Ira base la plupart de ses sketches sur le fait qu’il n’est qu’un mec banal) et proposer un personnage beaucoup plus fouillé qu’il n’y parait, sorte de Jiminy Cricket humain de George Simmons. Autour d’eux gravitent aussi énormément d’acteurs de la sphère Apatow : Jonah Hill, Jason Shwatzman (excellent en acteur raté star d’une sitcom ringarde), Leslie Mann… Une solide troupe complétée par la présence d’Eric Bana, inattendue dans ce genre de film, qui n’hésite pas à tourner en dérision ses origines australiennes.

Encore plus que les deux précédentes réalisations d’Apatow, Funny People propose des personnages extrêmement crédible et humains, qu’il est difficile de lâcher une fois le film terminé. George Simmons reste quasiment jusqu’à la fin du film un sale égoïste ne pensant qu’à son propre bonheur en se fichant totalement des conséquences de ses actes sur la vie des personnes qui l’entourent. Il se sert d’Ira et le jette lorsque celui-ci tente de l’empêcher de commettre une erreur irréparable, il séduit son ex petite amie au mépris de la vie de famille de celle-ci, il refuse d’annoncer sa guérison pour conserver l’affection des gens, bref, il ne pense qu’à lui. Mais étonnamment, on ne peut s’empêcher de se prendre petit à petit d’affection pour lui et de le prendre en pitié. Et c’est ça toute la magie du film, réussir, grâce à son rythme volontairement lent et à ses petites scènes anodines (le job basique d’Ira, le diner de Thanksgiving qui rappellera certainement des souvenirs à de nombreuses personnes, les retrouvailles entre George et sa sœur…) à nous émouvoir et nous donner envie de faire ce voyage avec ces personnages. Seule la partie romantique est légèrement ratée et arrive un peu comme un cheveu sur la soupe, mais on saura gré à Apatow de ne pas être tombé dans la facilite consistant à faire du personnage d’Eric Bana un immonde salaud pour justifier la romance entre Leslie Mann et Adam Sandler.

Néanmoins, Funny People risque fort de diviser les fans d’Apatow. Car si le film réserve quelques moments hilarants et de franche rigolade (la scène chez le médecin, les scènes impliquant Johan Hill et Jason Schwartzman, la baston entre Sandler et Bana), ainsi que des scènes d’impro géniales, force est de constater que le film est plus une comédie douce amère qu’une grosse déconnade bien grasse. Le spectateur s’attendant à éclater de rire toutes les deux minutes en sera donc pour ses frais, mais celui qui se laissera prendre au jeu passera deux heures d’émotion.

Avec Funny People, Judd Apatow livre une œuvre très intime, peut-être son film le plus personnel, au risque de s’aliéner une partie du public. Mais les personnes acceptant de partager le voyage avec cette troupe d’acteurs formidables ne le regretteront pas…

Note : 8/10

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2
  • 1

    J’ai vu le film hier soir en séance privé (absolument seul dans la salle donc) et si je suis relativement moins enthousiaste que toi globalement j’adhère avec ta critique.
    Le premier gros bémol pour moi vient des séquences de stan-up que j’ai moyennement trouvé drôle, c’est peut être une question de culture mais au mieux les différentes interventions sur scène des personnages me font tout juste sourire (Avec une grosse reserve ayant vu le film en VF)
    Pour la partie romantique je serais plus sévère que toi car je la trouve totalement artificielle et creuse alors que paradoxalement c’est peut être la plus intime des films de Judd Apatow. Dès la première séquence melo larmoyante de retrouvailles entre Adam Sandler et son ex j’ai eu du mal à y croire , du coup la grosse seconde partie du film est pour moi franchement décevante même si elle comporte toujours de nombreux bons moments de comédie (au sens jeu des acteurs). L’aspect romantique des précédents films d’Apatow était franchement plus réussis et émouvant que dans Funny poeple…..
    Le fim comporte effectivement de formidables moment de comédie comme la scène avec le toubib suédois ou celle du restaurant quand Seth Rogen tente de retenir ses larmes (pour moi le moment culte du fim)et aussi de beaux moments d’émotion comme la playlist musical, la gamine qui chante Cats….Et puis si tu souligne les clin d’oeil à Owen Wilson et Justin Long j’ai moi beaucoup apprécier les photos de John Belushi et des Monty Python dans l’appartement ou vie Seth Rogen.
    En tout cas même décevante il reste une évidence une comédie de Judd Apatow reste bien au dessus du lot de la production actuelle mais pour moi ce serait un petit 7/10 en attendant de revoir le film en VOST.

    Freddy K on octobre 20th, 2009
  • 2

    Oui, je comprends tes réserves. Mais je pense que la VO risque de changer un peu ton opinion. Les films d’Apatow sont souvent à moitié improvisés, et je pense que ce genre de choses passe très mal en VF (je repense notamment à Supergrave qui était hilarant en VO et abominable en VF).

    Geouf on octobre 20th, 2009

 

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