Le fourre-tout de Geouf

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juin 23rd, 2009 at 9:42

Critiques en vrac 7: Very Bad Trip – Surveillance – La dernière Maison sur la Gauche

Very Bad Trip de Todd Phillips

Résumé: Quatre amis partent à Las Vegas fêter l’enterrement de vie de garçon de l’un d’entre eux. Le lendemain matin, ils se réveillent dans leur chambre d’hôtel dévastée, sans aucun souvenir de ce qui a pu se passer durant la nuit, et surtout sans le futur marié. Une course contre la montre s’engage pour le retrouver et tenter de recoller les morceaux de cette nuit de folie…

Succès surprise au box office américain (il a même battu Terminator Renaissance), Very Bad Trip (The Hangover en VO) n’aura pas mis longtemps à débarquer au Royaume-Uni et en France. Cette nouvelle comédie de Todd Phillips (réalisateur entre autres des très marrants Old School, Road Trip et Starsky et Hutch) rappellera certainement des souvenirs à certains d’entre nous, tant le film sent le vécu.
Sur un postulat très mince, Phillips réussit à réaliser une comédie enlevée et rythmée, certes pas toujours très fine, mais qui remplit parfaitement son but : divertir et faire rire son public une heure et demi durant. Pour cela, il se repose sur un script malin sous forme de jeu de piste et sur un quatuor de comédiens parfaitement à l’aise dans leurs rôles. Bradley Cooper, en leader naturel de la bande, prouve qu’il est capable de s’adapter à tous les types de rôles, après sa prestation dans Midnight Meat Train, et qu’il faudra compter avec lui dans les années à venir. Ed Helms réussit parfaitement son passage du petit au grand ecran (c’est l’un des personnages réguliers de la version américaine de The Office) grâce au rôle de Stu, un homme écrasé par sa compagne et qui gagnera ici son émancipation. Mais le meilleur personnage du film reste définitivement Alan, incarné par Zach Galifianakis, pilier de la chaine Comedy Central. Alan est un inadapté social, gentil mais un peu effrayant, aux remarques parfois déstabilisantes… Il reste le moteur comique principal du film avec ses répliques décalées. Et puis il y a le plaisir de retrouver la charmante Heather Graham dans un rôle certes minime mais plein de charme. Dommage qu’on ne la voit plus très souvent à l’écran ces temps-ci…
L’autre bon point du film c’est le côté ludique de son intrigue avec le jeu de piste que représente la recherche de Doug (le futur marié disparu) et la découverte des événements de la nuit. Le film prend des situations crédibles (qui n’est jamais allé faire la fête dans le jardin d’un inconnu un soir de beuverie ?) pour les pousser un peu plus loin que la normale (l’enlèvement du tigre de Mike Tyson) et ainsi déclencher de nombreuses crises de fou rire. A ce niveau-là, il faut avouer que les scénaristes ont été particulièrement inventifs, puisque les personnages (et le spectateur avec eux) vont de surprises en surprises, sans jamais lasser.
Au final, The Hangover est une bonne comédie sans prétentions si ce n’est de faire rire son public, ce qu’elle réussit parfaitement. Pas inoubliable ni culte, mais juste un bon moment à savourer entre potes en se remémorant ses propres soirées (trop) arrosées !

Note : 7/10

Surveillance de Jennifer Lynch

Résumé : Deux agents du FBI (Bill Pullman et Julia Ormond) arrivent dans une petite localité du désert de Santa Fe pour enquêter sur une série de meurtres brutaux et la disparition d’une jeune femme. En proie à l’hostilité de la police locale, ils se lancent dans une série d’interrogatoires de différents témoins pour tenter de découvrir la vérité…

Deuxième film de Jennifer Lynch (quinze ans après Boxing Helena), Surveillance est un thriller étrange et tordu, dans la droite lignée des travaux de son célèbre paternel. Avec sa structure en flashbacks et son récit des événements sous différents points de vue, Surveillance évoque le Rashomon de Kurosawa (ou plus près de nous, le Basic de John McTiernan). Cependant, Jennifer Lynch se démarque de ses ainés, puisqu’ici les points de vues des différents témoins se complètent plus qu’ils ne s’opposent. Du coup, on ne ressent pas ce sentiment de lassitude qui peut surgir dans ce type de film lorsque l’on revoit pour la nième fois les mêmes événements d’un point de vue différent. Non, ici chaque nouveau témoignage apporte sa pierre à l’édifice conduisant à la vérité, et surtout à savoir de quoi il est réellement question. Car en effet, au lieu de nous dire dès le début de quoi ont été témoins les personnes rassemblées, Jennifer Lynch s’amuse à nous le révéler petit à petit, ce qui donne à son film toute son originalité et le rend d’autant plus intrigant. Le contrecoup de cela, c’est que le spectateur est moins impliqué puisqu’il n’a pas a se creuser la cervelle pour trouver la solution, vu qu’il ne connait pas la question !
Mais avant tout, Surveillance est un film d’acteurs. Les décors sont limités et minimalistes (une route déserte et un petit poste de police), et le script repose principalement sur sa galerie de personnages. De ce côté-là, rien à redire, Lynch a su parfaitement s’entourer. Des plus connus (Bill Pullman et Julia Ormond, surprenants) au plus obscurs (la jeune Ryan Simpkins est bluffante et porte tout le film sur ses épaules) en passant par les apparitions qui font plaisir (Michael Ironside, autrement mieux exploité que dans Terminator Renaissance), tous contribuent à faire vivre ce film et à rendre leurs personnages attachants malgré la folie ambiante. Car de folie il est bien question ici, que ce soit celle des deux tueurs qui s’amusent à massacrer des gens au hasard, ou celle des policiers qui tirent sur des voitures pour tromper leur ennui… Une folie latente qui rappelle une fois de plus celle des personnages des films de David Lynch, même si sa fille adopte une approche plus réaliste (pas de personnages hystériques poussant des hurlements).
Le dénouement du film est quant à lui très loin du happy end hollywoodien classique, mêlant avec élégance la noirceur la plus totale avec une bonne dose d’espoir. On dit souvent que la vérité sort de la bouche des enfants, rien n’est plus vrai ici, et on pourrait même ajouter que seule la vérité permet d’être sauvé…

Note : 7/10

La dernière Maison sur la Gauche de Dennis Iliadis

Résumé : Alors qu’elle est en vacances avec ses parents, la jeune Mari est capturée avec l’une de ses amies par une bande de repris de justice. Ceux-ci torturent les deux adolescentes avant de les laisser pour mortes dans les bois. Surpris par un orage, ils trouvent refuge dans une maison isolée, sans savoir que leurs hôtes sont les parents de Mari…

Wes Craven, depuis qu’il a réalisé la trilogie Scream, a souvent été accusé d’avoir trahi le genre qui a fait sa renommée, à cause du cynisme de celle-ci. Pourtant, il s’agit de l’un des rares maitres de l’horreur à se soucier un tant soit peu de la qualité des remakes de ses œuvres. A l’opposé d’un John Carpenter par exemple qui se contrefout de ce que les studios font des droits de ses films du moment que l’argent rentre, Craven a décidé de superviser et produire lui-même la plupart des remakes de ses films. Cette remise au gout du jour a commencé en 2006 avec l’excellente nouvelle version de La Colline a des Yeux par Alexandre Aja (très vite suivie par une séquelle assez ridicule mais rigolote) et se poursuit cette année avec La dernière Maison sur la Gauche. La sortie au Royaume-Uni a été assez tardive (plusieurs mois après le reste du monde), certainement à cause de la réputation de l’œuvre originale, censurée pendant des années dans le pays. Une fois n’est pas coutume, Wes Craven confie une fois encore les rênes du projet à un jeune réalisateur prometteur. Dennis Iliadis n’a en effet qu’un seul film à son actif, Hardcore, réalisé en 2004. Et une fois de plus, papy Craven a misé sur le bon cheval, puisque cette nouvelle version de son classique est une très bonne surprise.
Iliadis et ses scénaristes Adam Alleca et Carl Ellsworth ont en effet l’intelligence d’être relativement fidèles au film original, tout en s’en démarquant suffisamment pour que l’on n’ait pas l’impression d’assister à un simple copier coller sans âme et sans finesse. Le film suit donc le même schéma narratif que son illustre ainé, avec ses deux parties bien distinctes (l’enlèvement et le meurtre des deux ados, puis la vengeance des parents), tout en introduisant des différences notables et appréciables. Les personnages « positifs » (Mari et ses parents) sont ainsi beaucoup plus développés et réalistes dans leur comportement, et notamment plus combattifs que dans le film de 1972, ce qui les rend du coup plus attachant. Monica Potter et Tony Goldwyn forment un couple crédible et on n’a pas de mal à s’identifier à eux, ce qui est un plus non négligeable par rapport au film original. La douleur de ces parents lorsqu’ils découvrent ce qui est arrive à leur fille est plus prégnante (le regard du père lorsqu’il voit que sa fille a été violée met extrêmement mal à l’aise) et leur vengeance est du coup plus compréhensible (ce qui renforce d’ailleurs l’ambigüité des sentiments du spectateur). Quant à la bande de Krug, elle a aussi subi de nombreux changements. Dans ce remake, on sent que les trois protagonistes accompagnant Krug sont totalement sous la coupe de celui-ci, alors que dans l’original, Francis et Sadie étaient tout aussi fous que lui. Du coup, on gagne en réalisme ce qu’on perd en imprévisibilité. D’autant que Garrett Dilahunt campe un Krug tout en rage retenue et en folie froide, mais néanmoins beaucoup moins effrayant que David Hess qui possédait une présence impressionnante et dégageait une impression prégnante de folie.

Ce changement majeur fait que la première partie du film est peut-être moins malsaine que dans l’original. La séance de torture des deux jeunes filles ne possède pas le côté sale et amateur du film de Craven, qui était plus dû aux humiliations subies par les deux ados qu’a la violence des tortionnaires (et à la musique crispante). Le viol sauvage de Mari est tout de même un moment très éprouvant du remake, qui devrait faire grincer des dents plus d’une personne. Par contre, là où le film d’Iliadis surpasse son modèle, c’est dans sa seconde partie. Tout d’abord, l’élimination de l’histoire annexe sur les deux flics empotés est un vrai soulagement, tant ces passages ridicules cassaient le rythme du film original. Ensuite, la vengeance des parents ne tombe pas ici dans le granguignolesque et reste dans la veine réaliste du reste du film. Pas de pénis arrache à coups de dents, ni de massacre à la tronçonneuse. Les morts des voyous sont violentes et sanglantes, mais souvent quasi accidentelles (ce qui est un peu dommage, mais fonctionne mieux en termes de réalisme). Seule la mort de Krug dans la dernière scène est un peu trop over the top pour pleinement convaincre.
La dernière Maison sur la Gauche est donc un remake solide, qui a su prendre ses distances avec l’œuvre originale tout en conservant le côté sordide qui faisait sa spécificité. Une réussite comme on aimerait en voir plus souvent…

Note : 7/10

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9
  • 1

    [...] Voir l’article original [...]

  • 2

    Entièrement d’accord pour Surveillance, plutôt très sympa même si perso la fin m’a déçu. Z’auraient du buter la…. Ca l’aurait plus fait. Pour la dernière maison sur la gauche aussi, très sympa, bon personellement ce n’est pas vraiment mon trip la violence pour la violence mais soit, c’est plutot bien filmé dans l’ensemble. Pour Very bad trip en revanche j’ai été archi-déçu. Je n’ai pas arrêté de bailler dans le cinéma et les quelques amis qui m’ont accompagné se sont également ennuyés à mourir. Je ne sais pas ce que les comédies US ont pour l’instant, mais moi je les trouve tout juste passables, et ce malgré des acteurs souvent fantastiques. J’ai eu le même sentiment pour Zack & Miri, Pineaple Express, Tonnere sous les tropiques et compagnie. Je sais que ça va te faire rugir (tu les avais adoré je crois) mais moi ça m’a fait bailler d’ennui, et surtout je n’ai ri qu’une ou deux fois tout au plus. Mais alors le summum en la matière, c’est Fanboys, celui-là évite le coute que coute ^^

    Etienne F on juin 23rd, 2009
  • 3

    Question: tu l’as vu en quelle langue Very Bad Trip? Parce que si tu l’as vu en VF (et les autres que tu cites aussi), ceci pourrait expliquer cela.
    Tropic Thunder entre autres se deguste en VO pour pleinement apprecier le jeu de Robert Downey Jr.
    Pour en revenir a Very bad Trip, ce n’est pas le film de l’annee, mais j’ai beaucoup ri devant et tous mes amis aussi.
    Concernant Surveillance, je trouve au contraire la fin parfaite. ***SPOILER***Pour eux, c’etait un jeu depuis le debut. Ils ne cherchaient pas vraiment a couvrir leurs traces, mais a voir qui pourrait les percer a jour. C’est donc normal qu’il laissent la gamine vivre, puisqu’elle a « remporte la partie ».***FIN SPOILER***
    Enfin, en ce qui concerne La derniere maison sur la gauche, ce que j’ai apprecie, c’est le fait que ce ne soit justement pas de la violence pour de la violence. Le film fait justement reflechir sur ce que nous, gens normaux, nous pourrions faire dans des circonstances similaires. C’est pour ca que la derniere image est d’autant plus dommage, car dans ce cas precis, c’est juste de la violence gratuite (quoique d’un autre cote cela montre que le pere a bascule definitivement du mauvais cote)…

    Geouf on juin 23rd, 2009
  • 4

    Very bad trip en vf, zack & miri en vostfr, tropic thunder en vf et pineaple en vostfr aussi je pense, tout au ciné. Ca dépend des diffusions. Généralement je penche pr le vost, mais c’est pas toujours possible donc bon. / Sinon oui ça se comprend plus ou moins dans Surveillance mais SPOILER ça n’empeche que c’est tellement rare de voir un mome se faire défoncer vif que tu peux prédire d’avance que ça n’arrivera pas (malheureusement). C’est un peu gavant cette manie de rester dans le politiquement correct, enfin soit. Cela dit, comme tu l’as dit dans ta critique de jusqu’en enfer, certains réals « osent » et c’est tout à leur honneur. Perso, je trouve pas ça plus gerbant que de voir une femme mourir.

    Etienne F on juin 23rd, 2009
  • 5

    ***SPOILER***Oui mais tuer un gosse pour tuer un gosse, je ne vois pas l’intérêt. En l’occurence, cans ce cas ce n’était pas justifié par l’histoire. Et puis j’y vois un petit côté pervers, puisque la gamine avait compris très vite et qu’elle n’a rien dit à personne. On peut penser qu’elle a été à moitié « contaminée » par les deux tueurs…***FIN SPOILER***

    Geouf on juin 23rd, 2009
  • 6

    * oui oui bien sûr, je comprends ton avis et il est clair que ce serait un peu de la violence gratuite, mais c’était juste pour le fait. Quand tu vois un mome dans un film, tu peux parier tes 2 mains qu’il finira en vie. En l’occurence, dès le début tu le devines. C’est tout le temps le même à quelques exceptions près. C’est ça que j’ai trouvé chouette, par exemple dans le dernier Romero qui bousculait tous les codes (pourtant, après le premier visionnage je peux te dire que j’ai failli pleurer tellement j’étais déçu, mais après coup, waow). Surveillance était un bon film, une belle surprise, y avait de l’idée, un concept malsain, etc, mais pour moi le seul petit truc qui a gâché un peu le long métrage, c’est ça. Tant qu’à y aller, autant y aller à fond. Si tu surprends le spectateur tout au long du film, autant s’y tenir jusqu’au bout. Enfin je pense que c’est plus une question de point de vue. Ca n’empeche rien au fait que Surveillance était une excellente surprise de la part de cette réalisatrice. D’ailleurs, j’attends déjà avec impatience son prochain film !

    Etienne F on juin 23rd, 2009
  • 7

    C’est vrai que son film de femme serpent a l’air particulièrement intrigant… Je suis curieux de voir ça.

    Geouf on juin 24th, 2009
  • 8

    Plutôt d’accord dans l’ensemble (pas vu SUrveillance, je donne pas mon fric aux Lynch lol). The Hangover a quelque chose de culte, de film que l’on regardera entre potes encore et encore, malgré ses quelques défauts (l’insupportable bande son des 20 premières minutes). Et j’ai juste adoré La Dernière Maison sur la Gauche, une grosse claque visuellement superbe et intense.

    tib20011 on juin 26th, 2009
  • 9

    Pour commencer, youhou ! Tib a laisse un com sur mon blog ! Ca fait sacrement plaisir de te retrouver ici… On dirait que mon harcelement sur blogorama a fini par payer ;-)
    Ensuite, dis-moi, qu’est-ce que tu as contre le pere Lynch? J’avoue que son Inland Empire est tres difficile a digere (perso, j’ai craque 40 minutes avant la fin), mais Mullholland Drive, Lost Highway et Elephant Man (pour ne citez qu’eux) sont des chefs d’oeuvres !
    Pas vraiment fait gaffe a la bande-son de The Hangover a vraid dire, donc cela ne compte pas comme un defaut pour moi…
    Pour La derniere Maison sur la Gauche, c’est vrai que c’est une bonne surprise. Dommage que la derniere scene du micro onde vienne un peu gacher le tout (surtout qu’a priori ni Illiadis ni Craven ne l’apprecient).

    Geouf on juin 29th, 2009

 

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