Résumé : Parce qu’elle voulait à tout prix prouver à son chef qu’elle pouvait se montrer intransigeante et professionnelle, Christine Brown (Alison Lohman) a refusé une extension de prêt à une vieille dame. Et pour se venger, la vieille femme a maudit la pauvre Christine, qui maintenant n’a plus que trois jours avant d’être emportée en enfer par un terrible démon, le Lamia…
Sorti lessivé et frustré du tournage de Spider-Man 3 (sur lequel le studio lui a imposé le personnage de Venom, qu’il déteste), Sam Raimi a décidé de s’accorder une récréation et de contenter ses fans des premiers jours en réalisant un film d’horreur à petit budget, comme à ses débuts. Une annonce qui faisait saliver, mais contrebalancée par la volonté affichée du réalisateur de faire un film accessible à tous, classé PG13 aux Etats-Unis (interdit aux moins de 13 ans, ce qui est souvent synonyme de film mou et consensuel). Mais c’était bien mal connaître le papa des Evil Dead que de douter de sa capacité à assurer le spectacle. Car oui, Jusqu’en Enfer est un pur film de Sam Raimi, un ride génial qui prouvera très vite aux fans hardcores que non, le grand Sam n’a pas vendu son âme aux studios.
Et la claque est énorme et très rapide. En cinq petites minutes d’introduction, Raimi se met le public dans la poche et lui offre ni plus ni moins qu’une des meilleures entrées en matière du cinéma d’horreur de ces dix dernières années. Une ouverture virtuose (c’est d’un dynamisme hallucinant), violente, effrayante et implacable dans laquelle le réalisateur n’hésite pas à transgresser un des tabous les plus virulents du cinéma, la mort d’un enfant. Une fois le public à moitié groggy devant une telle maestria, le titre du film apparaît : Drag me to Hell, ou plutôt Drag me to Heaven pour le spectateur déjà conquis. Et la suite du film ne déçoit pas, Sam Raimi enquillant les séquences de folie à un rythme infernal, laissant à peine le temps au spectateur de respirer. Entre une attaque terriblement efficace dans un parking, un exorcisme qui tourne à la catastrophe ou une plongée dans une tombe fraîche, le film ne laisse pas de répit et s’avère être un tour de grand huit jouissif.

Jouissif. Le mot est lâché. La grande force du film c’est qu’on a constamment l’impression que Raimi a voulu se faire plaisir et faire plaisir à son public. Et en premier lieu à ses fans, qu’il gratifie de (très) nombreux clins d’œil à sa filmographie et en particulier à sa trilogie Evil Dead (il se permet même une petite référence à son fils spirituel Peter Jackson lors d’une scène de repas qui n’est pas sans évoquer celle de Braindead). Lister toutes les références serait bien fastidieux, mais pour faire rapide, on retrouve des possédés au visage déformé qui volent au travers des pièces, un personnage qui avale un œil éjecté de son orbite, du mobilier qui rit au nez des personnages, une héroïne qui se fait attaquer par une entité invisible et qui s’en prend plein la figure du début à la fin. La jolie Alison Lohman assure d’ailleurs avec brio dans le rôle ultra physique de la pauvre Christine, dont le sort n’a rien à envier à celui de Ash : elle est arrosé de divers fluides, gobe une mouche pendant son sommeil, patauge dans la boue, se bat dans un habitacle de voiture, est projetée en l’air et dans tous les recoins de la pièce… Bref, Sam Raimi aime toujours autant martyriser ses acteurs pour le plus grand bonheur du spectateur.

Une réussite qui repose aussi sur une parfaite alchimie entre horreur et comédie. Rarement film n’aura réussi à marier avec autant d’aisance ces deux aspects. La scène la plus représentative de cette maîtrise est celle du parking, au cours de laquelle le spectateur passe par différents états contradictoires en l’espace de quelques minutes : la peur diffuse (le mouchoir volant), puis le sursaut (l’apparition soudaine de la vieille femme), pour terminer sur l’hilarité la plus totale (les coups d’agrafeuse dans la tête et toute la bagarre) sans que cela ne paraisse bizarre. Idem pour la scène où Christine décide de sacrifier son chaton en espérant ainsi amadouer le démon : on est à la fois révolté par la situation et hilare devant le jeu d’Alison Lohman et le jusqu’au-boutisme de Raimi.
Il serait enfin anormal de ne pas citer la réussite technique du film quand on parle de celui-ci. La virtuosité de Raimi est bien présente de bout en bout, alternant les mouvements de grue complexes et rapides à d’autres d’une simplicité hallucinante mais tout aussi efficaces (les gros plans de plus en plus rapprochés sur le visage de l’héroïne lors de la première manifestation du démon) dans une fluidité exemplaire (quelle que soit la rapidité des plans, on n’est jamais perdu). Le travail sonore est lui aussi impressionnant, que ce soit au niveau des effets (bruits stridents, hurlements et voix dissonantes envahissent la salle) ou de l’excellente bande originale de Christopher Young, dynamique et immersive.

Et si on voulait vraiment pinailler, on pourrait avouer que le scénario manque légèrement d’originalité (la plupart des grands événements du film, notamment la fin, sont assez prévisibles) et que certains effets spéciaux sont un peu moins réussis (même si cela participe au côté humoristique et cartoonesque de la chose). Mais ce ne sont que des scories bien vite balayées par le pied monstrueux que l’on prend devant ce tour de manège enthousiasmant et jouissif. Hail to the King, baby !
Note : 9/10


[...] Voir l’article original [...]
Et pourquoi tu postes pas ça sur le blogorama, tu gagnerais un DVD de Faubourg 36…
Hmmm, parce que j’ai assez de dvd sans m’encombrer d’un film qui ne m’interesse absolument pas. Sans compter que je trouve ce concours totalement stupide…
Je confirme tu ne perds pas grand à choses en évitant Faubourg 36 qui en plus d’être un film bien médiocre pompe parfois monstrueusement le Moulin rouge de Luhrman sans en avoir ni la poésie et ni la folie.
sinon je vais me faire Jusqu’en enfer demain soir, du coup j’ai un petit peu lu ta critique en diagonale mais l’avis semble positif. J’espère vraiment que Raimi réalisateur sera plus convaincant dans son retour dans l’horreur qu’avec son travail de producteur.
Je reviendrais donc faire mon petit tour dès que j’aurai un avis sur le film ; )
Oui, mon avis est « positif » (un peu plus que ça même !)
Et ne t’inquiète pas, si tu aimes le Sam Raimi période Evil Dead, tu devrais apprécier ce nouvel essai !
Enorme déception pour ma part : (
Sam Raimi bégaie son cinéma et son savoir faire pour accoucher d’un film qui n’arrive jamais à être drôle et encore moins terrifiant.
J’adore le Sam Raimi d’Evil dead mais avec Drag me to hell on est très loin de la même catégorie.
Serieusement?
Moi je l’ai trouve excellent au niveau humour… Certes il n’est pas terrifiant (mais d’un autre cote, aucun des films de Raimi ne m’ont jamais fait peur), mais il a de bons petits pics de tension. Et je le maintiens, l’humour est genial dedans (ah la scene du chat !).
Vu ce soir au ciné et pour moi une confirmation que LE Sam Raimi de Evil Dead est bien mort et enterré depuis des lustres
Son film est ennuyeux, prévisible (on devine la fin bien avant qu’elle n’arrive) , interprété par un duo d’acteur terriblement mauvais et seuls quelques effets de caméra ou de montage nous rappelle que ce monsieur est un réalisateur techniquement virtuose.
Sinon il vient juste de se souvenir qu’il avait fait Evil Dead 2 et du coup il nous balance d’innombrables scènes déjà vues où que l’on aurait pu voir dans le second volet de la trilogie..
Ah oui aussi il vient de découvrir que en faisant bouh très fort (vraiment lassante cette bande son qui augmente son volume pur tenter de nous surprendre !!!) pour faire sursauter les gens.
La première fois fois c’est assez efficace, la seconde fois amusant mais les 200 autres fois pénible voir risible…
Un film dispensable et qui n’apporte rien au spectateur et encore moins à son réalisateur si ce n’est que Sam Raimi n’est définitivement pas un réalisateur de film d’horreur et qui dans le genre comme d’autres sera l’homme d’un seul film : Evil Dead (le premier bien entendu).
Non, Sam Raimi n’est pas un réalisateur de films d’horreur et n’a jamais prétendu l’être. J’avoue que cela me sidère que l’on puisse comparer ce Jusqu’en Enfer (ou même le reste de ses films) seulement à son tout premier film, qui au final n’est pas représentatif du tout de sa carrière… Le Sam Raimi d’Evil Dead n’est pas mort et enterré, c’est juste qu’il ne s’agit pas réellement de Sam Raimi. Il est évident que vu les restrictions budgétaires sur son premier film, il n’a pas pu fiare ce qu’il voulait. C’est d’autant plus évident lorsqu’on regarde Evil Dead 2, qui est un quasi remake du premier, mais avec une orientation plus cartoonesque.
Sam Raimi est un homme qui aime les cartoons, le burlesque et mixer ces éléments à l’horreur. Jusqu’en Enfer, comme Evil Dead 2 ou même Darkman, est un tour de manège, un grand huit fun et rythmé, trépidant et haletant qui ne lâche pas son spectateur. Alors oui, c’est prévisible, mais j’ai vu de bien moins bons films à qui l’on ne le reprochait pas…
Et désolé, mais je trouve les deux acteurs principaux très bons. J’aime beaucoup Justin Long (que j’ai découvert dans le génial Dodgeball et le non moins génial Jeepers Creepers) et je trouve Alison Lohman très attachante.
Mais en lisant tes commentaires sur ton forum et en me basant sur la critique de Freddy K, qui avait les mêmes a priori que toi, je me doutais que tu n’aimerais pas. C’est dommage, mais tant pis…
En fait le seul a priori que j’avais était concernant l’humour de ce film, qu’il ne soit dans la même veine que son Evil Dead 3 voir Spiderman 3, et heureusement ce n’est pas le cas puisqu’il ne fait que reprendre des pans entiers de son Evil Dead 2 surtout dans son final..
Concernant son statut de réalisateur horrifique c’est lui qui n’arrêtait pas de répéter que c’était son genre de prédilection durant une bonne décennie et en revenant vers ces premières amours (dixit Raimi lui même) il était évident que son dernier film allait être considéré comme un film d’horreur avec ou sans humour.
De lui je préfère nettement des films comme un Plan Simple, Crimewave, Mort ou Vif, Darkman ou Spiderman 2 voir son Intuitions que son dernier Spiderman, le troisième Evil Dead ou ce Jusque en Enfer (les trois seuls que je n’aime pas de lui tout simplement).
Ce que je n’arrive pas à comprendre c’est comment il est capable de retranscrire avec autant de brio et de folie l’univers cartoonesque dans son Crimewave et par la suite ne jamais réussir à parvenir ou approcher un tel niveau.
D’ailleurs dans ce Jusque en Enfer j’espérai au moins avoir droit à quelque chose de fun comme son Evil Dead 2 mais je me suis retrouvé face à un spectacle paresseux (j’ai presque regretter La Peau sur les os de Tom Holland), terriblement répétitif et ne nous offrant presque rien de palpitant.
La question que je me pose, c’est pourquoi il revient dans un genre où il n’excelle pas ?
Ok, je comprends mieux. Désolé pour l’emportement…
J’avoue que personnellement, je préfère largement ce Jusqu’en Enfer à son Crimewave dont je n’ai absolument aucun souvenir (je ne me souviens même pas de quoi ça parle !). Et honnêtement, je n’ai pas trouvé le film paresseux, au contraire. J’ai vraiment été pris par le spectacle et je l’ai trouvé jubilatoire du début à la fin. Je suis ressorti avec un grand sourire sur le visage, heureux d’avoir vu exactement ce que j’étais venu chercher: une heure et demi de fun sans prise de tête, avec de l’humour, quelques frissons, quelques scènes un peu dérangeantes (l’intro et la scène du chaton). Bref, c’est un film qui ne ment pas sur ce qu’il est et ça m’a fait énormément plaisir, d’où la note un peu haute je l’avoue…
J’ai bien aimé aussi, même si comme tu le dis, j’ai l’impression que tu t’emportes un peu pour le coup. Le film est très plaisant à suivre malgré quelques défauts et j’ai trouvé le mélange de burlesque et d’épouvante réussi. Quant à sa filmographie, je vais peut-être en étonner, mais à mes yeux, son plus gros échec n’est autre qu’Evil Dead 2, pas su le supporter celui-là avec ses gags pénibles et sa réal à l’arrache.
Et bien moi c’est un de mes films cultes, je l’ai vu un nombre incalculable de fois, j’en connais les dialogues quasi par coeur…
se filme g lé vue je suis allé au cabinner telle ment qui fait peuur je lé vue chais mn oncle avc le son cinéma mama sa cague le soir meme je me suis coucher avc mon couz