Le fourre-tout de Geouf

CineGeouf

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avril 13th, 2009 at 18:46

Martyrs de Pascal Laugier

Résumé : En 1971, une jeune fille, Lucie, s’échappe d’un entrepôt désaffecté dans lequel elle était retenue prisonnière et torturée. Traumatisée par son expérience, elle est incapable de donner une quelconque description de ses bourreaux. Quinze ans plus tard, elle reconnaît ses persécuteurs sur une coupure de presse. Elle se rend à leur domicile et les abat ainsi que leurs enfants. Désorientée, elle appelle son amie Anna à la rescousse et la plonge malgré elle dans une spirale de violence et d’horreur sans précédent…

Difficile de parler de Martyrs sans évoquer l’émoi que celui-ci a provoqué lors de sa sortie : journalistes choqués à la sortie de la projection de presse, interdiction aux moins de 18 ans finalement rabaissé à 16 ans après un second passage devant la commission de classification, final réputé insoutenable, bref un énorme buzz dans la communauté française des amateurs de ciné de genre (parce que dans le reste de la France, personne n’a entendu parler de ce film). Autant d’éléments qui font de la seconde réalisation de Pascal Laugier un film très alléchant. N’habitant pas en France, c’est cependant avec quelques mois de retards que je découvre le film et que je peux enfin me faire un avis.

J’avais déjà bien apprécié le premier film de Laugier, le très sympathique Saint-Ange, qui sortait un peu de la routine habituelle des films d’horreur à la française en proposant un décor imposant, une photographie et une réalisation soignées. Martyrs ne suit pas vraiment les traces de son prédécesseur en termes de réalisation, jouant sur un tout autre registre. En effet, Laugier privilégie ici un cadre « naturaliste », avec peu d’effets compliqué, mais un montage d’une précision impressionnante. Le contrepoint, c’est que toute cette mise en scène recherchée se fait tellement discrète que du coup on a parfois l’impression d’une certaine platitude. De plus, le réalisateur tombe souvent dans la citation un peu trop appuyée de classiques du genre. A vrai dire, la première moitié du film fait assez peur (et pas dans le bon sens du terme), puisqu’on commence par un prologue faisant furieusement penser au Sisters de de Palma, pour ensuite bifurquer sur une intrigue à la limite du plagiat de La jeune Fille et la Mort de Polanski pour se retrouver dans le très mauvais A l’Intérieur : même décor unique de grande maison bourgeoise froide, mêmes effets sanglants outranciers (tout de même largement moins gratuits que dans le film suscité), mêmes personnages de femmes hystériques qui passent leur temps à hurler. D’autant que le réalisateur oublie quelque peu de développer correctement ses deux héroïnes (on ne sait absolument rien sur les elles, mis à part qu’elles sont amies), laissant bon nombre de questions cruciales en suspend : pourquoi Anna était-elle dans le même institut que Lucie, qu’ont-elles fait durant ces quinze années qui se sont écoulées, d’où vient la brouille entre Anna et sa mère, etc. A l’opposée, Laugier emballe quelques scènes avec une finesse pachydermique, ce qui a tendance à agacer : pourquoi par exemple mettre cette scène de baiser avorté entre les deux jeunes filles alors qu’il est clair qu’Anna est amoureuse de Lucie ? Dans le même registre, tout le monde aura deviné que la femme qui poursuit Lucie n’existe que dans sa tête et n’est que le reflet de sa psychose. Du coup cette révélation tombe un peu à plat. Heureusement, les deux actrices principales font du très bon boulot, réussissant à compenser l’écriture approximative des personnages par leur talent. Le film commence cependant très mal, et si l’on s’accroche, c’est réellement pour connaître le fin mot de l’histoire : est-ce que Lucie ne s’est pas trompée sur l’identité de ses ravisseurs, et surtout pourquoi lui ont-ils fait subir toutes ces tortures ? Ce n’est finalement que dans sa dernière demi-heure que le film révèle toute sa force et sa perversité, après un retournement de situation prévisible mais assez mal amené (on se demande en effet pourquoi Anna n’a pas appelé la police après la mort de Lucie et la découverte de la pièce secrète).

Durant ce dernier tiers, le film monte crescendo, les explications tombent une par une jusqu’à la révélation finale, et les émotions contradictoires qu’elle suscite. Le scénario implacable de Laugier révèle enfin toute son ampleur et sa saveur. La réalisation se fait alors beaucoup plus mécanique et froide, à l’image de ces immondes tortionnaires qui déshumanisent petit à petit la pauvre Anna, jusqu’à la transformer en un simple outil au service de leur soif de connaissance. Mais heureusement, Laugier a l’intelligence de ne pas tomber dans le voyeurisme à la mode de nos jours, et ne propose que le stricte nécessaire en termes de scènes gores (très impressionnantes au passage, grâce au travail impeccable de Benoît Lestang) . L’ultime torture infligée à la jeune fille et la révélation de la raison de tout ceci finissent d’ailleurs par balayer sur leur passage tous les doutes que l’on pouvait avoir concernant le manque d’implication émotionnelle, faisant réellement naitre un immense sentiment de colère et de dégoût mêlés. Dégoût devant la futilité de la raison pour laquelle ces gens torturent des jeunes filles innocentes, et colère devant le fait qu’on arrive presque à comprendre leurs motivations. Mais le plus étonnant, c’est que ce final nihiliste en diable (mais néanmoins très inspiré de celui de La Secte sans Nom) s’infiltre insidieusement dans l’esprit du spectateur pour ne plus le quitter. Ce n’est vraiment que quelques heures après qu’on ressent tout le malaise suscité par cette fin. Un malaise suscité bien sûr par l’horreur de ce que l’on vient de visionner, mais aussi parce Laugier ne prend pas vraiment parti, laissant les images parler d’elles-mêmes. Pas de morale salvatrice, aucune rédemption de qui que ce soit, ni de méchants punis, juste le désespoir…

Et malgré tous les défauts du film, c’est finalement ce jusqu’auboutisme et cette intégrité tellement rares de nos jours qui font que l’on est content qu’un film comme Martyrs existe…

Note : 7/10


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11
  • 1

    Je suis relativement d’accord avec l’ensemble de ta critique mais pas totalement non plus.
    Tout d’abord le coté plagiat de La jeune fille et la mort , je ne comprends vraiment pas? Dans le film de Polanski Sigourney Weaver sequestre et torture celui qu’elle pense être son tortionnaire alors que dans Martyrs Lucie debarque et explose cette famille pour la laisser sur le carreau illico sans aucune distinction y compris les deux enfants.
    Je voudrais aussi défendre un peu A l’intérieur même si c’est un peu hors propos sous cette critique. Je ne comprends pas ce procès d’intention de la violence gratuite dans un film ouvertement gore, c’est comme de dire qu’on trouve un peu trop de cul dans un film de boule. A l’intérieur est aussi un film magnifique sur la bestialité du desir maternel, sur l’instinct de vie entrainant des pulsions dévastatrices de mort. Perso la dernière scène avec Beatrice Dalle bercant le bébé me fout vraiment la chair de poule….
    Mais revenons en à Martyrs, Je pense que si Anna ne telephone pas à la police c’est tout simplement dans un premier temps pour protéger Lucie et ensuite parcequ’il est trop tard et qu’elle est devenue la complice du massacre. Après la découverte du corps supllicié dans la cave c’est évident qu’Anna fait un transfert affectif sur la victime et qu’elle tente de l’apaiser avec cette culpabilité de ne pas avoir totalement cru Lucie. Et puis plus ironiquement je dirais que si les personnages de films (horreur particulièrement) agissaient tous de façon très rationnelle et logique bien des films se termineraient après 30 minutes.
    La scène du baiser n’est sans doute pas subtil mais elle montre que si Anna aime Lucie c’est un amour impossible dans la mesure ou Lucie est totalement perdue affectivement ne vivant plus que rongé par la douleur, la culpabilité et la vengeance.
    Le manque de caractérisation des deux personnages ne m’a absolument pas dérangé dans la mesure ou elles existent vraiment très fortement à l’écran et celà sans qu’on ressente le besoin de connaitre toute leur biographie passé. Par exemple ne pas connaitre la nature profonde de la relation entre Anna et sa mère ne me dérange pas du tout, les simples fait de cette fille perdue cherchant une assistance illusoire auprès d’une mère qui la rejette me suffit. Et puis cette tentative d’aide extérieur va finalement causer la perte d’Anna qui va se retrouver simplement victime de l’indifférence…
    Voilà je t’invite à lire ma critique sur DVdrama et pourquoi pas poursuivre le débat ; )

    Freddy K on avril 16th, 2009
  • 2

    Ah, enfin ! J’avoue que j’attendais avec impatience tes commentaires sur ma critique…
    Je vais tenter de repondre le plus honnetement de la facon la plus complete possible. On va faire ca dans l’ordre…
    1) Je suis vraiment etonne que tu ne vois pas le rapport entre Martyrs (enfin le debut du film) et La jeune Fille et la Mort. Moi ca m’a vraiment saute aux yeux, avec cette histoire de femme qui croit reconnaitre son (ses) tortionnaire(s) plusieurs annees apres les faits et entraine une personne aimee dans cette spirale de violence. Bien entendu, l’issue est differente, mais les deux films cultivent le meme doute sur le fait de savoir si oui ou non l’heroine s’est trompee. Bien entendu, le sujet de Martyrs est different, et le film passe a autre chose apres, mais la ressemblance est plutot flagrante je trouve…

    2) Honnetement, j’ai vraiment deteste A l’Interieur. Je l’ai trouve moche, stupide et gonflant. Pour moi c’est un film qui pete plus haut que son cul (si tu veux bien me passer l’expression). On essaie de faire un « film d’horreur auteurisant » mais on tombe souvent dans la caricature (mon dieu la scene ridicule des flics avec la petite racaille caricaturale !). Le twist final est telephone, Beatrice Dalle surjoue comme pas possible et la fin est reellement ridicule et pas du tout credible a mes yeux…

    3) Bon, j’avoue que sur le coup de telephone a la police dans Martyrs, j’exagere un peu. Mais d’un autre cote, je me suis vraiment pose la question, au moment ou Anna decouvre la piece secrete et la femme enfermee. Je me suis dit « une fois qu’elle va l’avoir mise dans la baignoire, elle va appeler la police, parce que c’est trop enorme comme truc. Et au pire elle pourra mettre tout sur le dos de Lucie… ». En plus cela aurait pu rajouter un peu de tension, du genre « les mechants arrivent, sequestrent Anna et la police arrive un peu plus tard, petit espoir pour Anna aussitot aneanti par le fait que la police est peut-etre dans le coup… » Je sais c’est un peu telephone comme idee, mais je sais pas, j’ai du mal avec le fait qu’elle ne se batte pas un peu plus…

    4) Concernant la caracterisation des personnages, je ne demandais pas grand-chose non plus (j’ai aussi horreur qu’on m’explique tout en long en large en en travers) mais un peu plus de details ne m’auraient pas genes (au moins savoir pourquoi Anna etait dans le meme institut, surtout que ce n’est plus mentionne apres…).

    5) Et pour ce qui est de ta critique sur dvdrama, je l’ai deja lue. C’est la premiere chose que j’ai faite apres avoir redige un premier jet de la mienne. J’ai trouve ton debat avec jp33 passionnant (bien que je ne l’apprecie pas trop) et cela m’a permis de preciser mon avis et m’a montre des choses auxquelles je n’avais pas pense…

    Geouf on avril 16th, 2009
  • 3

    Je comprends le rapprochement que tu fais entre La jeune fille et la mort et Martyrs mais de là à parler de plagiat, celà me semble un poil excessif. Laugier passe très vite sur cette intrigue (Véritable bourreaux ou non ?) alors que Polanski en fait l’essence même de son film.
    Pour A l’intérieur je crois que 80Km de débat ne suffirait pas à nous mettre d’accord, je pense que le film est effectivement parfois maladroit mais définitivement trop généreux, intègre, sincère et émouvant pour mériter autre chose que le respect. Mais je comprends aussi ton point de vu, sans toutefois le partager ; )

    Freddy K on avril 16th, 2009
  • 4

    Oui, c’est vrai que plagiat est un terme un peu fort, mais en meme temps, je ne l’applique qu’au debut du film, pas a l’ensemble de celui-ci (je viens de relire et je parle bien de « la premiere moitie »). Et je ne trouve pas que Laugier bifurque si rapidement, puisque ce n’est qu’au moment ou Anna trouve la piece secrete qu’on a la confirmation, soit un peu apres le tiers du metrage.
    Pour en finir avec A l’Interieur, tes arguments me derangent un peu je l’avoue. Pour moi ce n’est pas parce qu’un film est genereux, sincere et integre dans sa demarche qu’il est bon. Sinon Ed Wood n’aurait fait que des chefs d’oeuvres… Et non, je ne le trouve pas du tout emouvant. Je trouve qu’il surjoue le moindre sentiment et qu’aucun des deux personnages principaux n’est attachant. Mais comme tu dis, nous pourrions en debattre pendant des heures sans se convaincre l’un l’autre.

    Geouf on avril 16th, 2009
  • 5

    Tu as raison sur un point devant lequel je m’incline volontiers, les bonnes intentions ne font pas fatalement les bons films.
    J’avoue sans aucun soucis que j’aime aussi beaucoup A l’intèrieur ne serait ce que pour la place que le film représente dans le « combat » pour le cinéma de genre en France. Sans tomber dans une forme de caricature de militantislme aveugle visant à applaudir le moindre film horrifique français, il me semble vraiment important de défendre des films comme A l’intérieur (que j’aime sans réserve), Martyrs, Haute tension, Atomik circus et même Frontières que tu aimes tellement(Je trouve perso que c’est une bonne grosse série Z finalement assez jouissive). Il faut que ça bouge même si parfois ça marche de travers et que ça se casse un petit peu la gueule….c’est comme celà qu’on avance
    En tout cas merci pour l’échange ; )

    Freddy K on avril 16th, 2009
  • 6

    Encore une fois, je ne suis pas trop d’accord. Je veux bien défendre le cinéma de genre « à la française » quand il le mérite, mais pas soutenir des daubes en veux-tu en voilà. Ce n’est pas parce que c’est français que c’est plus défendable qu’une daube américaine. Donc ok pour soutenir de bons films comme Eden Log, Calvaire, Martyrs, Haute Tension, Nid de Guèpes ou Maléfique, mais par contre c’est niet pour Frontière(s), A l’Intérieur, Bloody Mallory, Requiem ou Promenons-nous dans les Bois…

    Geouf on avril 16th, 2009
  • 7

    Encore une fois je suis d’accord…. Je ne défendrais jamais une merde par pur chauvinisme idiot sous le pretexte imbécile qu’elle sentirait la rose dès l’instant qu’on lui poserait dessus le label Made in France. Mais comment peux tu mettre dans un même sac A l’intérieur et Bloody Mallory ??
    Effectivement un mauvais film reste un mauvais film, j’ai juste la sensation qu’un film de genre moyen français se fera juger toujours plus sévèrement qu’un film américain du même niveau. Après c’est juste une sensation diffuse à la lecture de critiques assez diverses vus sur le net… Souvent un film de genre français c’est soit un chef d’oeuvre soit une grosse merde (??)et c’est juste le genre de raccourci qui m’énerve.
    Après j’espère que tu aura compris que la première des raisons qui me pousse à défendre un film c’est que je l’apprécie vraiment, tout bêtement. Pour Frontières j’avoue (OUhhhh shame on me !!) que c’est un petit peu de la provocation vu la façon dont tu le démonte dans ta critique. Je n’ai pas vraiment aimé le film (un petit 4/10) mais je l’ai revu récement avec un petit plaisir coupable.
    Voilà j’espère que les choses sont un petit peu plus clairs.

    Freddy K on avril 17th, 2009
  • 8

    Ok, ok, je comprends. Pour ce qui est de mettre Bloody Mallory et A l’Intérieur dans le même sac, ben j’avoue que les deux films m’ont énervé à différents niveaux, mais je veux bien concéder que A l’Intérieur est un peu mieux (tu vois je fais des efforts ;-) ), même si je le trouve très Z.
    Et je ne pense pas (ou du moins je n’espère pas) être binaire dans mes critiques de films français, parce que moi aussi ça m’énerve ces gens qui soient crient au chef d’oeuvre dès que c’est un film français ou au contraire le détruisent. J’essaie comme toi d’être honnête et de dire ce qui m’a plu ou non (comme sur Martyrs que j’ai plutôt apprécié au final). Mais je pense que le problème des films de genre français c’est qu’ils essaient toujours de faire plus qu’un film d’horreur, d’avoir un message important, de faire du Romero quoi, mais que souvent ce message est d’une stupidité crasse (voir Frontière(s)). On dirait que parce qu’on est en France, on ne peut pas faire de l’entertainment, il faut absolument que ce soit du cinéma d’auteur…

    Geouf on avril 17th, 2009
  • 9

    Bon ben sur ce coup on est pas vraiment du même avis ^^

    Je viens de voir ce film deux fois et au bout du compte je ne l’aime vraiment pas et ce pour des tas de raisons.

    Si le début m’a énormément plu, les rapports entre les deux petites filles, la description du trauma de la victime et le recherche d’amour/affection de ces enfants (un des thèmes constant ou presque dans le film) malheureusement la suite m’a énormément déçu voir désolé.
    Peut-être du fait d’avoir lu trop de critiques encensant ce film, d’avoir lu ici et là des adjectifs terrible concernant ce que contenait le film et l’impact qu’il occasionnait sur ceux qui le visionnaient qu’au final je n’ai vraiment eu que de rares moments où j’ai effectivement ressenti un véritable malaise ou au moins été déstabilisé positivement par le métrage.

    Mais là où le film m’a énormément déçu est tout simplement dans les choix que le réalisateur fait et surtout dans sa façon de nous les exposer.
    Le coup du « fantôme à la The Grudge » qui revient je ne sais plus combien de fois, alors que dès sa deuxième apparition on sait clairement qu’il n’existe pas et que c’est la victime qui se mutile, pourquoi insister aussi lourdement là-dessus et le comble est que lors de la dernière scène d’auto-mutilation, comme si cela devait être une énorme surprise, on voit la fille seule se couper puis se suicider.
    Si dans le fond il y a avait matière à nous offrir de véritables passages douloureux voir émouvant avec le trauma et la douleur de cette fille, en l’exposant ainsi avec ce fantôme, en gommant le réel pour nous offrir une vision « fantastique » je n’ai vraiment rien ressenti sauf un peu d’énervement.
    De même avec son amie qui découvre le pot aux roses (les cellules sous la maison non mais là c’est pour rire ?) avec une telle facilité que cela ôte toute forme de réalisme au film. Et que dire de cette secte où les membres sont habillés comme une milice, ce qui est d’une discrétion surtout vu ce qu’ils font.
    Heureusement le film parvient à s’en tirer par instants comme avec la victime découverte au fond des tunnels qui m’a ému et vraiment fait ressentir la douleur et l’horreur qu’elle a pu vivre, heureusement que le début est magnifiquement construit avec ces deux petites filles et les relations qu’elles nouent entre elles, heureusement que le calvaire subit par la deuxième fille est d’une violence et d’un réalise intenable (jusqu’à ce que le boucher/chirurgien s’occupe d’elle où là on sombre dans le grand n’importe quoi, même si l’idée de écorcher pour imaginer que son âme se libère de sa prison de peau aurait pu me séduire, mais là non, pas du tout !)) sinon j’aurais trouvé ce film terriblement mauvais.
    Car ce n’est pas son final complètement grotesque (dans le mauvais sens du terme) qui risque de sauver quoi que ce soit.

    Je pourrais encore en dire beaucoup de mal mais bon ça ne sert pas à grand chose, mais en tout cas ce film reste pour moi une énorme déception…

    Finalement c’est du même niveau qu’un vulgaire Hostel ce film à mes yeux.

    Celticxoan on avril 20th, 2009
  • 10

    Je suis d’accord sur le fait que Laugier en fait trop avec le « fantome » qui hante Lucie, d’ailleurs j’en parle dans ma critique. C’est vrai que c’est tres lourd et qu’on devine tres vite que ce n’est que dans sa tete, ce qui ruine un peu le propos.
    Par contre, je ne suis pas d’accord sur le final. La torture subie par Anna ne m’a pas fait grand-chose, c’est vraiment le moment ou elle est ecorchee vive qui m’a marque (rien que d’y repenser j’en ai des frissons), parce que c’est une facon pour eux de la transformer totalement en outil au service de leur folie, elle n’est plus une femme, mais un simple objet. Et le pire pour moi reste le fait de lui avoir laisse son visage, c’est ca qui m’a vraiment choque.
    Et je ne trouve pas le final grotesque, je trouve qu’il renvoie totalement a la noirceur de l’etre humain, a l’egoisme de cette femme qui prefere emmener le secret avec elle, apres tous les actes ignobles commis pour le connaitre…
    Non, meme si le film n’est pas parfait, il est tout de meme bien au-dessus d’un Hostel (qui n’est pas si mauvais que ca non plus).

    Geouf on avril 21st, 2009
  • 11

    [...] à peu près à la même époque que Martyrs, Vinyan a lui aussi eu du mal à trouver son public. Il faut dire qu’une fois encore la [...]

    Vinyan de Fabrice du Welz on mai 10th, 2009

 

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