Le fourre-tout de Geouf

CineGeouf

mars 24th, 2009 at 17:22

Lesbian Vampire Killers de Phil Claydon

Résumé: Deux amis, Fletch et Jimmy, décident de partir en randonnée dans un coin paumé de l’Angleterre pour oublier temporairement leurs soucis respectifs. Ce qui s’annonce comme un week-end très ennuyeux dans le village perdu de Cragwich devient soudainement plus réjouissant lors de l’arrivée d’un van de très charmante étudiantes. Mais les deux amis ne sont pas au bout de leurs surprises, puisque le cottage dans lequel ils logent est bientôt attaqué par un groupe de vampires lesbiennes bien décidées à leur faire la peau…

 

Shaun of the Dead, Severance, Bienvenue au Cottage et maintenant Lesbian Vampire Killers… Il semblerait bien que la comédie horrifique soit petit à petit devenu un des genres les plus représentatifs du cinéma britannique moderne. C’est donc au dernier rejeton de cette nouvelle vague auquel nous nous intéressons ici, un film au titre qui n’est pas sans évoquer le retour du film grindhouse sur les écrans. Mais plutôt qu’un décalque des bandes fauchées qu’affectionne Tarantino, on a ici droit à une comédie potache, brassant de nombreuses références cinématographiques dans un gros foutoir pas toujours bien maitrisé.

Le film est tout d’abord à la fois un hommage et parodie des célèbres films de la Hammer. On retrouve en effet tous les principaux ingrédients des longs métrages de la célèbre firme britannique : les décors gothiques visiblement construits en studio, les villageois rudes et porteurs d’un lourd secret, le prêtre seul prêt à combattre les vampires, la brume et la nuit omniprésentes, etc. Au-delà de cette référence évidente, de nombreux emprunts sont faits à d’autres productions plus récentes : Une Nuit en Enfer (les capotes remplies d’eau bénite en lieu et place du pistolet à eau), Evil Dead (le cottage ressemble à la cabane du film de Raimi), ou encore, de façon plus étonnante, Le Couvent, série Z fauchée de Mike Mendez (dans le film de Mendez, le sang des nonnes démoniaques était fluo, ici celui des vampires est blanc). Des références nombreuses qui donnent au film un petit cote foutraque pas désagréable mais l’empêchent parfois d’avoir une vraie identité. D’autant que le script est souvent bancal, multipliant les incohérences (un coup les vampires peuvent rentrer comme elles veulent dans le cottage, un coup elles doivent être invitées) et oubliant de développer ses personnages secondaires.

Mais au final, ces défauts ne sont pas réellement rédhibitoires, puisque le film ne se prend jamais au sérieux et joue constamment de ses nombreuses incohérences et de la faiblesse de son scenario. On saluera notamment les dialogues savoureux qui font pratiquement toujours mouche (une constante du cinéma britannique) et certains gags hilarants (le manche de l’épée légendaire qu’un des personnages compare à un pénis en érection, l’excellente scène de la vampire avec une hache plantée dans la tête). James Corden et Mathew Horne, des vedettes télé locales, sont très à l’aise dans leurs personnages, tout particulièrement Horne, excellent en pote lourdingue et grande gueule. Dommage par contre que le rythme soutenu de la première moitié se délite dans la seconde, les gags devenant moins présents et quelque peu répétitifs (beaucoup de gags faciles impliquant divers fluides aspergeant les personnages). Dommage aussi que le film reste finalement très prude (surtout avec un titre pareil !), puisque le spectateur attiré par les lesbiennes du titre en sera pour ses frais : on a bien droit à quelques décolletés affolants, shorts moulants et autres baisers langoureux entre femmes, mais tout ça reste très sage. Enfin, la réalisation de Phil Claydon, si elle respecte bien le cahier des charges Hammer, joue parfois un peu trop sur les effets de style tapageurs (brusques accélérations de l’image, effets sonores accentués) pour réellement convaincre.

Mais malgré tous ses défauts, Lesbian Vampire Killers reste une petite bande sympathique, certes très vite oubliée, mais permettant de passer un bon moment de rigolade.

 

Note : 6/10

6
  • 1

    Qui est le gas blond? Sa à l’aire vraiment bien!!! et très marant!!!

    milli on juin 24th, 2009
  • 2

    C’est pas un gars, c’est une fille… C’est l’actrice MyAnna Buring.

    Geouf on juin 24th, 2009
  • 3

    Personnelement je n’ai absolument pas accroché à ce sous Shaun of the dead assez opportuniste. J’ai trouver le film assez laid visuellement,très lourd et rarement drôle et franchement trop timide niveau gore (quelle idée de remplacer les sang par du lait).
    Du coup je préfère presque Les dents de la nuit , c’est dire à quel point j’aime ce Lesbian vampire killers

    Freddy K on octobre 7th, 2009
  • 4

    Oui, c’est clair qu’il est opportuniste et vite oublie, mais comme je l’ai dit sur ton blog, je me suis laisse prendre au jeu et j’ai passe un bon moment devant. Et oui, j’ai ri betemement aux blagues de cul, notamment celles sur le pommeau de l’epee ;-)

    Geouf on octobre 7th, 2009
  • 5

    Là très honnêtement j’ai trouve ce film mauvais comme pas possible et d(une frilosité incroyable.
    Le réalisateur aurait pu y aller gaiement dans cette histoire bien barré mais ne nous offre pas grand chose en fait.
    Et le final vite fait, vite bâclé n’arrange pas les choses.
    Vraiment une très grosse déception pour moi !

    Celticxoan on novembre 15th, 2009
  • 6

    Ouais, je sais, j’ai été très gentil avec ce film, comme on me l’a beaucoup fait remarquer. Mais bon, je ne sais pas pourquoi, mais j’ai bien ri devant. On va dire qu’il fait partie de mes plaisirs coupables (encore que je n’ai pas spécialement envie de le revoir).

    Geouf on novembre 15th, 2009

 

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