Résumé : Durant l’été 1958, deux sœurs, Meg et Susan, viennent s’installer chez leur tante Ruth suite à la mort de leurs parents. Ruth, femme divorcée et mère de trois garçons, prend immédiatement l’ainée, Meg, en grippe. Les punitions corporelles succèdent aux humiliations verbales, jusqu’à ce que Ruth décide d’enfermer la jeune fille dans la cave et de la torturer avec l’aide de ses fils et de plusieurs enfants du quartier…
Il existe des films à ne pas mettre devant tous les yeux. Des films profondément choquant car reflétant une réalité qu’on souhaiterait ne pas exister. The Girl next Door, adapté d’un roman de Jack Ketchum, lui-même inspiré d’un fait divers réel, est de ceux-ci. Un film qui prend le spectateur aux tripes, le révolte et le laisse épuisé devant tant de perversité. Visionner ce film n’est pas une partie de plaisir. Il ne s’agit pas d’un film d’horreur « fun » qu’on regarde entre potes et dont on se décrit les meilleures scènes, mais d’une expérience extrême qui ne laissera personne indemne. Car dans The Girl next Door, l’horreur a un visage bien humain, celui d’une femme aigrie, rongée par son divorce (excellente Blanche Baker, absolument haïssable du début à la fin) et qui emporte ses enfants dans sa folie. La mécanique du film est implacable et Wilson plonge petit à petit le spectateur dans une horreur banale (du moins au début), tout en lui laissant parfois une lueur faisant espérer une issue heureuse. Les nouveaux coups du sort n’en sont dès lors que plus douloureux et déprimants. Gregory Wilson est aussi suffisamment malin pour ne jamais céder à la mode du voyeurisme actuelle. La torture subie par Meg est physique bien évidemment, mais tout autant psychologique, sans que le réalisateur n’ait besoin d’étaler les tortures ou de montrer en plein écran ce qui se passe. Les cris de Meg ou son visage sale et tuméfié suffisent amplement à être tétanisé.

Mais plus qu’un énième shocker sans cervelle, le film pose des questions essentielles et appuie là où ça fait mal. Wilson questionne constamment la moralité de son public, le rendant complice des agissements de Ruth, comme peuvent l’être ses enfants. A tel point qu’on hésite souvent à stopper le visionnage du film, non parce qu’il est trop gore, mais bien parce que l’on se sent dans une position de voyeur impuissant, comme le jeune Davy, forcé de regarder son amie se faire torturer sans pouvoir intervenir. L’implication est totale et tétanisante. Mais The Girl next Door est aussi et surtout une réflexion sur l’éducation et les responsabilités incombant aux adultes. Car finalement, dans le film les adultes sont les vrais coupables. Malgré les supplications de Meg puis les avertissements de Davy, le policier ne mène pas une enquête approfondie. Si les enfants de Ruth torturent Meg, c’est parce que leur mère leur a dit qu’ils pouvaient, voire les a même encouragés. Si Davy ne sait pas comment réagir, c’est parce que ses parents ne l’écoutent pas (affreuse scène où Davy tente de réveiller sa mère pendant la nuit pour lui parler) ou parce qu’ils lui donnent de mauvais conseils (« il vaut mieux se mêler de ses affaires » lui dit son père).
Vous l’aurez compris, The Girl next Door est un film choc, une expérience réellement traumatisante mais essentielle, pour ne pas oublier que ne pas vouloir voir et ne pas agir, c’est aussi être coupable…
Note : 8/10


Bah j’ai vu The girl next door avec Elisha Cuthbert et ça ne m’a pas fait du tout le même effet que toi ; ).
Sinon plaisanterie mise à part la critique donne envie de découvrir le film d’autant plus que je viens de voir The lost adapté du même auteur et que c’est une véritable petite bombe (la critique est à venir sur DVDrama)
Et puis les films qui bousculent les spectateurs seront toujours plus fascinant que ceux qui les endorment.
Oui, moi aussi j’ai vu les deux versions et c’est vrai que c’est un peu différent, lol !
Je suis d’accord avec toi sur le fait que les films qui bousculent les spectateurs sont plus intéressants, mais là j’avoue que j’ai vraiment été traumatisé pour le coup. Il y a vraiment peu de films qui m’ont fait cet effet. Le dernier en date, c’était Eden Lake et ce n’était rien comparé à celui-ci…
The Lost est aussi sur ma pile de DVD à voir (j’ai d’ailleurs hésité à le regarder hier soir, mais je me suis rabattu sur The girl next door). Je suppose que tu l’as eu avec le dernier Mad Movies, toi aussi?
Yep, comme tu dis cette position de voyeur impuissant m’a gêné, enfin elle m’a surtout énervé, j’aurai voulu tous les zigouiller, même le David lol. Même si c’est tiré d’un fait divers, je comprend pas pourquoi autant de jeunes assistent à ça sans qui en est un seul qui ose parler de ce qui se passe, même du coté des filles, à part le « bon » David. Bon après je connais pas l’histoire de base, mais bon… La vf est assez mauvaise comme d’hab, j’aurai du le voir en vost, shame on me lol
Je pense aussi que c’est représentatif de l’époque à laquelle se déroule l’histoire. De nos jours, j’imagine (j’espère) que les gens seraient moins passifs…
Et puis à tous les coups si cela s’était déroulé de nos jours un des petits crétins aurait filmé les tortures avec son portable et aurait fait tourner la vidéo…
Mais je suis d’accord avec toi sur le fait qu’on a vraiment envie de foutre une torgnole à la tante et aux gamins et de secouer le héros pour qu’il se bouge. J’ai eu le même sentiment devant Eden Lake…
Je partage dans l’ensemble ton avais sur ce film qui reste pour moi celui qui m’aura le plus impressionné dans le genre. Déjà le roman m’avait considérablement secoué mais le film a encore franchi un cap dans mon ressenti.
A des années lumières d’un film dans le genre de Martyrs et Hostel, The girl next Door est un vrai film choc…
J’ai également mis ma critique sur ce film sur mon blog cin, si ça te dis…
A bientôt collègue (lol)
J’ai enfin vu le film et je le trouve aussi prenant dans le fond qu’assez anecdotique dans la forme (On croirait vraiment un pauvre téléfilm.)
En tout cas c’est certain que c’est une expérience dont on ne sort pas indemne. Après Eden lake c’est donc le deuxième gros film que je découvre grâce à toi, juste un mot Merci !!
Ma critique est arrivé du coté des blogs de DVDrama, perso je vais faire illico un p’tit tour sur celle de Celticxoan ; )
effectivement , ce film est assez traumatisant , c’est le genre de film qui vous degoute des humains , y’a vraiment des gens fous…
hostel aussi m’avez assez retournée , mais dans le mauvais sens du terme , je l’avai trouvé trés debile , chocant mais debile , trés bizarre .Tandis que ce film est choquant mais choquant film culte , c’est un film a voir , meme si aprés on se sent plutot mal …
Personnellement, je ne le qualifierai pas de film culte, ce n’est pas le genre de film que je reverrai en boucle. Mais c’est un film essentiel, tout autant que le livre dont il est tire, que je viens de terminer, et qui est tout aussi traumatisant.