Le fourre-tout de Geouf

CineGeouf

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janvier 27th, 2009 at 17:26

Walkyrie de Bryan Singer

Résumé: Durant la seconde guerre mondiale, le colonel Claus Von Stauffenberg (Tom Cruise), héros de guerre mutilé au combat, rejoint une coalition d’officiers de la Wehrmacht décidés à tuer Hitler et à faire tomber le régime Nazi. Un plan risqué mais qui pourrait changer la face de la guerre et redonner à l’Allemagne son honneur perdu suite aux atrocités commises par les Nazis…

 

Censé célébrer les retrouvailles de Bryan Singer et Christopher McQuarrie, duo à l’origine du génial Usual Suspects, Walkyrie aura connu un parcours chaotique avant d’enfin arriver sur les écrans. Polémique en Allemagne à cause de l’appartenance de Cruise à l’église de scientologie, reshoots suite à l’endommagement des négatifs par le laboratoire chargé de les développer, accident couteux, sortie repoussée plusieurs fois, rien n’a été épargné au nouveau film du réalisateur de X-Men. Alors le jeu en valait-il la chandelle ? Singer a-t-il réussi son pari de porter à l’écran cet épisode méconnu de la seconde guerre mondiale ? La réponse ci-dessous…

Avec Walkyrie, Singer n’a pas choisi la voie de la facilité. Il est en effet tellement plus aisé pour le public de penser que Allemands égale Nazis que tourner un film montrant des officiers de la Wehrmacht complotant contre Hitler s’avérait particulièrement risqué. Mais on le sait, le réalisateur a toujours été fasciné par cette période de l’Histoire, comme le démontrent Un Elève doué et les deux X-Men. Il était donc logique qu’il finisse par s’attaquer frontalement au sujet et en cela ses intentions sont plus que louables, puisque Walkyrie permettra certainement d’ouvrir les yeux de certains spectateurs. Mais malheureusement, au-delà de la passionnante page d’histoire qu’il dévoile, le film de Singer est loin d’être aussi réussi que ce à quoi on pouvait s’attendre.

Premièrement, le film est plat, mou et, plus surprenant encore, ne comporte pratiquement aucun suspense. C’est bien simple, on l’impression qu’il est extrêmement facile de préparer un attentat contre Hitler, et que tout le monde est prêt à faire partie du complot, qu’il suffit juste de demander. On n’a jamais l’impression que les personnages sont réellement en difficulté (mis à part à la fin évidemment), on dirait qu’ils peuvent se réunir et comploter à loisir sans être inquiétés. De même, le plan se met en place de lui-même sans qu’ils aient réellement à y réfléchir. Mais peut-être que ce sentiment de facilité est aussi dû au fait que le film démarre au moment de l’implication de Von Stauffenberg, alors que l’équipe est déjà presque au complet et qu’une première tentative a échoué. Un choix scénaristique comme un autre, mais qui pose un second problème, celui de l’attachement aux personnages.

Et c’est là que le bât blesse réellement, car Singer, obnubilé par l’explication de la stratégie déployée par les comploteurs, oublie totalement d’insuffler de la vie à ses personnages. On ne sait rien d’eux, de leur vie, de leurs aspirations, des raisons qui les ont poussées à préparer cet attentat. Tout juste aperçoit-on la femme de Von Stauffenberg (la belle Carice Van Houten, échappée de Black Book et totalement sacrifiée ici) et ses enfants dans deux micros scènes que Singer passe à autre chose. Et c’est encore pire pour les autres personnages, dont on ne connaitra jamais les motivations ni les sentiments. Il est réellement rageant de voir des acteurs aussi talentueux sous-exploités à ce point. Kenneth Branagh est éjecté du film au bout de 20 minutes, Terence Stamp fait de la figuration, Tom Wilkinson n’apparaît que sporadiquement.  Le seul à tirer à peu près son épingle du jeu, mis à part un Tom Cruise omniprésent (et un peu monolithique), c’est l’immense Bill Nighy, très crédible en officier stressé par les responsabilités qu’impliquent ce complot.

Heureusement, le film n’est pas non plus totalement catastrophique sur tous les plans. Sa structure très claire permet de facilement comprendre les tenants et aboutissants de l’intrigue et de saisir toutes les ramifications du complot. La deuxième partie du film, lors de la seconde tentative de mise à exécution du plan, est plus dynamique, Singer semblant enfin retrouver un peu de vigueur et d’implication. On suit dès lors avec un intérêt renouvelé le déroulement des opérations jusqu’à la dramatique conclusion de l’aventure.

Au final, si le film de Singer propose un éclairage nouveau sur une des périodes les plus sombres de l’Histoire moderne et est en cela essentiel, il n’arrive malheureusement jamais à embrasser totalement son sujet et à impliquer suffisamment le spectateur pour remporter totalement l’adhésion et s’imposer durablement dans les esprits…

 

Note : 6/10


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10
  • 1

    Après la pruge des INSURGES ce film fait plaisir à voir. Grand film au suspens (malgrés le fait qu’on connaisse l’issue) il démontre que certains officiers ont tenté de mettre un terme au régime nazi en organisant un coup d’état. Le casting en impose (la dernière photo que tu as mis mettait la bave au lêvres). Dans 1 sens B. Singer ne juge pas les allemands mais tente une reconstitution rigoureuse. Au contraire j’ai trouvé qu’on s’inquiétait beaucoup pour les personnages toujours sur le qui-vive grâce à la musique mais au jeu tout en retenue des acteurs (le regard et les silences). Même si historiquement le fait qu’ils parlent tous anglais soit un chouia gêant au début. Mais un cast réussi et qui renoue avec la tradition des films de guerre US (mais sans le côté je suis là façon LE JOUR LE PLUS LONG).

    A signaler le boulot de John Ottman présent sur USUAL SUSPECTS comme monteur et compositeur.

    Oreo33 on janvier 28th, 2009
  • 2

    Ah justement, le fait qu’ils parlent tous anglais est plutot bien amene au debut du film, avec le passage progressif de l’allemand a l’anglais (ca m’a rappele le 13e guerrier d’ailleurs). Au moins il ne parlent pas anglais avec un accent allemand comme dans certains autres films…
    Et pour ce qui est de la reconstitution rigoureuse, je suis pas convaincu. On a vraiment l’impression qu’il suffit aux heros de demander « dis, tu veux faire partie du complot » pour que ca marche. Le plus representatif, c’est le personnage de l’aide de Von Stauffenberg qui, a peine arrive, accepte direct de suivre son chef. Ca m’a un peu derange…
    Pas vu les Insurges, mais vu les echos que j’ai entendu, j’ai bien fait.
    Au fait, ca fait plaisir de voir que tu es toujours vivant !

    Geouf on janvier 28th, 2009
  • 3

    Je rebondis sur Defiance que j’ai trouvé bien amené. On est loin d’un chef d’oeuvre, certes, mais le film tient la route. On sait dès le départ que ce ne sera pas un film sur la WW2, mais sur « une partie du peuple juif », et sur leur propre survie. A partir de là, on est pas dans le style Hollywoodien ( bien que prégnant) et je suis presque sûr que le postulat de base est pleinement rempli.
    En tenant compte de ce fait, le film réussi son pari, sans tomber dans le « nian nian ».
    Le seul bémol qui peut être fait est que Zwick survole son film sans vraiment s’impliquer, mais la maitrise du sujet et le traitement de l’histoire sont là.
    C’est tout ce que je demande pour ma part.

    Spaces on janvier 29th, 2009
  • 4

    J’avoue que je n’ai pas vu Defiance, donc je ne peux pas trop juger. Mais Zwick est un peu capable du pire comme du meilleur. Le probleme c’est qu’il a souvent du mal a concilier les sujets politiques avec les standards hollywoodiens, comme dans Blood Diamond ou il posant des grosses scenes d’action un peu hors sujet au milieu du film…

    Geouf on janvier 29th, 2009
  • 5

    Salut!

    C’est con, j’ai enfin l’occasion de laisser un commentaire, il faut que tu sois parti à la rencontre de Peter Jackson… Euh, à la rencontre de ta douce et tendre, je veux dire… :-)
    Enfin, c’est pour la bonne cause ;-)

    Bon, comme je vais au ciné peut-être une fois par mois désormais, ca explique le peu d’avis que je laisse… Mais j’ai vu Walkyrie hier, donc, voici mon commentaire :-)

    J’ai vraiment bien aimé, 8/10. Je me suis bien mis en condition, oublier qu’Hitler avait survécu à cette tentative d’assassinat. Si on y parvient, le suspense fonctionne très bien, j’étais à fond dedans (si j’oublie que je suis dans un fauteuil quand je regarde un film, c’est gagné…). Chaque rencontre entre Stauffenberg et Hitler me donnaient froid dans le dos. Pas de quoi arracher son fauteuil, mais c’était pas vraiment mou! :-)

    Tu trouves que c’était un peu facile de recruter des hommes, mais je suis persuadé que le travail en amont du personnage de Bill Nighy devait grandement leur faciliter la tâche. Enfin, c’est comme ça que je le ressent. Voir la scène où ils parlent de Fromm (Tom Wilkinson) et la précision du jugement sur cet homme. Certaines personnes sont très douées pour cerner les hommes et leurs motivations et je suis intimement convaincu que c’était le cas des cerveaux de l’opération, Terence Stamp et consort.

    Quand aux personnages, ce n’était certes pas facile de leur insuffler à tous de la vie, mais dans l’ensemble, c’est plutôt pas mal. Un peu dommage pour Brannagh (mais son personnage reste sympathique, c’est l’essentiel), mais Nighy et Wilkinson sont assez énormes dans leur rôle secondaire. Et l’adjoint de Stauffenberg s’en tire très bien aussi, la mort de tous ces hommes m’a tout de même ému à la fin (Merde, quel spoiler, alors!! :-) )

    Autre chose, tu parles du manque de fond, du passé et des motivations des personnages. Pour ma part, et je parle pour n’importe quel film en général, je ne m’attache pas trop au passé. Ce qui m’intéresse, c’est ce que les personnages font, leurs actes. Le reste est secondaire. Et pour la motivation, je ne vois pas très bien pourquoi il faudrait l’expliquer pour tous les personnages, alors qu’elle coule de source…

    Bref, tout ça pour dire que tous les petits défauts que tu as trouvé ne m’ont pas dérangé du tout :-)

    Par contre, je dois m’insurger pour une chose: Carice Van Houten n’est pas belle, elle est SUBLIME, MAGNIFIQUE, la FEMME-DEESSE par excellence… :-)
    Mais c’est vrai, un peu sacrifiée dans ce film… Que veux-tu, si elle refaisait Black Book, Tommy n’aurait pas apprécié de devenir transparent… ;-)

    Soundwave on février 2nd, 2009
  • 6

    J’oubliais de dire: bien vu pour le début du film, où on passe de l’allemand à l’anglais comme une fleur. 13ème guerrier forever… :-)

    Soundwave on février 2nd, 2009
  • 7

    Mais ta préféré reste Dina Meyer, non ?

    C’est rageant j’ai raté le début. Je suis arrive quand le Baron parle au coin d’un feu avant le bombardement. Pourquoi ??????

    Oreo33 on février 3rd, 2009
  • 8

    Oui, oui, Dina est toujours la meilleure: elle me brûle les yeux à tous les coups… :-)

    Ah, tu es arrivé juste après (on parle de secondes, là!) la transition allemand/anglais… Tu n’as pas raté grand chose à vrai dire… Juste quelques phrases en allemand…

    Tiens, tu as déjà fait un tour sur mon blog WordPress? Histoire de t’inscrire et vérifier si tu sais te connecter et laisser un commentaire avec le password que tu recevras par mail… Geouf a quelques problèmes, lui… Grrrr…

    Soundwave on février 4th, 2009
  • 9

    Ah ben voila ! Il suffit que je parte quelques semaines en lune de miel pour que tous les anciens de Blogorama viennent faire la fete sur mon blog ! Vous pouviez pas trouver un autre moment?
    Bon, heureusement qu’au pays des kiwis ils ont aussi le net, comme ca je me tiens au courant de ce qui se passe sur mon cher blog…

    Geouf on février 5th, 2009
  • 10

    Tu n’as pas honte de traîner sur ton blog alors que ta femme t’attend au lit?? Indécrottable bloggeur, va!!! :-)

    Soundwave on février 5th, 2009

 

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