Le fourre-tout de Geouf

CineGeouf

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septembre 15th, 2008 at 10:45

Eden Lake de James Watkins

Résumé: Partis pour un week-end en amoureux au bord d’un lac, Steve (Michael Fassbender) et Jenny (Kelly Reilly) sont rapidement dérangés par une bande d’ados d’une quinzaine d’années. L’affrontement, d’abord verbal, tourne au drame lorsque Steve tue accidentellement le chien du leader de la bande. Steve et Jenny vont dès lors devoir lutter âprement pour survivre aux assauts de cette bande de gamins agressifs…

 

Je commence à être un vieux routard de l’horreur, voire du cinéma tout court, et je dois avouer que rare sont les films qui parviennent encore à me choquer. Pourtant, de temps en temps, je tombe sur une perle qui parvient à me mettre mal à l’aise et dont l’influence se ressent encore quelques jours plus tard. Il y avait déjà eu Funny Games US cette année, et maintenant il y a cet Eden Lake sorti de nulle part. Lorsque je me suis rendu au cinéma, je m’attendais à voir un survival classique et efficace, comme le Royaume-Uni en produit régulièrement (et avec succès) en ce moment. Mais j’ai au final pris une énorme claque dans la figure et je suis ressorti complètement sonné par ce film.

Car James Watkins (scénariste notamment du très sympa My little Eye et du prochain The De2cent), dont c’est le premier film en tant que réalisateur, a trouvé ici l’angle d’attaque parfait pour démarquer son film du tout venant de la production horrifique actuelle. Au lieu d’une énième famille de dégénérés consanguins et avides de chair humaine, la menace est ici beaucoup plus réelle et proche de nous et s’appuie sur une des peurs les plus présentes actuellement, celle de la jeunesse. Qui n’a en effet jamais croisé ces ados bruyants et agressifs, totalement irrespectueux de leurs aînés ? Une peur de la jeunesse qui semble être le fait de toutes les générations et qui n’est pas propre à notre époque, mais amplifiée par des medias toujours avides de mettre en avant la moindre violence scolaire. Les tortionnaires de notre charmant couple ne sont donc ici que de jeunes ados laissés livrés a eux-mêmes par des parents n’ayant pas le temps de s’occuper d’eux. Pas forcement tous mauvais en soi, mais poussés par un leader charismatique et qui les terrifie, ils basculeront rapidement de l’autre coté de la barrière, commettant l’irréparable.

A l’opposé, nous retrouvons des héros classiques de survival, un couple jeune, beau et amoureux, composé du sexy Michael Fassbender, aperçu notamment dans 300 et bientôt à l’affiche du nouvel opus de Tarantino, et la charmante Kelly Reilly, égérie de Cédric Klapish dans L’Auberge espagnole et Les Poupées russes. Un joli couple, immédiatement proche de nous et auquel on s’attache très facilement. Ce qui ne rendra la suite des événements que plus douloureuse. Car James Watkins joue à fond et avec perversité de son sujet. Car quand bien même les ados du film sont abominables et commettent des actes impardonnables, il reste toujours difficile pour les héros de rendre coup pour coup. Comme ils le disent « ce n’est qu’une bande de gamins de 12 ans », et pas des dégénérés mongoloïdes issus de relations ou d’expériences contre nature. D’où un sentiment de malaise constant du spectateur, partagé entre le désir de voir les héros mettre une bonne raclée à ces morveux et celui de les voir plutôt fuir le plus loin possible et oublier tout ça.

L’empathie fonctionne donc à fond, particulièrement dans l’insoutenable scène de torture du pauvre Steve. Une scène qui fonctionne une fois encore sur deux niveaux : le dégoût de voir ce que ces gosses sont capables de faire subir à un homme sans défense, et la pitié pour la plupart d’entre eux, obligés de suivre les autres sous peine de se faire rejeter par la bande, voire pire, torturer à leur tour. A ce propos, le jeune Jack O’Connell est absolument monstrueux en leader psychotique et terrifiant de la bande, et devrait rapidement se faire un nom. Watkins enchaîne donc les scènes chocs, sans non plus tomber dans le voyeurisme ni le gore gratuit, tout en questionnant constamment la morale du spectateur. Ainsi, lorsque Jenny fait tomber les gamins de leur vélo, on jubile intérieurement, mais lorsqu’elle tue accidentellement l’un d’eux, on se dit que finalement la loi du talion est loin d’être une réponse appropriée.

Mais toutes ces péripéties ne sont finalement rien en comparaison d’un final d’une noirceur abyssale, total contre-pied du vieil adage qui veut que la vérité sorte toujours de la bouche des enfants. Ce final sans concession, dont je me garderai bien de révéler la teneur, est un véritable uppercut à l’estomac du spectateur qui ressort sonné et profondément perturbé. On appelle ça un coup de maître…

 

Note : 9/10

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9
  • 1

    Hello!

    Bon, je vais essayer de retenir le titre du film, mais j’espère qu’on est loin de « Ils » parce lorsque j’ai vu que c’était des gamins, la douche froide… Je ne comprends pas du tout à un moment donné, lorsqu’Olivia Bonamy lève une grosse pierre pour fracasser le crâne d’un sale morveux, elle hésite et elle lâche la pierre… Moi, je lui aurais PUL-VE-RI-SE la gueule… Déjà que j’aime pas beaucoup les gosses… ^^

    Soundwave on septembre 15th, 2008
  • 2

    Je te rassure, rien a voir avec Ils.
    Et moi aussi, j’aurais pulverise la gueule au leader dans Eden Lake. Mais tu verras que pour les autres protagonistes, c’est moins facile comme jugement…
    Mais tres franchement, c’est un film a voir. Il y a quelques scenes un chouia too much, mais rien que pour le final…

    admin on septembre 15th, 2008
  • 3

    Un titre que je connaissais mais dont j’ignorais la valeur du film. Grace à ta critique du coup j’ai plutôt envie d’y jeter un œil, voir les deux !
    L’histoire me fait penser au Révoltés de L’An 2000….un remake dissimulé ?
    En tout cas merci pour cette critique….

    Celicxoan on septembre 16th, 2008
  • 4

    J’ignorais aussi la valeur de ce film, jusqu’à ce que je le voie au ciné…
    C’est vrai qu’il m’a un peu fait penser aux Révoltés de l’An 2000, que j’ai découvert il y a peu de temps. Seulement, le film de Watkins est beaucoup plus réaliste que celui de Serrador, notamment au niveau des réactions des deux héros (gros point faible des Révoltés à mon avis).

    admin on septembre 17th, 2008
  • 5

    Bon voilà, je viens de voir ce film au cinéma et finalement je l’ai trouvé assez intéressant et plutôt pas mal.
    Par-contre, côté choc ou le fait d’être impressionné, ben je suis resté sur ma faim.
    Probablement du fait d’avoir vu d’autres films sur la violence subie par des enfants (Les Révoltés de l’An 2000 ou Sa Majesté des Mouches nettement plus traumatisants)mais principalement par le traitement fait à l’histoire. Le fait de nous montrer ces jeunes (des ados un peu trop âgé et ayant quittés l’enfance depuis longtemps, hormis deux d’entre eux)violent et sans aucune morale réduit considérablement l’impact escompté quand le couple de victimes se révolte (c’est pas compliqué toute la salle moi y compris étions « heureux » de voir ces ados en mauvaise posture).
    Concernant le final, c’est assez sombre mais découlant tout de même d’une coïncidence un petit énorme tout de même…
    Mais bon au final, un film qui vaut la peine d’être vu au moins pour son courage (même si par moment on sent que le réal n’assume pas vraiment ce qu’il nous montre…).
    Un petit 6 ou 7/10 mais pas plus pour moi.

    Celticxoan on octobre 12th, 2008
  • 6

    Dommage. J’avoue que personnellement j’ai vu Les Révoltés de l’An 2000 quelques semaines avant de voir Eden Lake et que j’ai été beaucoup plus traumatisé par Eden Lake. Le gros problème à mon avis des Révoltés, c’est que les deux héros, notamment le mari, ont des comportements totalement illogiques. Quand il découvre ce que font les enfants, au lieu de tenter de fuir avec sa femme, il reste suer place un bon moment.
    Pour ce qui est des ados violents et sans morale, je ne suis pas d’accord avec toi. Le problème, c’est qu’ils sont poussés par ce leader violent qui leur fait peur et sont terrifiés par les représailles qu’ils pourraient subir. Ensuite, concernant le fait de trouver jouissif le fait que les héros finissent par rendre les coups, je suis aussi d’accord, sauf que la mort semi-accidentelle du gamin vient remettre tout ça en question. Comme l’héroïne, on passe en quelques secondes du « ouais, bien fait pour sa gueule » au « putain mais qu’est-ce qu’elle a fait ! ».
    Le final découle certes d’une grosse coïncidence, mais cela n’enlève rien à son impact je trouve.
    Par contre, j’aimerais bien savoir en quoi le réal n’assume pas ce qu’il nous montre. Je trouve qu’au contraire il assume pleinement ses images tout en ne versant pas dans la surenchère…

    admin on octobre 12th, 2008
  • 7

    Si tu regardes finalement les rares enfants/ados tués par les victimes potentielles sont presque non intentionnelles (le meurtre avec la voiture est le seul « prémédité »).
    Je suis vraiment resté sur ma faim à la fin de ce film, même si je concède aisément qu’il reste un bon film mais sans vraiment apporter quoi que ce soit de plus à d’autres œuvres antérieures (même le récent L’Echange de Clint Eastwood possède des assassinats d’enfant plus impressionnants bien que hors champs dans un autre genre).
    A voir incontestablement mais sans plus pour moi…

    Celticxoan on novembre 23rd, 2008
  • 8

    Justement, c’est en ça que je trouve le film plus dérangeant. On ne tombe pas dans le schéma classique « oeil pour oeil, dent pour dent ». Les meurtres perpétrés par les adultes ne sont pas jouissifs comme dans un survival classique et ont des conséquences dramatiques.
    Pour ce qui est de L’Echange, il ne sort que vendredi prochain ici, j’ai hâte !

    admin on novembre 23rd, 2008
  • 9

    en effet quel « coup de maitre « , le fin est vraiment…. enfin elle m’a laissé sur le c** si je peux me permettre

    charlotte on novembre 2nd, 2009

 

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