
Résumé: Revenant du mariage d’un de leurs amis, Kristen (Liv Tyler) et James (Scott Speedman) doivent passer la nuit dans la maison de campagne de la famille de James. En plein milieu de la nuit, une inconnue frappe à la porte et demande à voir une certaine Tamara. Lorsque le couple lui répond qu’il n’y a personne de ce nom-là dans la maison, celle-ci s’en va sans faire de vagues. Mais malheureusement pour Kristen et James, trois inconnus masqués ne tardent pas à venir assiéger la maison, bien décidés à faire passer au couple une nuit des plus éprouvantes…
Succès surprise au box office américain, The Strangers est le premier film du jeune Bryan Bertino. Un film soi-disant basé sur des faits réels (c’est la mode et c’est vendeur), mais plutôt très largement inspiré du Ils de Xavier Palud et David Moreau, dont il reprend la trame de base (un jeune couple dans une maison isolée est harcelé par des inconnus aux motivations obscures). Et si ce coup d’essai n’est pas un coup de maître, il faut avouer que le film a de sacrés atouts à présenter au fan d’horreur. Bertino, dont c’est la première réalisation, il faut le rappeler, arrive dès les premières minutes à poser une ambiance réellement oppressante, à coups de plans larges dans lesquels les personnages se retrouvent totalement perdus. L’impression d’isolement des deux héros est palpable, et le spectateur est immédiatement sur ses gardes, redoutant la suite des événements. Tout le film est basé sur l’idée d’intrusion d’un élément perturbateur dans le foyer censé représenter la sécurité. Le premier élément étant la discorde dans le couple suite au refus de Kristen d’épouser James. On ne sait que peu de choses sur le couple ou sur la raison de ce refus, mais cette astuce scénaristique permet de créer une instabilité source de tension qui ne retombera pratiquement jamais jusqu’à la fin du film. Contrairement à la mode actuelle consistant à tout montrer et en particulier les scènes gores, The Strangers repose entièrement sur ce qu’on ne voit pas et sur l’attente. Car au final, mis à part dans les dernières minutes, les trois inconnus n’infligent aucun sévice physique aux héros, se contentant de les effrayer.
J’ai déjà mentionné Ils dans les sources d’inspiration évidentes du film, mais en fait, la plus grosse influence de Bertino est le cinéma de Carpenter et tout particulièrement Halloween. Les masques des inconnus évoquent bien évidemment celui de Michael Myers, mais c’est surtout dans sa réalisation et son utilisation du hors champ et de l’arrière-plan que Bertino paie son tribut au maître de l’horreur. C’est là à la fois sa grande force et sa faiblesse. Une force car 30 ans après les techniques de Carpenter sont toujours aussi efficaces (une des scènes les plus effrayantes du film montre l’héroïne en train de boire un verre d’eau alors que l’un des inconnus l’observe en arrière-plan) et parce qu’on sent que Bertino a réfléchi à sa réalisation et à l’effet qu’il cherchait à obtenir (il utilise entre autres pas mal de plans éloignés et à hauteur d’homme, pour donner l’impression perpétuelle que les héros sont observés). Mais c’est aussi une faiblesse, car ces techniques ont été utilisées très souvent depuis 30 ans et donnent l’impression que le film manque d’originalité. En clair, malgré tout le soin apporté par son réalisateur et malgré des acteurs impliqués, The Strangers a du mal à sortir du lot. On lui saura gré tout de même de ne jamais complètement révéler le visage de ses trois boogeymen, réellement effrayants, et de ne jamais donner de justification à leurs actes, mis à part un laconique « Because you were home » (Parce que vous étiez chez vous).
Dommage cependant que le film se termine sur une très mauvaise note, avec une scène cliché assez ridicule et contrastant désagréablement avec la retenue du reste du film. Pour conclure, si The Strangers n’est pas une révolution, il a le mérite de révéler un réalisateur appliqué et prometteur, sachant réfléchir ses plans et utiliser une caméra, et dont je suivrai les prochains essais avec intérêt.
Note : 7/10


Entre Ils et Motel (avec une ambiance parfois « Halloweenesque » comme tu l’as remarqué)une très belle réussite.
Entièrement d’accord avec toi…et si il sortait enfin au ciné, le rendu serait encore meilleurs!
Ah moi j’ai eu la chance de le voir au ciné, et l’audience était captivé. On a même eu droit à une fille qui a hurlé de terreur lors de la scène du « verre d’eau » que je cite dnas l’article.
Je l’ai récupéré récemment ainsi que « ils » (par lequel je commencerai d’ailleurs) et entre la bande annonce et ta critique, je suis tout de même impatient.
D’autant que ‘avais trouvé motel très efficace dans le genre. Un des rares slashers dans lequel je ne souhaitais pas la mort des protagonistes ^^
« Ils » n’est pas genial mais comporte quelques bons moments de frousse et la fin est assez sympa. Quant a Motel, je l’ai bien aime aussi, mais le happy end peu credible vient malheureusement un peu gacher le film.
Je les ai vus, ça y est! J’ai préféré « ils » à « the strangers ». Il faut dire que tyler et speedman campent des personnages tellement idiots qu’on finit par attendre avec impatience leur mort. Pourtant ils avaient toutes les chances de s’en sortir. C’est justement un point que j’ai aimé dans « motel », le fait que le couple soit réactif et intelligent. Il reste celui que j’ai préféré des trois.
« Ils » est tout de même très efficace pour un film de genre français. J’ai enchaîné avec le navet « frontières » de le très mauvais « haute tension », à la réputation pourtant flatteuse. Pourtant le twist est prévisible dès la première scène, les maquillages pas toujours réussis, l’interprétation est en roue libre….
Je m’apprète à regarder farmhouse, dont le propos semble sympathique.
Moi je trouve The Strangers tres superieur a « Ils », surtout au niveau realisation. Bertino a clairement plus de savoir faire que Palud et Moreau. Personnellement, je ne me rappelle pas avoir ete choque par le comportement des heros, au contraire…
Concernant Frontiere(s), je te renvoie a mon article pour mon avis (en gros je suis bien d’accord avec toi). Par contre, j’ai bien aime Haute Tension, je l’ai trouve tres efficace. C’est vrai que le twist est pourri (et surtout totalement illogique), mais on ne peut pas en vouloir a Aja, puisqu’il lui a ete impose par Besson…
D’un point de vue technique, il est clair que « ils » fleure le téléfilm du dimanche après midi. Néanmoins l’ensemble est bien mené, sans temps mort, avec un couple qui tient la route.
Ce qui m’a dérangé chez les héros de « the strangers », ce sont plusieurs décisions qui n’ont, je trouve, aucun sens. SPOILER une fois le meilleur ami descendu, quelle idée de sortir dans la forêt et de s’exposer à leurs agresseurs. Ils avaient jusque là une configuration imparable: une pièce sans fenêtre (il me semble) avec une seule ouverture: la porte, et un fusil avec une vingtaine de munitions. Même s’ils étaient perturbés par le meurtre, ils n’avaient aucune chance de se faire tuer en restant la jusqu’au matin. Et les étrangers le savaient bien puisqu’ils n’ont rien tenté jusque-là.
Ce passage m’a déjà agacé. Ensuite, les nombreux moments où ils se séparent, ce qui est idiot. Ne parlons pas de speedman qui tente de court-circuiter la voiture, qui se trouve en plein milieu de la forêt, en pleine lumière. Il peut se faire attaquer de n’importe quel côté, à n’importe quel moment.
Les passages où tyler rampe en pleine lumière. Et le gros passage, celui où elle passe sa tête par la porte de la chambre pour voir ce qui se passe et que l’étranger l’attrape. Ultra prévisible et complètement irrationnel comme réaction. ça plus comme tu le disais le plan final ridicule…
Malgré tout, quelques passages sont très réussis: j’ai beaucoup aimé le plan du verre d’eau avec l’étranger dans l’arrière plan, ou l’utilisation de la musique. Techniquement c’est plutôt bien fait. Reste que le couple m’a agacé, et qu’à aucun moment je n’ai sursauté, alors qu’ »ils » m’a paru plus efficace de ce point de vue, avec son dernier plan glaçant.
Pour ce qui est de « haute tension », j’en attendais beaucoup, c’est sans doute pour ça que j’ai été bien déçu. Je suis bien d’accord en revanche, la réalisation est très efficace, mais j’ai trouvé certains passages trop longs. Et puis l’effet besson qui se la joue « fight club » du pauvre, totalement gratuitement… dommage, je pense qu’il aurait pu être bien plus réussi.
Mais globalement je ne suis pas convaincu par le cinéma de genre français. Je viens de lire ta critique de « martyrs » et le débat qui suit. Je suis assez d’accord avec toi, si ce n’est que je suis moins enthousiaste. Laugier est un maître de l’ambiance, mais il devrait cesser d’écrire ses scénarios. « St ange » m’avait paru bon jusqu’à la dernière partie qui cède au bis le plus ringard, et j’ai ressenti le même effet devant la bande de bourgeois de « martyrs ». Ce qui est dommage car on sent une volonté de donner ses lettres de noblesse à un genre encore décrié ici où seuls les films auteurisants gonflants et les comédies franchouillardes semblent avoir leur place. Mais une fois encore, après le buzz, j’étais si content de trouver une salle de cinéma le diffusant que j’en suis sorti très déçu!
Oui, je comprends les defauts que tu souleves sur The Strangers, meme si personnellement, cela ne m’a pas plus derange que ca, ayant ete happe par l’ambiance du film.
Concernant l’etat du cinema de genre francais, je suis d’accord avec toi, ce n’est pas brillant. J’ai deteste Frontiere(s) et A l’Interieur, mais j’ai bien aime Martyrs (enfin, pas sur que « aime » soit le qualificatif correct pour ce que j’ai ressenti !) et son final. Le seul truc que je lui reprocherais, c’est que j’ai eu du mal a reellement m’attacher au sort de l’heroine, notamment a cause de son manque de combattivite…
Mais c’est vrai que le cinema de genre francais va mal. On produit de plus en plus de films de genre, oui, mais vu la qualite mediocre de la plupart d’entre eux, je ne vois pas l’interet…