
Quatre ans après ses premières aventures sur grand écran, le super héros le plus râleur de la planète revient faire un tour dans les salles obscures pour un second opus des plus réussis. Toujours réalisé par le grand Guillermo del Toro et mettant en vedette Ron Perlman dans le rôle titre, Hellboy 2 débute quelques temps après les événements du premier film. Hellboy et Liz Sherman vivent ensemble, même si la cohabitation est parfois difficile, (presque) comme dans tous les couples. L’agent Manning dirige maintenant le BPRD, et tente tant bien que mal de garder l’unité secrète, alors qu’Hellboy sort de plus en plus au grand jour. Mais le plus grand danger provient d’un autre monde, le monde secret des forêts. C’est dans ce monde qu’évolue le prince elfe Nuada, qui est bien décidé à rompre la trêve instaurée il y a des millénaires avec l’espèce humaine. Pour cela, son plan est de réveiller la légendaire et indestructible armée d’or…
Il aura donc fallu quatre ans à del Toro pour pouvoir enfin sortir le second volet des aventures du démon rouge, un délai dû essentiellement à la disparition de Revolution Studio, producteur du premier film. C’est donc sous la houlette d’Universal que del Toro réalise Hellboy 2, nanti d’un budget de 85 millions de dollars (soit 20 millions de plus que pour le premier opus). Un budget plus conséquent, certes, mais pas non plus faramineux (pour comparer, The dark Knight a coûté 180 millions de dollars, L’incroyable Hulk 150 millions et Iron Man 135 millions), surtout quand on voit la masse d’effets que le film comporte. C’est bien simple, on dirait que le film a coûté deux fois plus, tant il est généreux en affrontements et propose une galerie de monstres tous plus beaux les uns que les autres. Del Toro se fait visiblement plaisir avec cet opus et fait plaisir au spectateur par la même occasion. Car le maître mot du film semble être « générosité ». C’est bien simple, on ne s’ennuie pas une seule seconde, tellement les événements s’enchaînent à une cadence effrénée. On en viendrait presque à trouver le film trop court, alors qu’il dure tout de même deux heures. Comme le réalisateur a déjà largement présenté ses personnages dans le premier film, il attaque directement au cœur de l’histoire et de l’action après un magnifique prologue animé présentant les enjeux de l’histoire et permettant de retrouver John Hurt dans le rôle du professeur Bruttenholm. Et une fois ce prologue passé, c’est à un pur pop corn movie auquel nous assistons. Tous les ingrédients sont présents pour faire de Hellboy 2 un divertissement haut de gamme : de l’action (bien chorégraphiée et bien réalisée), de l’humour (avec des punchlines excellentes) et de l’émotion (la relation Liz-Hellboy est très attachante).

Del Toro profite aussi du fait que le public connaît maintenant bien son anti-héros pour développer d’autres personnages. Abe Sapiens, notamment, un peu sous-exploité dans le premier film, a largement les faveurs du réalisateur et participe ici pleinement à l’action, tout en ayant droit à sa propre histoire d’amour tragique. Le réalisateur en profite aussi pour introduire un nouveau personnage, celui de l’ectoplasmique Johann Krauss, nouveau supérieur hiérarchique de Hellboy, très à cheval sur les règles. Un personnage original, pur ectoplasme se déplaçant dans une sorte de combinaison de plongée, et pouvant prendre possession d’objets inanimés (ce qui donnera lieu a une hilarante scène d’affrontement entre Hellboy et lui). Autre changement dans le casting par rapport au premier film, l’agent Meyers, ancien coéquipier du héros, a tout simplement disparu (et c’est tant mieux car le personnage, rajouté uniquement pour servir de référent au spectateur, était d’une fadeur hallucinante). La note d’intention de del Toro est donc claire : ce film sera celui des monstres qu’il adore. Et des monstres, il y en a. C’est bien simple, on n’avait pas vu un tel déferlement de créatures étranges depuis la première trilogie Star Wars. D’ailleurs, la scène du marché secret m’a furieusement rappelé celle de la cantina dans l’Episode 4 et la nostalgie m’a presque collé la larme à l’œil. On sent que le réalisateur a vraiment gagné en confiance (et surtout gagné la confiance des producteurs) après le succès critique et public de son Labyrinthe de Pan et se permet de se lâcher totalement au niveau de ses créatures mythologiques. Le film regorge donc d’étranges créatures et, cerise sur le gâteau, la plupart d’entre elles sont créées à base de maquillages classiques. Point d’images de synthèses envahissantes ici, et ça fait vraiment plaisir. Del Toro propose ici un univers parallèle crédible et fourmillant, qui n’est pas sans évoquer celui de Neil Gaiman, l’auteur de Stardust (le marché caché fait diablement penser au marché flottant de son excellent roman Neverwhere). D’ailleurs, le réalisateur aime tellement ses monstres qu’il en fait les véritables héros du film, au dépend des humains, totalement zappés dans le dernier tiers du métrage. Même son méchant est plutôt attachant et ses motivations ne sont pas si mauvaises (il veut détruire les humains entre autres car ceux-ci ne respectent pas la planète et la détruisent à petit feu).

Mais bien évidemment, le film ne serait pas si réussi sans l’attachement aux personnages. Et là encore, del Toro réussit son pari : Hellboy est plus bougon et gouailleur que jamais et donc encore plus attachant (on sent que Ron Perlman a pris de l’assurance dans le rôle), Liz Sherman est devenue une vraie femme forte maîtrisant ses pouvoirs, et Abe est définitivement le cœur du film, personnage tragique et touchant dans son comportement d’adolescent face à l’amour (la scène ou il boit de la bière avec Hellboy en écoutant un slow sirupeux est à la fois très drôle et très émouvante).
Finalement, le seul reproche que l’on peut faire au film, c’est d’être trop dense pour sa durée. Ainsi, certaines pistes ne sont que survolées, comme le rejet d’Hellboy par les humains. On aurait aussi aimé en savoir plus sur le monde des créatures mythologiques, tant celui-ci semble vivant et intéressant. Mais del Toro réussit l’essentiel : divertir parfaitement le spectateur, tout en lui proposant son lot d’images marquantes, comme cette scène d’une absolue poésie de la mort tragique d’un élémental de la foret. Nul doute dès lors que le réalisateur fera des merveilles sur Bilbo le Hobbit. L’attente va être longue…
Note : 8.5/10


Ta critique me rassure. G. Del Toro n’a pas perdu son âme de fan boy. Tant mieux pour lui et pour nous. Vivement la sortie ? Toujours un « Second date no tongue » ?
Non, pas de « second date, no tongue » ici (j’adore cette replique), mais plein d’autres punchlines excellentes qui rappellent le bon vieux temps des 80′s avec les repliques cultes de Schwarzy, et surtout toujours le fameux « oh crap ! ».
Ah que cet index de films est pratique, je suis content d’avoir fait le même sur le mien… ^^
Bon, ben, j’ai vu la bête juste hier, et c’est aussi sympa que le premier (plus de sidekick inutile, mais la perte de Kroenen pour une histoire de droits à la con, ca fait quand même mal… Même si je ne sais pas au juste ce qu’il aurait fait dans cette suite…). Je ne suis pas un fan absolu, mais on ne voit pas le temps passer (difficile de croire que ca dure plus de 2 heures…)… Plus de confiance, effectivement, on sent que le mélange humour/action est encore plus homogène, ce qui parfois n’était pas le cas dans le premier…
Joli bestiaire dans tous les cas, même s’ils se ressemblent un peu tous dans le fameux marché. L’Ange de la Mort est magnifique, dommage que la voix ne colle pas trop…
Autre point positif: la facilité de Del Toro à imposer des personnages qu’on se demande ce qu’ils font là lorsqu’on les découvre pour la première fois (Krauss, pour ne pas le citer). Ma première impression est plutôt du style « Mais c’est n’importe quoi, ce truc!! » et puis le temps passe et je change radicalement d’avis… Del Toro adore tellement ses freaks que ca transpire au delà de l’écran… Très fort…
Ah, c’est cool que tu ais apprécié. Moi j’ai hâte de le revoir en dvd (ou plutôt en blu ray) dès qu’il va sortir.
Et c’est vrai que l’ange de la mort est magnifique, comme la plupart des créatures.
Wink est sympa aussi, la grosse brute au fulguropoint! ^^
Tu es séduit par le Blu-Ray? Je dois dire que je ne suis pas encore prêt à y passer… De un, je n’ai pas le matos et je ne compte pas jeter ma télé pour autant (ca fait 13 ans qu’elle fonctionne, seulement une panne et elle est comme neuve, une des premières Sony 16/9. Mon père a un modèle bien plus récent et pourtant, je préfère mon image, plus piquée… Va comprendre…). De surcroît, les finances sont basses pour le moment…
Bon, tôt ou tard, il faudra bien que j’en achète une nouvelle, la mienne ne sera pas éternelle tu me diras, mais bon…
Ensuite, esthétiquement, je trouve ces boitiers bleu d’une laideur sans nom, et une jaquette tronquée la plupart du temps. On est encore loin de la splendeur de certaines éditions DVD. Et finalement, quand je lis à gauche et à droite, c’est désolant de constater que certains éditeurs n’incluent même pas les bonus DVD (notamment Predator, justement le titre qu’il ne fallait pas plaisanter avec moi…)
Bref, simplement pour une meilleure image qu’on ne sait vraiment profiter que sur une télé qui coute quand même la peau du cul, ca n’en vaut pas la peine pour moi (le son est similaire, et franchement si je suis passé au DVD à l’époque, c’était surtout pour le son…) et en plus, ca ne me dérange absolument pas de regarder encore des VHS toutes pourries, alors…
Je devrais y passer un jour, contraint et forcé, mais j’espère que ce sera le plus tard possible… Je ne sais d’ailleurs pas le succès qu’il rencontre, mais à voir les rayons des grands magasins, ca doit être assez mitigé…
Personnellement, je reste mitige sur le blu ray. Je pense que c’est un tres bon format pour les films recents (j’ai les blu ray de Zodiac et Transformers qui sont d’une beaute a tomber) mais pas pour les films plus vieux.
Et comme tu le dis, je regrette aussi que les packagings soient aussi pauvres, des fois cela me pousse a acheter le dvd plutot que le blu ray. Quand les industriels auront compris que ces sont surtout les cinephiles qui vont acheter du blu ray et que ceux-ci veulent des objets collector, alors le support decollera reellement.
Mais sinon, c’est vrai que c’est terriblement beau comme image, surtout avec mon super ecran 40″ full HD (premiere tele que j’achete de ma vie) et ma PS3.
Mais comme toi, cela ne me derange pas de regarder des VHS ou des Divx tout pourris quand je n’ai pas le choix.