Le fourre-tout de Geouf

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juin 27th, 2008 at 16:54

Teeth de Mitchell Lichtenstein

Résumé : Dawn O’Keefe est en apparence une lycéenne américaine ordinaire. Très puritaine, elle a décidé de se préserver pour l’homme de sa vie et entend bien transmettre ce message au plus de monde possible, jusqu’au jour où elle tombe amoureuse. Mais malheureusement pour elle et surtout pour son petit ami, son vagin n’est pas tout à fait normal…

 

Bête de festival, Teeth est le film indépendant hype du moment. Il faut dire qu’avec son sujet étonnant (une lycéenne avec des dents dans le vagin !), il ne pouvait qu’attirer l’attention sur lui. Mais comme bien souvent dans ce genre de cas, le résultat n’est pas forcément à la hauteur de l’attente. Car finalement, au-delà de son sujet tordu, le film de Lichtenstein ne raconte pas grand-chose, voire même pire, il est carrément réactionnaire (et limite insultant envers la gente masculine). Parce qu’au final, l’héroïne n’évolue que très peu. Bien sûr, elle apprend à connaitre son corps et à maitriser sa particularité physique, mais finalement ce n’est que pour punir les hommes (tous des gros porcs, c’est bien connu). Donc pas de révélation sexuelle pour elle, le sexe c’est toujours mal et ca ne sert qu’à se venger… Donc le film de Lichtenstein est faussement corrosif, et il a beau faire semblant de se moquer de l’absurdité de certaines réformes scolaires (l’autocollant sur la représentation du vagin dans les livres d’éducation sexuelle, le dénigrement de la théorie de l’évolution), ca ne prend pas. En une seule scène, le Donnie Darko de Richard Kelly était bien plus percutant. Et pour continuer sur le symbolisme lourdement surligné, on peut citer la grotte évoquant le vagin (avec même les stalactites pour représenter les dents), ou encore la fameuse centrale nucléaire (au bout de 5-6 fois, on a très bien compris que c’était surement elle qui était à l’origine de la mutation de Dawn et de la maladie de sa mère…)

Difficile aussi de s’attacher à l’héroïne tant les autres personnages sont caricaturaux, en particulier les personnages masculins, vraiment gratinés. Parce que là, il n’y en a absolument aucun pour rattraper les autres, que ce soit le petit ami coincé qui essaie de la violer (mouais, pas super crédible), le gynéco pas très délicat (dans la scène la plus ridicule du film) ou encore le frérot incestueux. Et on a même droit à la fin au papy pervers…

Dommage, parce que certains passages font définitivement mouche, notamment toutes les scènes sexuelles, imprégnées d’une véritable tension, d’autant que le réalisateur n’hésite pas à montrer le résultat de la particularité physique de Dawn. Mais il a du mal à concilier les différentes tonalites du film (est-ce une satire, une comédie gore, un film d’horreur ?) et certains changements brusques de ton tombent totalement à plat (la scène du gynéco encore une fois, qui est un moment plein de tension et tombe soudainement dans un burlesque totalement inapproprié).

Non vraiment, il est très difficile de comprendre l’engouement de toute une partie de la presse pour ce film vraiment bancal et totalement creux. A croire que le label « indépendant » est un sésame magique qui donne du crédit à n’importe quel film…

 

Note : 4/10

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5
  • 1

    Haaa, ça fait du bien de lire une critique un peu à contre-courant de temps en temps!!

    Tepepa on juillet 3rd, 2008
  • 2

    Ben franchement, quand j’ai vu le film, je me suis dit « quoi? C’est ca le film que les critiques adorent? »
    Et j’avais une amie avec moi qui n’a pas vraiment accroche non plus. Donc ce n’est pas mon machisme primaire qui ressort, lol

    admin on juillet 3rd, 2008
  • 3

    Ben dans l’ensemble le sentiment qui prime pour moi est un formidable gâchis.
    Ce qui aurait pu être un film malsain, dérangeant et touchant n’est finalement qu’une petite œuvre pour ado pas trop regardant.
    A sauver une petite scène voir deux et l’interprétation plutôt convaincante de l’actrice principale…

    Celticxoan on novembre 24th, 2008
  • 4

    Et bien pour moi c’est une belle et bonne surprise…
    Je ne vois vraiment pas dans quel recoin du scénario se trouve la prétendue pudibonderie et encore moins ce coté réactionnaire souvent cité pour critiquer le film. Il me semble plutôt que le réalisateur renvoie dos à dos la pudibonderie élevé au rang de dogme sectaire et une sexualité mécanique et dénué du moindre sentiments.
    Le film me semble vraiment plus subtil que sa lecture primaire qui voudrait que Dawn soit une représentation feministe qui punit tout les hommes par l’endroit avec lequel ils vont péché. Si le réalisateur laisse largement plané le doute sur l’origine effective du vagin denté de son héroïne (mutation, radioactivité) on peux tout aussi bien y voir le résultat d’une sexualité déréglée par des barrières psychologiques basées précisément sur des aspects réactionnaires et religieux.
    Le personnage de Dawn passe alors de la jeune oie blanche à la jeune femme amoureuse pour finir en véritable prédatrice sexuelle au sens premier du mot. Jamais le personnage de Dawn ne s’enferme dans son état d’esprit primaire qui recherche l’amour de sa vie comme première étape indispensable aux plaisirs charnels, la jeune fille couche même avec un des personnage masculin du film sans pour autant lui arracher la bite ni en être vraiment amoureuse. Si c’est réactionnaire de vanter une sexualité épanouie mais conssentante alors effectivement Teeth l’est sans doute.
    Perso je trouve que le film traite de quelques sujets tabous ultime comme la pédophilie (le touche pipi dans la piscine) l’inceste (la relation plus que trouble avec son demi frère) et de la pudibonderie castratice des esprits qui sont pour moi les trois éléments fondamentaux des troubles physiques et psychologiques de Dawn bien plus en tout cas que les deux tours de la centrale nucléaire.
    Et puis il aussi faut saluer la formidable prestation de la jeune Jess Weixler que j’ai trouvé vraiment parfaite. Teeth est donc définitivement pour moi une très bonne surprise, une vraie comédie noire profonde , moite et incisive comme le sexe de son héroïne.

    Freddy K on août 3rd, 2009
  • 5

    Honnêtement, je ne vais pas me risquer à débattre avec toi sur ce film, car il ne m’a laissé que très peu de souvenirs, mis à part un sentiment d’énervement à la sortie, comme ma critique l’exprime.
    Je veux bien que le film « essaie » de traiter de tous les sujets que tu cites, mais c’est fait avec une telle lourdeur et des personnages caricaturaux qu’au final cela perd tout impact…

    Geouf on août 3rd, 2009

 

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