Le fourre-tout de Geouf

CineGeouf

mai 1st, 2008 at 15:18

REC de Jaume Balaguero et Paco Plaza

Profitant d’un week-end en France, je me suis précipité dans les salles obscures pour découvrir le film du moment (mais non, pas Bienvenue chez les Ch’tis !), je veux bien sûr parler de la nouvelle perle horrifique du génial Jaume Balaguero, ici associé à son pote Paco Plaza. Balaguero est pour moi l’un des meilleurs réalisateurs de films d’horreur actuels, voire un des meilleurs réalisateurs actuels tout court. Je suis sa carrière avec ferveur depuis son premier film, le tétanisant La Secte sans Nom, et pour le moment je n’ai jamais été déçu (mis à part quand son superbe Fragile a été balancé à la sauvette directement en DVD dans notre cher pays, mais ceci est une autre histoire). Donc je ne pouvais décemment pas louper REC, surtout après avoir été motivé pendant des mois par un buzz grandissant et un bouche à oreille élogieux. Et force est de constater que pour une fois le buzz autour du film n’est pas volé, REC étant définitivement une des meilleures péloches horrifiques de ces dernières années.

Hasard de la mode, REC repose sur le même concept de la caméra subjective que deux autres films sortis cette année, l’excellent Diary of the Dead de George Romero et le surestimé Cloverfield de Matt Reeves. Et au final, le film de Balaguero et Plaza se trouve pile au croisement des deux œuvres en question : il s’agit d’un tour de manège comme Cloverfield purement destiné à divertir le public, mais en même temps utilisant une façon de filmer « professionnelle » comme le Romero. L’histoire, simple, suit une équipe de télévision en train de réaliser un reportage sur les pompiers lorsque ceux-ci tombent sur un étrange cas de contamination dans un petit immeuble. Par conséquent, pas d’image façon caméscope ici, ni de pieds filmés par inadvertance par le cameraman ou encore de plans peu crédibles du genre « je saute d’un building à l’autre en essayant de tenir mon caméscope droit parce que je suis toujours en train de filmer ». La mise en scène de REC est entièrement pensée par le duo de réalisateurs en termes d’efficacité et de crédibilité. Balaguero et Plaza ont parfaitement saisi l’intérêt de la camera à l’épaule et jouent constamment avec ce point de vue unique imposé au spectateur qui est aussi dépassé par les événements que le pauvre caméraman. Les commentaires de celui-ci renforcent aussi l’immersion, même si le duo de réalisateurs a la bonne idée de ne pas trop en abuser (contrairement à Cloverfield où le personnage qui filmait se sentait obligé de décrire tout ce qui se passait à l’écran). Même les coupures entre les différentes prises sont réfléchies et renforcent le suspense et l’impression de chaos ambiant. On stresse en se demandant ce qui a pu se produire pendant que la caméra était éteinte. L’environnement sonore participe aussi pleinement au sentiment d’oppression, que ce soient les cris des victimes ou des contaminés, tout concourt à foutre une trouille bleue au spectateur.

L’autre bonne idée de mise en scène, c’est d’utiliser la caméra comme un élément moteur de l’action, comme par exemple dans le tétanisant final où elle sert tour à tour à vérifier ce qui se passe dans le grenier, ou à voir dans le noir grâce au mode infrarouge. Le décor unique est lui aussi un personnage à part entière du film dont les deux réalisateurs s’amusent à explorer tous les recoins. Le vieil immeuble glauque où se déroule l’action n’est d’ailleurs pas sans rappeler celui de A louer, le segment de Balaguero pour l’anthologie Peliculas para no dormir.

J’ai dit plus haut que l’histoire était très simple (ce n’est ni plus ni moins qu’une histoire de zombies dans un immeuble), mais cela n’empêche pas le film de proposer son lot de mystères, notamment sur l’origine de la contamination. Et si une partie du voile est levé dans le final, Plaza et Balaguero laissent volontairement certaines zones d’ombres. On regrettera simplement qu’ils n’expliquent pas comment le « virus » a pu se transmettre de la mystérieuse locataire des combles aux autres occupants de l’immeuble. Là où le film impressionne par contre, c’est dans le fait que les réalisateurs arrivent en quelques scènes à croquer une galerie de personnages réalistes sans pour autant empiéter sur le rythme du film. Là où Cloverfield échouait à rendre ses personnages attachants malgré une plutôt longue introduction, le duo ibérique y parvient en 5 petites minutes d’interviews et au travers de leurs réactions. Le film se rapproche aussi énormément de Darkness et La Secte sans Nom, que ce soit au niveau du thème de l’enfance pervertie ou de l’idée de l’inéluctabilité du destin.

Donc non, la réputation du film n’est pas du tout usurpée, celui-ci est véritablement terrifiant à certains moments et propose une tension constante, jusqu’à un dénouement tétanisant qui à coup sur restera dans les annales du genre.

 

Note : 9/10

3
  • 1

    En effet un excellent film, très stressant et réussi visuellement. Et l’actrice principale est vraiment mignonne (miam le plan final)

    budd on mai 1st, 2008
  • 2

    Oui c’est vrai que l’actrice principale est vraiment à croquer (dans tous les sens du terme !)

    admin on mai 1st, 2008
  • 3

    J’ai faim !!!!!!

    Lapin Russe on mai 9th, 2008

 

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