Le fourre-tout de Geouf

CineGeouf

avril 30th, 2008 at 9:25

Flashbacks of a Fool de Baillie Walsh

Résumé: Joe Scot (Daniel Craig) est un acteur sur le déclin. A cause de ses frasques quotidiennes (drogue, alcool, sexe), plus aucun réalisateur ne veut travailler avec lui. Lorsque sa mère lui téléphone pour lui apprendre que son meilleur ami est décédé, Scot se replonge dans son passé et se remémore les événements qui l’ont poussé à quitter l’Angleterre pour Hollywood.

Flashbacks of a Fool avait tout pour être un bon film : une histoire classique mais pouvant être émouvante, un très bon acteur en tête d’affiche, de la matière pour intéresser le spectateur tout du long. Et pourtant, le métrage n’arrive que rarement à atteindre ses objectifs, souffrant clairement du syndrome « premier film ». Baillie Walsh, qui n’a auparavant réalisé que quelques clips et un documentaire sur le groupe Oasis, a de toute évidence pris beaucoup de plaisir à réaliser son premier vrai film. Peut-être un peu trop. Les images sont belles mais on a justement très souvent l’impression que Walsh s’admire en train de filmer, passe énormément de temps à créer l’image parfaite, au détriment du rythme et de l’émotion. Le métrage, censé être très fort émotionnellement, parait du coup au contraire extrêmement froid et lisse.

L’autre problème vient du scenario, aussi écrit par Walsh. Celui-ci est à la fois trop simple et trop confus. Confus parce que Walsh rajoute une foule de détails pouvant être intéressants mais totalement inexploités. Par exemple, quel est l’intérêt de faire de la mère de Joe une homosexuelle ? Outre le fait que cette orientation sexuelle n’est pas immédiatement perceptible par le spectateur, cela n’apporte strictement rien à l’histoire. Pire encore, on a du mal à croire qu’une telle relation soit aussi bien acceptée dans le lieu (un petit village côtier britannique) et à l’époque où le film se passe (les années 70), surtout par des personnes comme la vieille femme qui passe son temps avec la mère de Joe. De même, certains éléments, comme cette scène ou Joe se masturbe en compagnie de son ami, ou certaines tenues arborées par le héros, laissent à penser que celui-ci a des penchants homosexuels. Mais là encore, l’idée de la confusion sexuelle que le personnage peut ressentir n’est jamais vraiment explorée. Plus grave, le personnage du meilleur ami n’est que très peu développé, ce qui est dommage étant donné que c’est son décès qui déclenche les flashbacks du titre. Des fausses pistes et autres idées avortées finalement très frustrantes, qui au lieu de renforcer l’intrigue et les personnages, donnent au contraire un coté artificiel au métrage. A l’opposée, certains échanges entre les personnages en disent beaucoup plus long que tous ces éléments épars. Je pense par exemple au regard de détresse de Daniel Craig lorsqu’il pense que sa femme de ménage va le laisser tomber. Nul besoin de longs dialogues pour montrer que cet homme au bord du gouffre a besoin de ce dernier lien humain pour ne pas sombrer définitivement.

Donc clairement, tout n’est pas à jeter dans le film. Outre le fait qu’il est visuellement très beau, certaines scènes arrivent tout de même à atteindre leur but. La scène de la mort de la petite fille est à cet égard un grand moment de tension dramatique, porté par un bon sens du montage et du découpage. L’émotion finit aussi par montrer le bout de son nez lors d’un final certes prévisible mais bien emballé. Et puis on ne peut que saluer encore une fois la prestation impeccable de Daniel Craig, même si celui-ci n’apparait finalement que très peu dans le film.

Flashbacks of a Fool est donc loin d’être convaincant, malgré quelques bons points qui ne suffisent pas à rendre le film mémorable.

Note : 5/10

 

RSS feed for comments on this post | TrackBack URI