On continue notre tour des acteurs de série B avec cette fois un très grand acteur à la carrière bien remplie, l’excellent Brad Dourif. Un acteur au jeu très intense, qui n’a peut-être pas eu la carrière qu’il méritait, mais qui aura fait plaisir aux fantasticophiles du monde entier en incarnant un nombre hallucinant de psychopathes.

Né le 18 mars 1950 à Huntington, West Virginia, d’un père collectionneur d’art et d’une mère actrice, le petit Brad a très tôt la fibre artistique. Après une scolarité classique, pendant laquelle il rejoint les troupes de théâtre de ses différentes écoles, il rentre à la Marshall University d’Huntington en 1969. Cependant, il quitte l’université à 19 ans, partant à New York pour tenter de percer en tant qu’acteur. Durant les années 70, il joue dans de nombreuses pièces off Broadway. C’est au cours de la représentation d’une de ces pièces, When you comin’ back, Red Ryder ?, qu’il est repéré par le réalisateur Milos Forman. Celui-ci lui propose alors le rôle qui lancera sa carrière ciné, celui du fragile Billy Bibbit dans le superbe Vol au-dessus d’un Nid de Coucous. Pour ce rôle, Brad reçoit un Golden Globe et est nominé à l’Oscar du meilleur second rôle. Propulsé star du jour au lendemain, Brad Dourif ne cède cependant pas aux sirènes d’Hollywood et retourne à New York ou il continue de jouer au théâtre et enseigne le métier d’acteur à la Columbia University. Ce n’est qu’en 1988 qu’il se décide à déménager à Los Angeles.
Durant cette période, il apparaitra tout de même dans de nombreux films, tels que Les Yeux de Laura Mars d’Irvin Kershner, et surtout Dune et Blue Velvet de David Lynch en 1984 et 1986. D’abord réticent à l’idée d’incarner un psychopathe par peur de rester coincé dans ce genre de rôles, Dourif finit néanmoins par accepter le rôle de Piter de Vries, l’assassin des Harkonen dans Dune. Malheureusement pour lui, sa première intuition était la bonne, puisqu’ensuite il enchainera les rôles de tarés dans des productions plus ou moins prestigieuses. Il fera tout de même le bonheur des fantasticophiles en incarnant le tueur Charles Lee Ray, plus connu sous le nom de Chucky, dans Jeu d’Enfants de Tom Holland (1988). Il reprendra le rôle quatre fois par la suite dans des séquelles plus (La Fiancée de Chucky de Ronny Yu, 1998) ou moins (Chucky 3 de Jack Bender, 1991) réussies. Son humour sardonique et son coté déjanté font des merveilles dans le rôle de la célèbre poupée psychopathe.

Mais si la série des Chucky reste d’assez bonne qualité, il n’en est pas de même pour d’autres productions dans lesquelles il apparait, comme les désastreux Critters 4 de Rupert Harvey (1991) et La Créature du Cimetière de Ralph S. Singleton (1990), basé sur une nouvelle de Stephen King.

Déterminé à ne pas se laisser enfermer dans un seul type de rôle, Dourif tente tout de même de varier les plaisirs. On peut ainsi le découvrir en sheriff dans le très beau Mississipi Burning d’Alan Parker en 1988. Mais il en revient toujours à accepter des rôles déjantés, que ce soit dans Color of Night (Richard Rush, 1994), aux cotés de Bruce Willis et Lance Henriksen, ou dans le à moitié loupé Alien la Résurrection de Jean-Pierre Jeunet (1997), dans lequel il incarne un scientifique obsédé par les Aliens. A la même époque, Dourif fait aussi in cameo dans le très sympathique Urban Legend de Jamie Blanks, l’un des meilleurs représentants de la vague neo slashers initiée par Scream. En 2002, Peter Jackson, grand geek devant l’eternel, lui propose le rôle de Grima Langue de Serpent dans Les deux Tours et Le Retour du Roi. Encore un personnage de méchant, mais cette fois plus félon que réellement dangereux. Avec son teint pâle et ses longs cheveux gras, Dourif donne corps à ce personnage haïssable. Récemment, un autre fan de ciné de genre, Rob Zombie, a fait appel à lui pour jouer le sheriff d’Haddonfield dans sa nouvelle version d’Halloween.
Mais en fait, pour redécouvrir toute l’étendue du talent de l’acteur, c’est encore une fois vers le petit écran qu’il faut se tourner. S’il fait une apparition marquante dans la saison 1 de X-Files, en tueur en série, rôle qui lui vaudra un Emmy, il incarne aussi des personnages récurrents dans Babylon 5 ou Star Trek Voyager. Mais son rôle le plus marquant de ces dernières années reste celui de Doc Cochran dans la géniale série Deadwood. Pour une fois, Dourif incarne un des seuls personnages vraiment positif de la série. Doc Cochran est un médecin râleur et alcoolique, mais dévoué à ses patients, et l’une des rares personnes à oser tenir tête au terrible Al Swearengen, patron du saloon Gem. Un rôle qui change de ceux qu’il joue habituellement et lui permet de montrer sa capacité à sauter d’un personnage à l’autre. Dommage que la série ait été annulée au bout de trois saisons…



Waouh, Billy Bibbit = Doc Cochran, j’ignorais complètement que c’était le même acteur, et pourtant j’ai revu Vol au dessus d’un nid de coucou à la période même où j’étais plongé dans Deadwood Saison 1. Les coïncidences ma bonne dame, c’est quelque chose….
Excellent j’adore cet acteur je l’ai connu grâce à jeu d’enfants
J’avoue que j’avais aussi totalement oublie que Dourif jouait dans Vol au-dessus d’un Nid de Coucous. Je l’ai redecouvert en faisant mes recherches pour cet article…
Je n’avais jamais fais le lien entre tous ces films, et pourtant, c’est bien lui !
Une gueule et une présence incroyables à l’écran. Quand Dourif est dans un film, on ne l’oublie pas de sitôt !