Résumé: Will est un gamin solitaire, dont la mère fait partie d’un mouvement religieux prohibant toute forme de technologie audiovisuelle. Mais lorsqu’un jour il rencontre le turbulent Lee Carter et que celui-ci lui fait regarder une vidéo pirate du premier Rambo, c’est la révélation. Les deux enfants décident de tourner avec les moyens du bord leur propre suite au film, son of Rambow…

Son of Rambow, c’est un peu le Juno britannique. Une petite comédie sans prétention qui d’un coup explose le box office, créant tout un buzz autour de lui. Ce nouveau film du réalisateur de H2G2 aurait pu être la bonne surprise du printemps, mais cumule malheureusement trop de défauts pour justifier l’engouement des foules. Bien sûr, l’histoire d’amitié de ces deux jeunes garçons que tout oppose est sympathique, mais franchement peu originale. L’idée de les regarder faire leur propre film, très proche de celle de l’excellent Be kind, rewind de Michel Gondry est aussi bien trouvée, mais difficile de faire tenir tout un film dessus. C’est d’ailleurs ce qu’a dû dire le réalisateur (aussi scénariste) puisque du coup il tente d’étoffer un peu son intrigue.

Et c’est là que le bât blesse réellement. A force de tenter de développer un univers avec de nombreux personnages, il perd petit à petit la force de son histoire, diluée dans des intrigues secondaires sans intérêt. Pire que ça, le spectateur finit même par se demander de quoi parle vraiment le film : est-ce une comédie, un drame, une parodie des années 80 à la Austin Powers, une charge contre l’obscurantisme religieux, une déclaration d’amour au cinéma ? Le ton change régulièrement, ce qui fait qu’on se retrouve vite perdu. Certains personnages sont si peu développés qu’ils en deviennent ridicules, comme l’ado français et son look new wave (en plus l’acteur qui l’incarne joue comme un pied), et certaines pistes intéressantes sont totalement sous-exploitées, le réalisateur n’allant pas au bout de ses idées. On aurait par exemple apprécié un peu plus de présentation du milieu dans lequel évolue Will, le mouvement religieux soi-disant autoritaire dans lequel il est élevé n’ayant finalement qu’une utilité mécanique (c’est juste un obstacle de plus entre les deux garçons). Du coup, faute de présentation, certaines scènes perdent toute leur force, comme lorsque la mère de famille décide de quitter la religion pour son fils. On a l’impression que c’est ce qu’on attendait du personnage donc elle agit en conséquence, sans que cela ne bouleverse spécialement son univers. C’est pourtant une décision radicale !
De même, le film semble vouloir être sérieux dans son propos tout en étant drôle, ce qui n’est pas incompatible, mais certains passages sont tellement décalés qu’ils donnent l’impression de ne pas appartenir au même film, comme toutes les scènes impliquant les autres élèves (particulièrement les étudiants Français).
En clair, faute de proposer un univers cohérent et crédible, Jennings peine à faire exister ses personnages et à intéresser le spectateur (il faut dire aussi qu’il n’y a que très peu d’enjeux dans le film). Heureusement que les deux gamins incarnant les rôles principaux sont bons, puisqu’ils réussissent tout de même à nous faire s’attacher à eux et à arracher quelques rires. Mais le film n’en reste pas moins bancal et assez raté.
Note : 5.5/10