Le fourre-tout de Geouf

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avril 10th, 2008 at 16:18

Critique Expresse: Drillbit Taylor de Steven Brill

Résumé: C’est le grand plongeon pour Ryan et Wade : aujourd’hui ils rentrent au lycée. Seulement, ils ont la mauvaise idée de s’interposer lors du bizutage d’un de leur camarade et deviennent vite les cibles privilégiées de la terreur du lycée, Filkins. Devant l’inaction du proviseur, ils décident de se débrouiller seuls en embauchant un garde du corps. Ils se font embobiner par Drillbit Taylor, un clochard déserteur qui a besoin d’argent pour fuir le pays. Mais Drillbit va peu à peu se lier d’amitié avec les garçons et prendre sa mission à cœur…

En ce moment, il ne se passe pas trois mois sans qu’un nouveau film de la bande d’Apatow ne débarque sur les écrans. Apres Knocked up et Superbad et avant Pineapple Express, voici donc Drillbit Taylor, une comédie prenant de nouveau pour cadre le milieu lycéen. Et d’ailleurs, le film, encore une fois écrit par Seth Rogen, pourrait être vu comme une préquelle de Superbad. Les trois personnages lycéens sont les mêmes (le gros, le grand timide et le freak à la voix bizarre) et le film se passe à l’entrée au lycee, là ou Superbad parlait de la fin des études secondaires. Mais la vraie différence avec les précédents films de la bande d’Apatow, c’est surtout la présence en tête d’affiche d’un acteur renommé en la personne d’Owen Wilson donc le talent comique n’est plus à prouver. Une présence qui fait  à la fois la force et la faiblesse du film. La force car Wilson arrive toujours à sortir deux ou trois répliques hilarantes et est très marrant en garde du corps pacifiste, mais aussi la faiblesse car sa présence nuit quelque peu au réalisme du film. Car il faut bien l’avouer, l’une des marques de fabrique d’Apatow était une certaine forme de réalisme, notamment dans le caractère des personnages. Ici, le personnage de Drillbit est assez outrancier et jure un peu avec le reste du métrage. Plus dommageable, il écrase ses partenaires à l’écran, certainement encore trop jeunes pour tenir la dragée haute a un acteur de la stature de Wilson. De même, on sent que le réalisateur se repose énormément sur la présence de Wilson pour faire monter la mayonnaise.

Reste que l’idée de transposer les codes du western (le chapeau arboré par Wilson ne laisse aucun doute quant à cette intention) dans une comédie étudiante est payante et permet de savoureux détournements. La trame est pratiquement décalquée sur celle des Sept Mercenaires et le film regorge de clins d’œil à ce genre (les couloirs qui se vident et les portes de classes qui se referment lorsque les bad guys arrivent, le « duel » final). On a même droit à une excellente scène de pastiche des Dents de la Mer, lorsque les trois héros sont poursuivis par la voiture de leur némésis et qu’ils tentent de se refugier dans un garage dont la porte tarde à se refermer.

Au final, sans être totalement honteux (on rit régulièrement et on ne voit pas trop le temps passer), Drillbit Taylor est tout de même le premier semi ratage d’Apatow. Espérons que Pineapple Express, qui s’annonce particulièrement délirant (James Franco a l’air tout simplement énorme) vienne remonter le niveau.

 

Note : 6/10

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