Le « serial killer favori de l’Amérique » est de retour, et il ne va pas bien. Plusieurs semaines après avoir éliminé son frère, le « Icetruck killer », Dexter ne s’en est toujours pas remis. Et le fait d’avoir sa sœur traumatisée à domicile et d’être constamment suivi par le sergent Doakes n’arrange pas ses affaires. Alors quand en plus de cela il découvre d’une part qu’il n’arrive plus à tuer et d’autre part que des plongeurs sont tombés par inadvertance sur son petit cimetière sous-marin, le pauvre Dexter commence à avoir des sueurs froides.

Après une première saison quasi parfaite, tant dans sa construction implacable que dans la présentation de son atypique héros, on se demandait bien comment les scénaristes allaient pouvoir enchainer sans tomber dans la redite. Et la réponse coule bien évidemment de source : en chamboulant totalement l’univers du héros ! Une astuce scénaristique certes classique (Prison Break appliquait déjà avec succès cette formule dans sa saison 2) mais qui prend ici tout son sens, tant l’univers de Dexter est régi par les règles établies par son père adoptif.
La saison 2 fait donc voler en éclat la 1ere règle de Harry – ne pas se faire prendre – en plaçant Dexter au centre de la tourmente. Ici, pas de second serial killer pour détourner l’attention des forces de police, c’est bien Dexter qui est sur la sellette. Surnommé « Le Boucher de Bay Harbour » par une presse jamais à court d’expressions dramatisantes, notre héros se débat pour ne pas être pris tout autant que pour préserver sa vie sentimentale. Car de ce cote-là, ça ne va pas fort non plus. Suite à la découverte de la chaussure de son ex-mari dans son jardin, Rita commence à avoir des doutes sur l’implication de Dexter dans la rechute de celui-ci. Toutes ces pressions diverses auront pour effet de conduire notre tueur à commettre plusieurs erreurs, la plus grave étant l’invention d’une pseudo-dépendance à l’héroïne. Un mensonge désespéré qui fait illusion auprès de Rita et de Doakes mais le jette dans les bras de la vénéneuse Lila. Un nouveau personnage fascinant, aussi haïssable que désespéré dans son besoin de garder auprès d’elle celui en qui elle croit avoir reconnu son « âme sœur ».
Rites de passage
Cependant, à toute chose malheur est bon. Car si Dexter est rudement malmené, à la fois par le FBI venu débusquer le Boucher de Bay Harbour et par une Lila bien décidée à lui extirper son secret, cette saison sera aussi l’occasion pour lui d’évoluer et de découvrir qui il est vraiment. En effet, si la première saison pouvait s’apparenter à l’enfance du personnage (suivre les règles établies par les parents sans poser de question, agir « comme tout le monde » et avoir une vie normale…), cette seconde année marque clairement son passage à l’adolescence, avec tous les tourments que cela suggère. Comme un ado, Dexter cherche à savoir qui il est, et comment se définir par rapport aux valeurs inculquées par son père. Une recherche de soi-même qui passe donc d’abord par la rébellion face aux parents : Dexter ment, couche avec la « mauvaise fille du bahut », remet en question les règles de Harry, agit impulsivement… Et comme tout ado, il découvre aussi que son père n’est pas le demi-dieu sans peur et sans reproche qu’il admirait. Un revirement déjà amorcé en fin de saison 1 lorsque Dexter mettait à jour les mensonges d’Harry concernant son frère, mais qui prend un tournant plus dramatique ici puisque c’est carrément l’amour paternel qui est remis en cause.

Dexter passe donc une bonne moitié de saison à se chercher, tiraillé entre le « Bien » et le « Mal » ou plutôt entre le fait de succomber à ses instincts primaires (accepter son addiction au meurtre) et de rentrer dans le rang (prétendre être normal). Une lutte représentée par les deux femmes de sa vie, Lila et Rita, la brune et la blonde, l’artiste névrosée et la mère de famille rangée.
Qui dit nouvelle saison, dit aussi nouvel adversaire. Après le Icetruck killer, ce sera cette fois l’agent du FBI Frank Lundy (excellent Keith Carradine), spécialiste des tueurs en séries dépêché à Miami pour capturer le Boucher de Bay Harbour, qui s’opposera au héros. Si le Icetruck Killer représentait une version dégénérée de Dexter (tuant juste pour le plaisir, avec un rituel similaire à celui de son frère), Lundy en est le pendant lumineux : droit, intègre, minutieux, il ne possède pratiquement aucune tare. Il est en quelque sorte la personne que Dexter aurait pu devenir sans le traumatisme de son enfance. Ce n’est d’ailleurs pas une coïncidence si Debra, la sœur de Dexter, finira par sortir avec ces deux personnages tour à tour, reconnaissant certainement son frère en eux… Dexter n’accédera donc à l’âge adulte qu’au moment ou il aura vaincu les deux incarnations de sa personnalité et sera devenu une synthèse parfaite de ces deux personnes. Ou autrement dit, en comprenant qu’il peut concilier ses deux lui (avoir des sentiments mais accepter son besoin de tuer) sans avoir à renier l’une ou l’autre de ses facettes. La dernière scène de la saison nous montre donc un nouveau Dexter amélioré, qui s’est accepté tel qu’il est, apaisé et prêt à repartir du bon pied dans une nouvelle existence. Bienvenu dans l’âge de raison.
Le Crime était presque parfait
Si cette seconde saison propose une thématique et une évolution passionnantes du personnage principal (appuyées par une interprétation sans faille de l’épatant Michael C. Hall), les scénaristes n’en oublient pas non plus d’entretenir le suspense. Un suspense d’autant plus haletant que c’est cette fois le héros qui est traqué par la police. La paranoïa galopante du héros, qui sent les mailles du filet se refermer autour de lui, contamine rapidement le spectateur. Les rebondissements sont nombreux, et on applaudit des deux mains à chaque fois que notre tueur préféré trouve un moyen de se sortir de l’embarras. Du moins jusqu’aux trois derniers épisodes… Car les diaboliques scénaristes du show, l’air de rien, se permettent de questionner la moralité du spectateur dans cette saison.

Si dans la saison 1 tout était clair (Dexter était finalement un « gentil » puisqu’il affrontait un autre tueur autrement pire que lui), ici les cartes sont rapidement brouillées. Certes, le héros ne tue que des ordures de la pire espèce, mais il reste un meurtrier au nombre hallucinant de victimes. La vérité éclate donc à la face du spectateur en même temps qu’à celle de Dexter : il n’est pas si différent de ces hommes et femmes qu’il tue. Et même si le public (reflet du spectateur) se prend d’affection pour ce « vigilante » (voir l’épisode où Dexter découvre qu’il vient d’être transposé en personnage de comics), la ligne peut facilement être franchie. Et elle le sera lorsque Dexter capturera Doakes et décidera de lui faire porter le chapeau. Encore une fois, les scénaristes jouent redoutablement avec les codes du genre et les attentes du spectateur : Doakes est présenté depuis le début du show comme un emmerdeur bourrin et agressif, alors que finalement, il n’est ni plus ni moins qu’un bon flic, obsédé par sa quête de la vérité. Dans un thriller classique, il serait un héros hard boiled style l’inspecteur Harry. Et grâce à ce renversement des valeurs, les scénaristes parviennent progressivement à instaurer le malaise dans l’esprit des spectateurs. La situation des derniers épisodes devient donc vite étouffante et inextricable. On se demande comment les scénaristes vont s’en sortir sans sacrifier l’un ou l’autre des personnages et surtout sans s’aliéner le public (qui a toujours envie de trouver Dexter attachant). Un procédé très fin, qui renvoie au spectateur sa propre culpabilité (après tout, en s’attachant à ce personnage, est-ce qu’implicitement on ne lui donne pas raison ?).

Dexter saison 2 est donc une éclatante réussite, une perle télévisuelle comme on en voit rarement. La série ne se contente pas de se reposer sur son concept, mais exploite celui-ci de toutes les façons possibles pour constamment surprendre et faire réfléchir le spectateur. On a hâte de voir ce que les scénaristes nous concoctent pour la saison 3 avec le nouveau Dexter en pleine possession de ses moyens…


C’est aussi bien ou moins bien que Deadwood (j’y pense à cause de Keith Carradine) ? Toi qui a vu plein de séries, qu’est ce que tu me conseillerais comme série qui ne soit ni policière, ni science-fiction, bien écrite (sans trop de rebondissements scénaristiques tirés par les cheveux) et qui plairait aussi a une fille? J’ai bientôt fini la saison 3 de deadwood et je vais bientôt être orphelin
C’est tres different de Deadwood, mais c’est vraiment bien ecrit et intelligent. Par contre, je suis pas sur que ca plairait a toutes les filles (meme si ma chere et tendre regarde avec moi).
Comme serie geniale, je te conseillerais Six Feet under: 5 saisons de 13 episodes, avec des personnages super attachants, c’est drole, emouvant, grincant, et le dernier episode est un chef d’oeuvre (et en plus y’a une vraie fin !)
Sinon tu peux tester La Caravane de l’Etrange. Elle n’a que deux saisons mais c’est vachement bien. En plus, c’est une serie qui se passe pendant la grande depression et elle a un petit cote western dans son ambiance. Mais faut s’accrocher parce que l’histoire est assez compliquee.
Série dont je n’attendais rien et qui m’a particuliérement surpris. Les scénarios sont vachement bien écrits et les acteurs dans l’ensemble sont tous bons. Vivement la saison 3, bien que je me demande comment ils vont faire pour surpasser les saisons précédentes mais qui sait.
En ce moment, niveau série, j’ai bien accroché sur Mad Men, bien que je comprenne le point de vu de ceux qui ne l’aiment pas du tout vu que c’est le genre de série qualifié de « lent », mais que j’adore
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Sinon Battlestar et Carnivale font partis de mes préférés.
Je ne connais pas Mad Men, ça parle de quoi?
Et sinon, je ne peux qu’être d’accord avec toi concernant Battlestar Galactica (l’attente de la saison 4 a été un véritable supplice) et Carnivale. D’ailleurs, vivement Caprica !
Mad Men se déroule dans le New York des années 60, et prend place dans le domaine de la pub. C’est assez intéressant, enfin je dois dire que j’ai particuliérement accroché car j’adore cette période. Je crois que les créateurs des Sopranos se sont impliqués dans cette série, ce qui est en soit un gage de qualité. J’en suis à l’épisode 10, mais apparemment la série n’a pas beaucoup de succès auprès des spectateurs, par contre les critiques l’adore. Une deuxième saison est néanmoins prévu. Enfin, comme je te l’ai dit, le rythme est assez lent.