Le fourre-tout de Geouf

CineGeouf

mars 31st, 2008 at 10:29

Grindhouse de Quentin Tarantino et Robert Rodriguez

Il arrive parfois qu’on ait de bonnes surprises au moment où on s’y attend le moins. C’est ce qui s’est passé ce week-end quand j’ai découvert que le ciné près de chez moi diffusait Grindhouse de Tarantino et Rodriguez en version intégrale (c’est-à-dire avec les deux films en version courte et les fausses bandes-annonces). Et donc, malgré le fait que j’avais déjà vu Planète Terreur et Boulevard de la Mort en versions longues l’an dernier, je me suis bien évidemment précipité pour découvrir la vision d’origine des deux réalisateurs.

Premier constat, lorsque les deux films sont programmés l’un à la suite de l’autre, le décalage entre eux est encore plus flagrant et le métrage de Rodriguez enterre définitivement celui de Tarantino. Même si Boulevard de la Mort passe beaucoup mieux en version courte, il n’en reste pas moins très mou du genou (d’ailleurs certains spectateurs sont partis au milieu de celui-ci), tandis que Planète Terreur reste jouissif de bout en bout et passe vraiment très bien. D’ailleurs les coupes ne se voient pas trop dans le métrage de Rodriguez, contrairement à celui de Tarantino, grandement élagué : plus de scène en noir et blanc, peu de présentation du quatuor de la seconde partie, et surtout, plus de lap dance sulfureuse, celle-ci étant remplacée par un écriteau « bobine manquante ».

Au niveau du style aussi, la différence entre les deux métrages est encore plus flagrante. Planète Terreur joue à fond la carte grindhouse, avec sa pellicule abimée, ses idées folles (la mitrailleuse à la place de la jambe, le container à testicules…), ses personnages déjantés et attachants (les deux frères ennemis, El Wray, Cherry Darling, Dakota…) et son gore hallucinant. A cote de ça, le métrage de Tarantino parait d’autant plus lisse et fade : mis à part quelques coupes abruptes à la fin de certaines scènes et quelques transitions sauvages, on a du mal à voir en quoi il s’agit d’un film grindhouse. Même la scène de l’accident de voiture et la poursuite finale perdent en intensité (bien que la scène de poursuite reste impressionnante de maitrise) et les personnages sont peu attachants.

Reste le plaisir de voir les fausses bandes-annonces, notamment celle de Tanksgiving non censurée (avec le « truffage de dinde » à la fin) et de repérer les correspondances entre les deux métrages (message radio en hommage à Jungle Julia dans Planète Terreur, apparitions éclairs des sœurs jumelles, de Dakota et de son père dans Boulevard de la Mort…). Espérons maintenant qu’un distributeur aura la bonne idée de sortir le génial coffret DVD japonais en Europe, histoire que tout le monde puisse apprécier le film dans toutes ses versions et se faire sa propre opinion…

Note: 7/10

 

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